New Order of Mind

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9/20
Nom du groupe Dealer (AUS)
Nom de l'album New Order of Mind
Type Album
Date de parution 10 Mai 2024
Labels UNFD
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album0

Tracklist

1.
 Kings Die Here
 02:23
2.
 Glass Preacher
 03:13
3.
 Devil in the Wire
 03:10
4.
 Red Teeth
 02:55
5.
 Pearl
 03:31
6.
 Violent Desire
 02:54
7.
 New Order of Mind
 02:38
8.
 Hyperreal Death Scene
 02:38
9.
 The Hate You Try to Hide
 02:47
10.
 Almost Human
 04:58

Durée totale : 31:07

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Dealer (AUS)


Chronique @ Groaw

16 Juin 2024

Dealer traite l'agression avec plus d’agression pour un rendu finalement bien terne ...

NB : Ce nouvel écrit risque de faire un peu polémique et je m’en vois navré d’avance. Cependant, il me semble important en tant que chroniqueur qui tâche toujours d’être le plus neutre et objectif possible de séparer les artistes de leur musique. Ainsi, je vais parler d’un groupe dont le frontman Aidan Ellaz, a été évincé de son ancienne formation Alpha Wolf. Accusé de comportements déplacés envers plusieurs femmes et ses compagnons de parcours, le vocaliste sans collectif depuis une bonne année rejoindra finalement les rangs de Dealer, un combo de nu metalcore australien. Pour être tout à fait franc, au vu du désastre que fut l’album Mono lorsqu’il fut encore le chanteur d’Alpha Wolf, le groupe de deathcore y a énormément gagné au change. Mais nous nous éloignons du sujet principal …

… Revenons donc à cette chronique du tout premier opus de Dealer nommé New Order of Mind et paru sous la maison de disques UNFD (Like Moths To Flames, Erra, Northlane …). Le metalcore vit depuis quelques temps une mode où les inspirations neo metal sont remises au goût du jour. Certains combos ont construit leur identité avec cette recette et ont connu une véritable percée dans la scène metalcore. Knocked Loose est l’archétype même de ce modèle de réussite, notamment avec un dernier disque d’une qualité remarquable. Mais la plupart du temps, les formations n’ont comme proposition qu’une succession de riffs rebondissants et une animosité telle qu’elle en devient presque risible. Et malheureusement, dans le cas de Dealer, nous sommes plutôt dans ce second cas.

Le morceau d’ouverture Kings Die Here affiche directement le type d’écriture que l’on retrouvera dans la quasi-totalité des compositions à savoir une atmosphère angoissante, un riffng syncopé assez redondant et simpliste, parfois grinçant, une prestation vocale traditionnelle screamée emplie de rancœur ainsi qu’un breakdown languissant et pesant. Certains titres verront une plume légèrement peaunifée à l’instar de Devil In The Wire qui laisse entrevoir un petit gain de technicité par ses blastbeats. D’autres morceaux se démarqueront par des rythmiques accrocheuses comme avec Hyperreal Death Scene avec un esprit hardcore dans la panne et dont la rusticité est mesurée. Même le riffing d’introduction pourtant élémentaire laisse une sensation entraînante.

Là où Dealer s’avère être le plus efficace provient des compositions où le chant clair fait quelques apparitions. Seules deux chansons nous gratifient de quelques interventions mélodiques, où l’ambiance est davantage axée sur l’émotivité et plus précisément la mélancolie. Le premier Pearl s’apparente presque à une balade sur les deux premières minutes avec un instrumental aux inspirations shoegaze similaires à ce que l’on pourrait dénicher chez Loathe. Notre quintet reprend cependant ses mauvaises habitudes à la fin du morceau avec le retour d’une mélodie brute, froide ainsi qu’un vocal malveillant. Le second Almost Human qui clôture l’album voit surtout ses notes cristallines lors des refrains, le tout sous un riffing également plus gracieux.

Mais outre ces deux titres qui tirent quelque peu leur épingle du jeu, le reste de l’opus n’est que ressemblance frappante et ne laisse que très peu de place à une certaine mémorabilité. De même, nos Australiens privilégient ici des morceaux courts, voire très courts avec des durées qui, dans leur majorité, ne dépassent pas ou difficilement les trois minutes. Cette volonté, qui marche dans certaines situations, ne joue ici clairement pas en la faveur de la formation. En effet, les compositions ont peu de loisir pour se développer ou d’avoir un regard progressif : on entre directement dans le vif du sujet sans jamais en ressortir .. Au-delà même de ce format condensé, les instrumentaux ainsi que les lignes de chant sont fortement limités et passé les deux premiers tableaux, on sait exactement où nos artistes nous emmènent, ce qui fortifie une immense déception au fur et à mesure du disque.

New Order of Mind est un premier coup de pinceau embourbé dans une exécution trop souvent répétitive et sans réelles innovations. Les quelques tentatives de variété demeurent insuffisantes pour compenser la monotonie prédominante de l’œuvre. Malgré une ambiance oppressante et quelques riffs bien placés, l’ensemble manque cruellement de profondeur avec des compositions trop courtes pour véritablement s’épanouir. Dans une scène où les attentes sont désormais élevées, Dealer peine à se démarquer et laisse une impression de potentiel inexploité et d’une déception croissante. Ainsi, le quintet doit rapidement rectifier son tir pour peu qu’on oublie définitivement son existence.

3 Commentaires

6 J'aime

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Secrits - 16 Juin 2024:

Perso je l'ai préféré au dernier Alpha wolf. Après c'est une question de goût. Très bonne chronique en tous cas.

Groaw - 18 Juin 2024:

Effectivement, question de goût. Le dernier Alpha Wolf est plus varié et plus mémorable à mon sens là où Dealer se contente d'être très classique. C'est peut-être bien fait mais c'est très redondant et donc oubliable, d'où ma note assez sévère

Merci pour ta lecture en tout cas !

Game_system - 20 Juin 2024:

Je n'ai jamais compris le truc avec le "neo" metalcore. Qui a-t-il de néo-metal dans tout ça ?? C'est les mêmes riffs de toujours, bourrin juste pour être bourrin, les mêmes repris depuis 10 ans. Résumer le néo-metal à ça, c'est insultant envers le genre. C'est plus que des riffs simples et génériques, se sont des émotions traduites par un chant profond et mélancolique, souvent atmosphérique et ambiante, couplés par des hurlements de rage et un travail musical certes avec des riffs simples et puissants, mais inspirés, bien produits, au songwriting solide et accompagné par moult expérimentations (hip-hop, alternatif, fusion, reggae...). En tant que gros fan du néo '90/'00, je ne ressent rien du tout en écoutant tous ces groupes soit disant "néo" metalcore, à quelques rares exceptions. C'est juste du metalcore moderne et simplifié, basta.

Felony d'Emmure est l'un des rarissimes albums à avoir fait quelque chose qui s'approche réellement et légitimement de "néo-metalcore", sans complètement l'être.

PS: Pearl est effectivement intéressante, dommage que le groupe se contente de metalcore moderne générique, là y avait un potentiel.

Cool la chronique.

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