Dans le genre album dont on n'attend rien, d'un groupe que de rares archéologues encensent l'existence, doté d'un artwork si fade qu'il n'attire en rien la curiosité et d'un titre banal et sans évocation, «
Nothing to Fear » se pose comme un taulier.
Pourtant, bienheureux sont les gens qui poussent jusqu'à tenter l'expérience proposée par les Chicagoans, car de cette absence d'attraits, la surprise en est d'autant plus agréable.
La première stupeur est avant tout vocal. Wrath revêt à ce niveau de faux airs d'
Overkill, la voix nasillarde de Gary Golwitzer se plaçant dans le même ton que Bobby "Blitz" Ellsworth.
Petite anecdote presque HS: écoutez donc "Planetary
Destruction" de Stygian.
Outre la plaisante écoute, on y admire la fulgurante mutation vocale de Gary qui, en quelques années, a radicalement inversé son chant, le rendant méconnaissable.
Musicalement, on pourrait plutôt le rapprocher au speed thrash d'
Agent Steel ou de Forbidden, avec une lourdeur caractéristique qui atteint son apogée dans "Fear Itself", et une variété technique distincte, notamment les structures progressives de certains titres à l'instar de "Painless" ou encore "
Incineration / Causitc
Sleep" et son attrayante intro accoustique.
Il n'y a donc ici rien de réellement révolutionnaire, mais cet album est en réalité une collection des meilleurs riffs du style appliqués sous haute dose de désinvolture. Sorti en 1987, il est un classique bien représentatif du thrash old-school, à considérer comme un fidèle résumé, dans la tendance la plus typique de l'époque.
Toutefois, il ne faut pas s'y méprendre, il contient en son sein quelques pépites telles que le monstreux "Sudden Death" que jalouseraient même les plus grands.
"
Nothing to Fear" se targue d'une entrée en matière véritablement dantesque via un duel de furie entre "R.I.P", ses coups de mattraque de riffs mêlés à la folie vocale de Gary, et la frénésie technique et épique de "
Mutants". Ces deux morceaux, à la ligne de basse bien marquée, forment une accroche si pénétrante qu'à eux-seuls, ils justifient la considération de l'opus entier.
Bien ancré dans sa décennie, le disque en montre également les mêmes relatives faiblesses. Ainsi, à l'image d'"
Hell Is Full", Wrath renoue sans complexe et parfois un peu naïvement avec les influences hard et heavy qu'ils entrecoupent alors intelligement de pics soudains de thrash. "When Worlds
Collide" sonnerait même presque comme un bon vieux Iron Maiden couplé à des homériques cavalcades riffesques.
Autre anecdote: bien qu'annoncé sur la pochette du vinyle, marqué d'une étoile qui ne renvoit à rien, "
Victims in the
Void" est inexpliquablement absente du 33 tours. Un bonus donc... qui après vérification se révèle être dans l'exacte même ton que ses pairs. Le mystère reste donc entier quant à son absence dans le lot...
En conclusion, l'écoute de ce "
Nothing to Fear" est un plaisir simple et honnête: celui d'écouter un bon vieux classique de speed thrash, exécuté dans la règle de l'art et avec pêche. Il n'en faut pas plus pour combler un vieux thrasher en manque de sa dose.
ouai le titre RIP posté passe pas mal , mais le titre Test Of Faith ben c'est vraiment simpliste au possible et pas très accrocheur , enfin à voir , mais comme ça a chaud bof bof bof .
@ MCGRE le titre "test of faith" figure sur l'album suivant ("Insane Society") sur lequel c'est Kurt Grayson (et non Gary Golwitzer) qui est au chant, d'où la différence.De plus sur ce disque le groupe se rapproche de Meliah Rage et Testament.
Ah ok merci l'ami pour cette précision .
Enfin recu ! Cet album est 1 petite pepite dans son genre...qu' il est plaisant de decouvrir.
Si la voix peut qlq peu incommoder au depart, elle est en fait 1 des point fort du groupe qui au dela de la qualité musicale dispose d un chanteur peu commun.
Belle decouverte
Merci pour la chro
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