L'Australie, on le sait, en faisant partie du monde anglo-saxon, est indéniablement attachée au monde de la musique Rock, puis
Hard-Rock, et enfin
Metal. Je ne vous ferais pas l'affront pour vous en convaincre de citer ce fameux groupe dont le nom commence par "AC" et finit par "DC". Cependant, si on connaît bien la scène
Hard Rock australe, il faut bien avouer que les scènes
Power/Heavy/Thrash ne bénéficient pas de la même visibilité. On retiendra néanmoins
Mortal Sin pour le Thrash (façon Bay
Area), ainsi que
Black Majesty,
Lord, et
Vanishing Point pour le Heavy/
Power. D'un autre côté on remarquera que ces scènes ne sont pas extrêmement fournies non plus en petits groupes, ce qui limite un peu la probabilité que l'un d'entre eux se démarque. Toutefois, il y a un groupe qui m'a tapé dans l’œil (ou dans l'oreille plutôt), et qui a tout pour devenir le représentant de la scène Heavy australienne dans le monde :
Taberah.
Quand on regarde vers le passé du groupe, on se rend compte que tout est allé très vite pour eux. Le groupe se forme en 2004 lors de la rencontre entre Jonathon Barwick et Tom Brockman, alors qu'ils n'ont que 14 ans. Ils vivent à Hobart, la capitale de la Tasmanie, île au Sud de l'Australie, réputée pour son diable de Tasmanie, son wombat, son air pur, son vin, et … son camembert. Ils recrutent rapidement deux acolytes, Sam et Seb, qui les accompagneront jusqu'en 2009. Le nom du groupe,
Taberah, est choisi par Jono en lisant la Bible, ce qui signifie "en feu" en hébreu. Le premier concert se déroule en 2006, et peu à peu les tasmaniens se font remarquer comme groupe de scène incontournable, jusqu'à finir en première partie de Motörhead à Sydney en mars 2011, sur concours, choisis par Lemmy himself. Et cela en n'ayant sorti pour le moment que deux démos et un live. Le premier album full-lenght,
The Light of Which I Dream, voit le jour à l'été 2011, et dévoile déjà de belles dispositions dans un Heavy
Metal véloce et entraînant, lorgnant vers le Priest,
Manowar, et la NWOBHM de manière plus générale. C'est aussi ce qu'on appelle le "Heavy Revival".
Des dizaines de concerts plus tard dans toute l'Australie, vient le moment de penser au deuxième album. Celui-ci se nomme
Necromancer, vêtu d'une pochette au goût douteux mais inimitable, et sort à la fin de l'été 2013. Encore une preuve que
Taberah commence à peser dans le milieu, c'est Joe Haley qui a produit l'album, qui est le guitariste du géant du Death
Metal australien,
Psycroptic, originaire de Tasmanie lui aussi. Il ne manquait plus qu'une signature avec un label, et ce sont les allemands de
Dust On The Tracks qui s'en chargent :
Taberah est prêt à envahir le monde !
Et si on parlait de la musique ? Et bien, question musique, avec ce deuxième album, ça envoie du lourd. Quoi ? Il faut que je développe ? Bon … Commençons par évoquer ces riffs hyper agressifs, qui vous accueillent sans prévenir sur les premières secondes de la première chanson,
2012. Ce n'est pas souvent qu'on entend une basse aussi saillante, des guitares aussi incisives et grasses et une batterie aussi déterminée. Couplet efficace, refrain efficace, solo, break, bridge, encore refrain : la recette est appliquée et maîtrisée de bout en bout. Appliquer et maîtriser la recette est nécessaire pour sortir un disque correct, mais pas suffisant pour sortir un bon disque. Et justement,
Taberah fait plus que cela.
Les australiens se placent donc avec cette deuxième offrande dans un Heavy
Metal qu'on a coutume de décrire comme "couillu", voire "poilu" selon les goûts.
Necromancer se place assurément parmi cette vague que l'on commence à bien connaître qu'est le Heavy revival, qui consiste à refaire du Heavy
Metal à l'ancienne, comme dans les années 80. On pense donc à
Judas Priest sur The
Hammer of
Hades, à
WASP sur
Dying Wish ou encore à
Manowar sur For
King and Country. Rechercher les diverses influences dans les compositions peut vite devenir un jeu. On pense parfois à
Enforcer ou
Skull Fist, mais c'est d'un coup moins rigolo vu qu'ils se sont eux-mêmes inspirés des groupes précédemment cités.
Taberah semble avoir pour unique objectif de composer des morceaux extrêmement catchy, des hits en puissance, aux mélodies imparables. Comment peut-on résister à un
Burning in the
Moonlight et ses chœurs électriques ? Comment peut-on ne pas taper violemment du pied sur la speederie éponyme ? Oh ce break de folie … Et quand
Taberah décide d'opter pour un aspect plus sombre, on se retrouve avec un
Dying Wish au riffing extrêmement simple mais terriblement efficace. Les tasmaniens sont aussi capables de finesse, à l'instar de l'interlude acoustique One Goonbag Later, mais surtout de la Heavy-ballade Don't Say You'll Love Me Forever, réussie à la perfection (et Dieu sais que c'est rare). L'opus se termine officiellement sur le bulldozer My Dear
Lord, un tempo speed monumental et dévastateur. "Officiellement", car le disque comprend un morceau bonus, qui n'est autre qu'une reprise de l'ultra célèbre
Burn, du violet profond. Et là encore les australiens montrent qu'ils n'ont peur de rien, s'appropriant avec brio le tube des anglais, évidemment d'une manière bien plus Heavy tout en gardant la magie du titre.
Vous l'aurez compris, il n'y a pas de moment faible sur ce disque. L'intensité est constante, sans temps mort, tout au long de ces quarante-six minutes, même si elle ne s'exerce pas toujours par la puissance. On pourrait dire pour résumer que ce
Necromancer est un judicieux compromis entre l'impact et la mélodie. Irréprochable alors, ce deuxième opus des tasmaniens ? Non, bien sûr. Mon seul et unique reproche portera sur des influences qui restent encore un peu trop présentes, ce qui est d'ailleurs le lot des groupes de Heavy revival. Mais je crois que
Taberah peut encore mieux faire, et qu'ils pourront nous proposer encore mieux la prochaine fois. Inch'Allah !
En effet comme je suis curieux, je n'ai pas pu résister à aller écouter cet album de Taberah. Jusqu'a présent, je ne connaissais pas ce groupe, aussi je remercie le chroniqueur pour la découverte.
J'ai vraiment aimé l'album du début à la fin, commençant avec un titre direct qui botte le cul et ça durant tout l'opus, quelle claque !De plus, nous avons droit en bonus à une version du "Burn" de Deep Purple absolument jouissif. Je pense acquérir cet album prochainement !
J'ai pu l'écouter entièrement.
J'avoue que cet album est très bien ficelé !
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