Un vieux groupe Death
Metal de deuxième (troisième ?) division qui se reforme, voilà qui est quasiment devenu la norme tant de nombreux combos à la réputation n’ayant pas dépassée les frontières de leur pays voire de leur région dans les 90’s, se remettent sur pieds ces quinze dernières années, avec plus ou moins de bonheur…
Attention, les vieilles sorties des australiens d’
Abramelin valent le coup, ceux qui sont passés à côté doivent d’ailleurs se procurer d’urgence la box triple CD réédition de leur discographie, mais je dois admettre que je n’attendais pas un retour aussi tonitruant. Sorti tout d’abord sous la forme d’une autoproduction en 2020, Petrichor (la faction plus UG de
Hammerheart Records) réédite le disque l’année suivante pour une meilleur distribution et le moins que l’on puisse dire c’est que
Never Enough Snuff (2021) le mérite !
Déjà réputée pour sa violence à l’époque, l’entité des deux rescapés Tim Aldridge (guitar) et Simon Dower (chant) n’a visiblement rien perdu de sa hargne et de son énergie, voire son Death
Metal est devenu encore plus méchant, c’est très clair dès le premier titre en mode panzer, comme quoi la jeune génération a encore du boulot pour détrôner les vieux croutons au cuir tanné.
On ne le répétera jamais assez, un excellent batteur avec un style personnel est de plus en plus primordial pour espérer sortir un grand disque, et on peut dire qu’
Abramelin a chopé le gros lot avec le talentueux David Haley de
Psycroptic, dont on reconnait le jeu sans peine sur l’album.
Côté composition, nous sommes dans le domaine des
Severe Torture,
Panzerchrist (avec le chanteur Simon Dower qui se prend parfois pour Bo Summer),
Malevolent Creation, voire
Centurian /
Nox pour certains riffs tarabiscotés à la Rob Oorthuis, c’est notamment le cas sur le monstrueux titre
Full Gore Whore, croisement entre le
Panzerchrist de
Soul Collector, le
Morbid Angel de Formulas et le riffing Death / Black / Thrash façon
Centurian.
Un détail qui a son importance : l’album a été mixé et masterisé à l’Unisound studio de monseigneur Dan
Swanö : enough said….
Alors que Play with Your
Prey montre également une maitrise des (rares) riffs mélodiques,
Sparagmos enchaine dans une tornade de blast-beat dans un style très
Chaos Inception, comme pour s’excuser de cette petite incursion pas très catholique…. Autre point positif : la chanson bonus, artifice parfois dispensable, est ici parfaitement au niveau du reste.
Nous sommes bien d’accord que cette offrande ne révolutionnera pas l’univers du Death
Metal, qui le pourrait en 2021 désormais ? Mais proposer un disque redoutable en tous points et avec ses propres références et influences, c’est déjà un fait notable au milieu de la myriade de disques impersonnels et interchangeables qui voient le jour.
Alors que tant de vieux groupes se relancent en s’auto repompant ou en s’inscrivant à un concours du meilleur clone de
Entombed,
Asphyx,
Bolt Thrower ou
Incantation, les australiens d’
Abramelin reviennent simplement avec la grinta, l’inspiration et le désir de composer une musique qui bute tout, sans se plier aux stéréotypes en vigueur ni se lancer dans un concours d’originalité qui est souvent en pure perte chez les spécialistes de la violence.
BG
Un bon disque qui s'est pas mal démarqué de mes autres achats, il est revenu souvent dans la platine. Ces (très bons) relents de Morbid Angel y sont certainement pour quelque chose...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire