Déjà le nom peut paraître étrange… Ensuite, l’ami qui connait tout sur tout et qui, de toute façon, possède tout, y compris l’album le plus improbable, m’avait prévenu concernant l’étrangeté de ce «
New Age of Old Ways », allant même jusqu’à décrire des sensations étranges qui l’ont envahi lors de l’écoute. Une mise en garde qui en dit long sur ce que l’album réserve, et qui modifiera à jamais ma manière de saluer cet ami. Dernier point,il existe très peu d’informations qui circulent sur la toile concernant Stoneghost… le groupe n’est peut être pas très friand de ce moyen de communication. Mis à part un rapide passage dans une émission spécialisée française, personne d’autre que cet ami érudit ne semble connaitre la formation anglaise… faisons donc toute la lumière sur ce méfait de Stoneghost !!!
Ne nous laissons pas impressionner et délectons nous des premières secondes du titre « Faceless
Ghost ». Eh oui, ces premières secondes me laissent déjà perplexes quant au style qui sera pratiqué sur le reste de l’album. Cette magnifique introduction, virtuose et hypnotique, ouvre ce « New Age Of
Old Way » de manière énergique et focalise toute l’attention de l’auditeur. Une très bonne entrée en matière donc, pas des plus originales certes, mais laissant tout de même présager le meilleur pour la suite. En continuant de nous laminer le conduit, je veux bien sûr parler de celui qui s’étend des tympans à la base du trognon, le groupe étalera toute l’étendue de son talent sans aucune concession. Et cette musique, complexe, teintée d’influences multiples allant du
Death metal au Hardcore en passant par le
Power metal, est exécutée avec une finesse d’écriture qui n’a d’égale que la maîtrise instrumentale hors paire dont fait preuve chaque membre du groupe. Ainsi, ce premier titre ne laissera personne indifférent, même les fans les plus effarouchés et sectaires des styles sus cités risquent d’y trouver leur compte. Se montrer capable de rivaliser avec les compostions des plus grands est une bonne chose, surtout pour un premier essai, mais posséder une intelligence de composition en est une autre.
Est-ce que tout est dit ? Eh bien non pardi!!! Le second titre nous conforte dans l’idée que la chronique risque de ne pas être aisée et que l’ennuyeux track by track semble quasi inévitable… Apporter un concept qui varie d’album en album, on connaissait, mais d’un titre à l’autre, l’exercice devient si périlleux que très peu d’élus peuvent entrer en lice. Stoneghost, lui, va encore plus loin en combinant différents concepts et styles facilement identifiables, parfois au sein d’une même composition.
Après les rythmiques rapides à souhait,faisons place aux riffs syncopés du massif «
Devil's Motion », drastiquement exécuté et adoptant cette fois-ci un ton des plus martial. L’héritier turbulent mais néanmoins intelligent d’un
Power Metal, véritable concentré de sadisme mid-tempo combiné avec l’agressivité du post-hardcore. Le cahier des charges avait rarement atteint ce niveau chez d’autres formations. Le retour du
Rot And Roll ?
Changement de titre, changement de concept, avec « All They
Need Is the Light », nous voici replongés dans la scène inoubliable de Göteborg il y a 20 ans. Si fidèle dans la composition et dans l’interprétation qu’on s’y croirait… Et ce son!!! Au passage, les paroles ne seraient-elles pas largement ironiques ? Un véritable tour de force musical réussi par nos Anglais : un songwritting déroutant, une musique alambiquée mise en relief par la pratique de styles conventionnels au sein d’un album qui ne l’est pas… Aucun risque de s’ennuyer !!!
Cette maîtrise musicale polymorphe ne s’arrête pas à l’exécution de styles extrêmes sous toutes ses formes, le groupe sait aussi se rendre accessible, et, plutôt que de composer une ballade mièvre qui n’aurait absolument pas sa place dans ce monumental «
New Age of Old Ways », le groupe a préféré créer des plages plus « light ». Ainsi « Second To Breathe » offre un matériel plus direct, hardcore mais malheureusement sans grande originalité… donc finalement peu représentatif. Le seul atout de ce titre reste le chant clair de
Jason Smith.
Officiant toujours dans le mid tempo et dans l’étrange, laissez vous tenter par l’écoute de « Sleeper », un des titres phares de l’album, dans lequel règne une simplicité, qui n’est qu’apparente, et une originalité qui vous donnera la sensation presque étrange d’assister aux ébats d’un mélancolique « Noumenon » de Nevermore avec d’autres protagonistes connus mais malheureusement pas toujours reconnaissables, les parties les plus osées ayant été floutées…
Mais jusqu’où iront-ils ? Jusqu’à faire du Rock ? Et bien oui !!! Calmons nous un peu en savourant l’agréable «
Third Degree » pas franchement impressionnant mais honnête dans sa prestation et prolongeons ce délicieux moment par l’écoute de l’acoustique et rafraîchissant « Let sleeping Beasts Lie ». Des influences reconnaissables pour une composition, une fois n’est pas coutume, très réussie. La patte de l’artiste y est conservée… mais avec un style qui la place à des kilomètres des compositions qui l’entourent.
Vous voulez le grand frisson ? Jetez une oreille sur le passionnant « Raynardine » proposant des rythmiques orientales, puissantes et catchy sur fond de
Death Metal alambiqué. La Petite
Mort ne sera plus très loin avec l’excellent « The Sound
Remains » débutant par un
Old Death qui se transformera progressivement en excellent Stoner, l'influence du grand
Opeth n'y serait-elle pas étrangère?
Vous pouvez maintenant reprendre votre oreille pour écouter le verdict final : oui, le camarade avait raison, les 11 titres qui composent cet album sont réellement déroutants, démontrant la capacité de nos Anglais à maîtriser différents styles, différentes ambiances, placer le tout sur des riffs parfois modernes, parfois beaucoup plus anciens… tout en les combinant avec une justesse, un réalisme et une facilité déconcertante.
Il fallait le faire et ça leur a pris pas loin de 7 ans, à force de persévérance et stabilité dans le line-up, ils y sont arrivés, et ça en vaut la peine ! Peut être la claque de l'année !!!
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