Formé en 1997 dans la région bordelaise, autour de Ben, Matthieu et Sandrine,
Gorgasm renforce son line up avec le growler Guillaume, puis se stabilise grâce à l’arrivée d’Arnaud à la seconde guitare. Après un promo CD en 2002, le groupe enregistre son premier album
Neurotripsicks en début d’année 2004, en collaboration avec le label
Deadsun Records. Subjugué par son death technique, aux influences
Coroner &
Martyr délectables, le label états-uniens Willowtip (
Arsis,
Necrophagist) signe la formation dès l’année suivante et réédite son album dans la foulée, sous le nouveau patronyme
Gorod adopté par le groupe, évitant la confusion avec les brutes américaines du même nom.
Lâchant un death progressif, sur des constructions particulièrement alambiquées et des riffs complexes, agrémenté d’envolées techniques & mélodiques passionnantes,
Gorod affiche un niveau incroyable pour son premier album, désarmant par la précision et la virtuosité de son bassiste Ben et de ses guitaristes Matthieu & Arnaud, qui rivalisent d’ingéniosité pour maintenir l’auditeur en alerte permanente.
Neurotripsicks n’en reste pas moins un album brutal, porté par la violence de certains riffs et le guttural barbare de Guillaume, proche du timbre guttural de Kristoff (
Kronos), contrastant avec la finesse des lignes musicales.
Gorod enchevêtre ainsi les plans techniques avec beaucoup d'aisance, à l’image des bons Smoked Skulls & Beware of Tramps, possédant un jeu guitaristique unique, trouvant son apogée sur les duels de soli éclatants de l’imparable Gutting Job. Très subtil, le couple basse batterie supporte impeccablement les six cordes de Matthieu & Arnaud, mais pêche en revanche par un manque d’intensité lors des passages tapageurs, là où quelques blasts-beats puissants auraient apporté un relief plus appréciable.
Bénéficiant d’un enregistrement local apportant la clarté exigée par un style aussi complexe, à défaut de posséder un mastering d’une profondeur exceptionnelle,
Neurotripsicks impressionne ainsi par la virtuosité de ses guitaristes et de son bassiste, qui croisent leurs riffs avec une fluidité & une technique étonnantes. L’excellent instrumental Neuronal
Disorder State, le titre le plus progressif de l’album, démontre définitivement la marge de progression du quintette bordelais, charmant non seulement l’inconditionnel du death technique de
Pavor,
Illogicist ou
Martyr, mais hissant également
Gorod, dans ses moments-là, parmi l’élite de la scène deathmetal hexagonale actuelle, aux côtés d’
Yyrkoon,
Kronos ou
Benighted.
Fabien.
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