Formé en 1982 sur le territoire on ne peut plus sacré de la fameuse Bay
Area de San Francisco autour de quatre cousins d’origine philippine que sont les légendaires Rob Cavestany (lead guitar), Dennis Pepa (vocaux, basse), Gus Pepa (rhythm guitar) et Andy Galeon (batterie) ;
Death Angel s’avère être sans aucun conteste l’un des combos immuables faisant partie intégrante de l’inénarrable Légende du thrash metal d’obédience US de la décennie 80. Après la parution en 1983 et 1985 des démos « Heavy
Metal Insanity » et «
Kill As One » qui verra d’ailleurs l’arrivée derrière le pied de micro du charismatique Mark Osegueda,
Death Angel signe sur
Restless Records qui n’est autre que la division punk et metal extrême du respectable
Enigma Records cher aux frères William et Wesley Hein. L’excellent et référentiel « The
Ultra-Violence » sort donc le 23 avril 1987 pour le plus grand bonheur des cervicales et des tympans des thrash metal kids de Californie et de Navarre. Mais pourquoi donc citer
Death Angel et son premier opus en introduction d’une chronique de sleaze rock ?
Vain nait en 1986 à San Francisco de la rencontre sur petite annonce du vocaliste Davy
Vain, de la paire de six-cordistes James Scott/Danny West, du bassiste Ashley Mitchell et du batteur Tom Rickard. Groupe à la réputation scénique locale incomparable à l’instar d’un
Sea Hags et considéré à très juste titre comme le successeur du légendaire
Jetboy parti tenter sa chance à Hollywood peu de temps auparavant, le gang de Davy
Vain tient à son identité san franciscaine et compte ne pas déménager sur le Sunset Strip comme l’entreprennent nombre de combos glam assoiffés de billets verts, de sexe facile, de drogues plus ou moins dures et de rock n’ roll joué plus fort que de raison. Régulièrement congratulé dans les pages underground du magazine Kerrang ! entre autres pour son look sleaze des plus travaillés et accessoirement ses prestations live survitaminés,
Vain se voit offrir plusieurs record deals de la part de labels reniflant à plein nez the next big thing. Après avoir longuement hésité entre Geffen et
Island Records, le quintette appose enfin sa signature en 1988 au bas d’un contrat émanant de la maison de disque du légendaire Chris Blackwell avant de s’envoler pour le Québec (?!?) et de s’enfermer entre les murs du studio montréalais Le Studio en compagnie de Paul Northfield (Men Without Hats,
Eight Seconds,
Suicidal Tendencies,
Infectious Grooves,
DAD,
Rush…) qui sera d’ailleurs assisté pour l’occasion de Davy
Vain en personne derrière la table de mixage qui fut pour l’anecdote et dans un passé relativement proche le coproducteur d’un petit chef d’œuvre du genre thrash metal. L’album «
No Respect » sort ainsi en juin 1989 sous la référence 791272-2.
Et un groupe de sleaze has been estampillé 80’s végétant aujourd’hui honteusement dans l’obscurité et la poussière de l’oubli, un ! Quel immense plaisir sincèrement que de tomber au hasard de ses pérégrinations chez son disquaire de quartier préféré sur le premier full length d’un combo de hard rock n’ roll crasseux de l’âge d’or et officiant qui plus est dans la plus pure tradition du style ayant vu les anthologiques L.A. Guns,
Faster Pussycat et autre Guns N’ Roses matérialiser en musique et en attitude le paroxysme du vieil adage « sex, drugs & rock n’ roll » qui se doit bien évidemment d’être notre ligne de conduite quotidienne à tous pendant que d’autres font leur de la pathétique devise « metro, boulot, dodo ». Fabulations à part, «
No Respect » s’avère être le genre d’opus que l’on achète les yeux fermés au vu de son année de parution et de la dégaine outrancière et paradoxalement glamour des cinq membres bad ass du combo illustrant la back cover de l’album. Sans grande surprise dès lors, l’excellente et introductive «
Secrets » pose les bases d’un hard rock sleaze particulièrement efficace et bien senti voyant un Davy
Vain classieux se complaire dans des vocaux aigus et sensuels à souhait. Energique et enjoué, le sleaze rock de
Vain s’avère être à l’image de ce qu’attend l’auditeur passionné du premier release d’un groupe bad ass au concept visuel particulièrement abouti et tape à l’œil. A n’en point douter, le gang de Davy
Vain a et expose avec un indéniable charisme les moyens de ses ambitions sachant pertinemment que les secondes chances se font rares voir inexistantes en 1989 dans le music business du rock/metal brushé. Se devant donc de proposer des titres catchy faisant mouche au premier refrain, les quatre motherfuckers lipstickés de la Bay
Area de San Francisco ne se font pas prier pour assener l’heureux possesseur de ce «
No Respect » de morceaux cassant allègrement la baraque tels que les indispensables « Beat the
Bullet », « Aces » et autres «
Down for the 3rd Time » qui blufferont à coup sur tout sleaze rock maniac qui se respecte quant à l’énergie et l’authentique feeling rock n’ roll dégagés avec un enthousiasme on ne peut plus communicatif.
Effort remarquablement varié et empreint d’une cohérence salvatrice, «
No Respect » met également en lumière une facette relativement plus sobre du quintette glam californien notamment au travers des classieuses et accessoirement mid tempo « 1000 Degrees » et ses lyrics définitivement orientés sexe, «
Smoke and Shadows » et autres « Laws Against Love » qui à défaut de remettre véritablement en cause l’énergie rock n’ roll brute de
Vain imprègnent l’identité de ce disque initial d’une richesse particulièrement bienvenue lorsque l’on considère les manques d’originalité et de substance inhérents à un premier album comme un fléau à combattre avec acharnement au même titre que la peste, le choléra ou encore les femmes à petits seins lorsque l’on se revendique haut et fort être un authentique dirty sleaze bitchfucker de l’extrême. Mélodique, fédératrice au possible et terriblement efficace, relevons l’inégalable « Who’s Watching You », l’un des deux singles de l’opus d’ailleurs qui on ne peut plus représentatif de la très bonne facture globale de «
No Respect » s’avère être encore aujourd’hui l’un des hymnes absolus d’un groupe avec lequel la
Providence cette salope aurait quand même pu faire preuve d’un peu plus de clémence au vu de la qualité et de la vision propres à ce premier enregistrement garant pour l’auditeur d’une expérience rock n’ roll émérite. Et la ballade de la galette dans tout ça me direz-vous ? Bien évidement, ce premier effort du légendaire
Vain contient la complainte musicale obligatoire et n’échappe donc pas à la règle inflexible et intransigeante selon laquelle tout album de sleaze rock/hair metal digne de cette appellation se doit de séduire le sexe faible et de nous faire craquer au récit d’une histoire qui fut ou pourrait être nôtre. A ce jeu là, la solennelle est mélancolique « Without You » a le mérite de faire son petit effet, témoin intime d’un Davy
Vain en état de grande souffrance sentimentale exhortant l’indicible objet de son amour impossible à l’allonger sur un lit de roses à la
Bon Jovi et à toucher ses lèvres avant qu’il ne s’endorme pour l’éternité. Tout un programme ! Cependant, le très sympathique «
No Respect » déposera les armes d’une manière on ne peut plus rock n’ roll avec l’hyperactive « Ready » révélant une certaine influence punk bien évidemment propre au sleaze malgré une introduction plutôt roots que n’aurait renié en aucun cas le mythique Chuck Berry.
Laissé libre par
Island Records de mener les opérations inhérentes à l’élaboration de son premier album comme bon lui semble avec pour seule et unique directive de pondre un disque laissant deviner l’existence d’un jeune groupe ruiné et affamé pour lequel priment avant tout autre chose le rock n’ roll et le sexe,
Vain remplit largement son contrat avec ce «
No Respect » impressionnant d’efficacité et de spontanéité. Très efficace, relativement varié et porteur de cette hargne on ne peut plus vitale malgré une production peut être perfectible, ce premier opus du combo san franciscain s’avère être une petite perle de sleaze rock qui aurait certainement mérité davantage d’exposition au temps béni et irretrouvable ou qualité musicale intrinsèque et mercantilisme pouvaient encore faire bon ménage. Sans prétendre détrôner les irremplaçables « L.A. Guns », «
Faster Pussycat » et autres « Appetite for
Destruction », cette galette qui atteindra avec honneur le spot 154 du Billboard 200 mérite indubitablement une attention de la part des amateurs de hard rock US des années 80. Keep on rockin’ in the sleaze world, motherfuckers !
Une découverte pour moi car je n'ai jamais entendu un seul titre de ce groupe.
Je m'en vais donc cliquer sur le lien au dessous de ta chro.
Du coup je suis devenu fan et, bien que les autres opus soient de qualité, il y en a un seul qui approche la saveur de ce "No Respect": c'est le dernier "Enough Rope" de 2011.
Je n'ai d'ailleurs pas résisté et je l'ai chroniqué (en attente ce 19/02/2016).
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