« Le monde, il faut l’inventer soi-même, sinon, il est partout pareil ».
Il faut savoir que depuis quelques années, notre Terre a énormément évolué et que nous sommes les seuls responsables de ce changement. Nous créons chaque jour un monde nouveau, pas forcément bon pour nous ou pour nos prochains mais nous changeons notre manière de vivre et notre façon de voir dans l’avenir.
Et cela est pareil pour l’univers de la musique et du metal. De nombreux artistes tentent de renverser les codes de cet art en imaginant des styles novateurs ou encore, en reprenant des existants et en les améliorant au fur et à mesure du temps.
Un genre tout particulièrement est ciblé par ces nombreuses transfigurations, il s’agit bien évidement du
Deathcore. En effet, nous pouvons remarquer depuis quelques mois, voire une bonne année que celui-ci est sujet à de stupéfiantes instabilités comme ces nombreuses formations qui tentent de partir vers un Metalcore plus mélodique et moins hargneux comme
Make Them Suffer ou encore ces groupes qui vont vers des chemins totalement différents de leur point d’origine comme c’est le cas de
Bring Me The Horizon avec sa pop.
Ce qui semblait être encore impossible il y a quelques temps se confirme malheureusement : le « vrai »
Deathcore, celui qui est bourrin et rempli de breakdowns, est sur le point de mourir.
Et cela se confirme avec la jeune formation que je vais vous présenter aujourd’hui puisqu’il s’agit de
Gravity. Leur nom sonne comme une de ces multiples troupes Américano-anglaises et pourtant, celui-ci est bel et bien de chez nous, plus précisément de Montpellier. Alors c’est vrai, leur popularité n’a strictement rien à voir avec nos chers frères Duplantier et
Gojira mais après deux précédents opus très alléchants même si manquant peut-être un peu d’originalité, ils mériteraient d’être un peu plus connus.
Ce qui vous surprendra sans aucun doute est la vocaliste. Et oui, celle-ci est une femme, ce qui se doit d'être souligné dans un genre ou la gente masculine est radicalement présente. Nous pourrions en effet citer
Eths comme étant du
Deathcore féminin mais la liste reste tout le même très courte.
En cette fin d’année, notre quatuor nous pond un nouvel album du nom de «
Noir ». Un nom qui ne correspond pas tout à fait à la pochette d’album où nous pouvons visualiser notre belle planète couverte de ce qu’on pourrait penser être des météorites. En tout cas, celle-ci ne se montre pas si lugubre que ça en fin de compte. Alors, que devons-nous attendre de ces treize nouvelles compositions ? Va-t-on avoir le droit à un coup de maître ?
Dès le départ, nous sommes assez déboussolés par cet outro/ouverture sonnant très jazzy, joyeuse et dansante, digne de morceaux très anciens que l’on peut écouter dans les bars de
New York. Mais cette gaité, et je vous rassure, ne va pas durer. Cependant, nous sommes impressionnés par d’autres caractéristiques nettement plus ensorcelantes.
Nous avons le droit à une première moitié d’album sonnant très djent, expérimental, très ressemblant à d’autres formations du même genre. Par exemple, «
Noir » se veut être très similaire à une autre chanson qui est «
Bleed » de
Meshuggah sur le jeu de batterie misant intensément sur la double pédale, sur une grande complexité à devoir garder le bon tempo et sur ses sons reconnaissables entre mille. « Le premier éclat » peut s’apparenter à
Vildhjarta sur une intro très travaillée, plutôt douce mais prenant néanmoins de plus en plus de puissance avant d’apporter une atmosphère très lourde.
La suite de l’album se montre très Death
Metal avec notamment beaucoup de références à un autre groupe français, à savoir les frères Duplantier et
Gojira. L’élément qui se rattache le mieux à ce lien est sans aucun doute «
Noctifer - Démonarque I » où on peut reconnaître aisément « The
Gift Of Guilt » sur les riffs de guitare très atypiques et sur une construction du morceau quasi identique. Dans ces mêmes titres, nous retrouvons également pas mal de clins d’œil à un autre quatuor français (et oui, encore). Cette fois-ci, il s’agit de
Hypno5e sur les changements brutaux de mélodies, zigzagant entre moments déchaînés et périodes planantes.
Et en parlant de jouissance et de sérénité, notre quatuor ne s’arrête pas là, en montrant une énième correspondance avec une autre quatuor, pour une fois américain et s’illustrant dans le même registre que nos valeureux français, à savoir
Veil Of Maya sur les changements de registres vocaux (growlé, hurlé et chant clair) où Emilie est exceptionnelle et ne montre aucune difficulté à passer de l’un à l’autre.
Je terminerai cette chronique par le tout dernier single, « La Dernière Empreinte » qui clôture de façon merveilleuse cette agréable galette, nous faisant part d’un bel hommage en reprenant quelques lignes du célèbre ouvrage « L’horloge » de Baudelaire.
Hormis la longueur de cet album (presque une heure tout de même) et quelques morceaux allongés n’apportant au final pas grand-chose,
Gravity vient de passer un cap très important en montrant que celui-ci n’est pas obligé de se contenter d’un
Deathcore violent et sans aucun répit pour procurer à l’auditeur un plaisir musical. Et comme en studio, les prestations en live valent le coup d’oreille, il est grand temps qu’on s’intéresse de plus près à ces Montpellierains bourrés de talent.
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