L'Espagne n'est pas le pays européen le plus réputé pour ses formations de metal. Encore moins dans le genre industriel me direz-vous. C'est pourtant de Villareal que nous vient ce quatuor répondant au doux nom de "
Killus". Troisième album et 6 années d'existence jusque là, autant dire un groupe expérimenté qui devrait être à-même de proposer sur ce "
Never Something Was So Real" quelque chose d'original.
Une pochette bien "crue" mais pas spécialement attirante nous est par ailleurs offerte et les quinze pistes annoncées sur cet album (sorti chez le label français Axiis Music) ne sont pas pour nous rassurer. Disons le d'emblée, quitte à gâcher le suspense, ces craintes se verront confirmées.
Pour faire simple,
Killus évolue dans un métal industriel très proche de ce que peuvent aujourd'hui faire des formations comme
Deathstars et de ce qu'a pu faire
Marilyn Manson. Ces deux artistes sont clairement les influences majeures du combo, ne serait-ce que dans l'esthétique de ses membres, cultivant le goût pour les maquillages grotesques et les tenues riches en cuir.
Mais tout cela ne se limite évidemment pas à l'image et la musique sera elle-aussi fortement marquée par cette ressemblance. Dès le premier morceau, "New Army Without Fear", lancé par ces sonorités mécaniques et des guitares rageuses, on retrouve des vocaux très proches de Whiplasher Bernadotte. Un morceau bien pêchu mais assez classique.
Et c'est le principal défaut de
Killus, un manque assez flagrant d'originalité. Le disque propose un tas de morceaux tout à fait semblables et on a peine à retenir certains titres comme marquants. Entre un "Wolrd's
Disease" sonnant très
Deathstars, un éponyme tentant l'aventure de la ballade mais manquant de sincérité ou un "
Killus" on ne peut plus classique, nous voilà servis. La démarche des espagnols peut également parfois faire penser au dernier effort de
5 Star Grave. Mais là où les italiens déconcertaient par leur joie de vivre débordante et leurs hymnes bien ficelés,
Killus fait dans la platitude.
Je parlais par ailleurs du rapprochement évident avec
Deathstars. Quelle ne fut pas ma surprise en me rendant compte que Cat Casino en personne assurait des parties de gratte sur cet album. Sur les deux morceaux en question ("
Wake Up" et "The
Path Of
The Forgotten") seul le second s'avère convaincant, avec ce riff mélodique prenant et cette ambiance décadente.
Quelques morceaux plus intéressants cependant. Citons alors "Falling From The Sky", "Laberynth's Door" ou "
Temple Of Love" qui passent plutôt bien. "
Vehemence" remporte quant à lui la palme du titre le plus énergique, très typé Metalcore, avec le renfort vocal de Richard Sjunneson (
Sonic Syndicate) qui apporte force et puissance.
Disons enfin que la batterie n'a pas, sur la majorité des titres, la puissance nécessaire pour donner plus de vie à cet opus qui pêche aussi sévèrement par sa durée. Une heure et cinq minutes de musique (et pas des plus originales comme je l'ai fait remarquer) sont vraiment difficiles à enfiler d'un trait. Moins de morceaux, des titres plus directs et de l'originalité ! Voilà ce que l'on peut conseiller à
Killus afin de livrer un album de qualité, une prochaine fois.
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