Natural Causes

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15/20
Nom du groupe Audiotopsy
Nom de l'album Natural Causes
Type Album
Date de parution 02 Octobre 2015
Enregistré à Porch Studio
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Headshot
2. All We Know
3. Lylab
4. The Calling
5. H2O (Interlude)
6. Swim
7. Disguise Your Devils
8. Burn the Sky
9. Distorted
10. Darken the Rainbow
11. Frozen Scars
12. Natural Causes / Outro

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Audiotopsy


Chronique @ LostPhoenix

08 Octobre 2015

Un Neo Metal accrocheur aux mélodies profondément efficaces.

Voilà un nouveau groupe, ou super-groupe, si j'en crois l'expression consacrée. Audiotopsy (A/Y) a été créé par le guitariste Greg Tribbett (Ex-Hellyeah) auquel s'est associé le batteur Mat McDonough, tout deux désireux depuis quelques années de faire une pause avec Mudvayne. Puis le chanteur Billy Keeton (Skrape) et le bassiste Perry Stern, qui avaient déjà joué ensemble, sont venus prendre part à cette cause. Une bien étrange équipe réunie au Porch Studio d'Orlando pour jouer ce Natural Causes. Le Cd est produit par Audiotopsy avec Tim Laud (Productions) aux manettes. Signé chez Napalm Records, le groupe sera un fier représentant du label aux Etats-Unis, où la maison aimerait percer une brèche.
Le projet ne datant pas d'hier, on voit déjà pousser de petites publications par ci par là pour montrer de quelle musique nos quatre étranges bonhommes vont nous abreuver. En observant les photos de promotion, on note tout de suite la singularité de cette formation : Mat pourrait être tout droit sortit d'un téléporteur, Greg du laboratoire du docteur Xavier, Perry arriver du fond des bois alors que Billy arbore sur la partie basse de ses vêtements les couleurs gravées sur ses bras. Voilà pour ce qui est des premières images. Côté son, certains affichent Heavy, d'autre Metal Alternatif et de notre côté, c'est Neo Metal. Histoire de faire durer le suspense et de ne pas me faire disséquer tout de suite, je dirais : "écoutons et nous verrons !"

N'ayons pas peur de dire que le titre phare qui entame cette opération auditive ne rate pas son coup. "Headshot" attaque sur un riffing tonitruant. Le "pré- refrain" prépare vos oreilles à l'arrivée du choc frontal impossible à sortir de votre tête. La vision de ce combattant au fond des tranchées vous traversera sans ménagement. Le postulat de base est posé : il s'agit bien là d'une volonté de faire du Metal au sens large et profond du terme. La puissance sera également la méthode employée dans "Distorted" ou encore dans "Draken The Rainbow" qui montrent une tournure et un son Thrash non négligeable. Côté refrain qui vous marquera, on ne pourra pas détourner l'attention de "Disguise Your Devils" transformé en "Devil In Disguise" pour un chant diablement écorché.

A ce propos, passons au découpage de Billy dont le chant est plus qu'un atout pour cet opus. Pour faire simple, sa voix est taillée dans le rock. Greg l'a choisi pour les bonnes raisons, et surtout pour ne pas que son oeuvre ressemble à Mudvayne ou à Hellyeah. Autant dire que son organe permet de faire ce qu'il faut pour illustrer ce qu'ils font. Dans la première partie de l'album, il est plutôt du côté de la tempête rageuse. Alors qu'après l'interlude, le calme s'installe sur certaines plages, pendant quelques instants où l'émotion doit se faire plus présente que la hargne. Mais attention, ne vous méprenez pas, sa voix cassée reste tout à fait dans le ton. D'ailleurs, c'est appréciable d'avoir des paroles totalement compréhensibles même sur les parties où il s'arrache les cordes vocales.

Est-ce cette résonance particulière qui me fait penser que certains titres comme "All We Know" et "LYLAB" naviguent entre Nirvana et Alice in Chains ? Ou est-ce la deuxième partie de l'album, et cette espèce de mal-être qui me donne ce sentiment ? Difficile d'en être certain car d'autres titres ressortent avec une modernité et une clarté presque rafraîchissantes. Comme si l'esprit du grunge avait croisé des riffs de Pantera. La présence d'un jeu de batterie et d'une grosse caisse utilisée avec justesse et intelligence n'est pas étrangère au glissement Neo de leur musique. "The Calling" ou "Burn The Sky" sont le reflet de la maîtrise des instruments de cet audiotopsy. "Frozen Scars" va plus profondément dans le processus en alourdissant le son, déchirant la voix et en montrant la facette la plus noire de leur musique ; le monstre est là, prêt à sortir des plaies laissées par ces outils d'une précision chirurgicale. Mais impossible d'être épargné par "LYLAB" qui marquera cet album par ce mélange spécifique pour un titre, n'ayons pas peur de le dire, "Neo Grunge". Tout y est : du passage clair et lancinant à la grosse guitare pesante mais perçante. Puis une fois la brèche ouverte, la double grosse caisse poussera ces paroles hurlées dans votre crâne. Un texte et un thème qui seront là pour vous faire un électrochoc autant que la musique, "LYLAB" étant l'acronyme de "Love You Like A Bitch"...

'H2O' arrive en interlude pour calmer le jeu, certes, mais se présente surtout comme un hymne à l'eau : tout d'abord la pluie fine, puis les goûtes qui tombent sur une eau plate, et enfin une eau ruisselante qui finit par amener une mélodie lointaine pour déboucher sur 'Swim'. Le titre révèle encore une fois le schéma typique du Grunge avec ses parties calmes et ses regains d'énergie. Comme la vague qui monte, qui descend et qui prend la place de la musique au terme de ce morceau. La mélodie infectieuse délivre un message simple : "ce monde est devenu merdique". Un environnement pourri que tout le monde finit par détester. Les gens sont dégoûtés par leur travail et leur vie au point de juste vouloir s'éloigner à la nage. Essayer de récupérer une vie perdue et finir par se noyer dans la misère. Même si plusieurs titres s'immiscent avant le dernier "Natural Causes", celui-ci est naturellement lié aux deux mouvements liquides précédents. En effet, il est ici question de sons d'eau, mais l'ambiance y est malsaine. Comme si la nature était inversée à l'instar de l'impression que la piste est passée à l'envers. Des sons plus "naturels" s'imposent ensuite dans ce paysage étrangement calme, pour finir sur un effondrement sonore progressif. Au premier abord, ce choix paraît étonnant quand au titre éponyme. Mais lorsque l'on finit par décortiquer les fondements textuels et musicaux de cet album, on tombe malencontreusement sur une inévitable évidence. On assiste la à une dualité telle qu'elle peut apparaître dans notre monde. Le choix de l'artwork n'y est pas non plus innocent et étranger: Cette libellule sur la dionée attrape-mouche allant à sa mort n'est qu'une cause naturelle.

Le groupe est d'accord pour dire qu'ils jouent un "hard rock progressif". Une autre façon de dire que leur musique navigue entre ces deux pôles, qu'Audiotopsy a su relier avec une certaine clairvoyance. D'une part avec des textes qui reflètent leur vision de notre société, et d'autre part en nous proposant une musique riche et, comme l'a voulu Greg, originale. Son leader et créateur a su mettre à profit son expérience et celle de ses acolytes pour mettre à flots un album personnel et solide. Il y a disséqué certains problèmes de notre planète et les a associés à sa musique sans se limiter à un seul style, pour un résultat plus que convaincant.


18 Commentaires

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LostPhoenix - 11 Octobre 2015: GURRG, je suis un peu d'accord avec toi, à la première écoute, on a cette impression de "déjà entendu". Mais une deuxième, puis une troisième écoute fait ressortir quelque chose de différent et un ensemble d'une véritable cohésion. Ce qui peut manquer cruellement sur bon nombres d'albums qui se contentent d'aligner les titres pour afficher puissance et gros sons... Merci Evergrey69 pour ton appui !
 
clover - 18 Octobre 2015: Au-delà de la discussion au niveau du style (savoir si c'est du neo-machin ou du neo-truc), cet album est assez vide au final. C'est composé avec autant de créativité qu'un album de Kyo, et encore, c'est méchant pour Kyo d'affirmer ça. Les idées de base sont mauvaises (mélodies peu intéressantes) et elles sont mal développées (= répétées et tordues dans tous les sens), aucun sens de la progression, du développement, on reste dans une structure plate, sans rebondissement, sans surprise, on attend même des choses qui n'arrivent jamais. M'enfin je pourrais continuer pendant des heures. Je pourrais au maximum lui mettre un 8/20, alors 16 je vois vraiment pas. Personnellement entre 16 et 20 c'est une note que j'attribuerais aux meilleures sorties de l'année, à une poignée d'albums sur plus d'une centaine écoutés, à des gens qui ont vraiment travaillé quoi (voir les derniers Leprous ou Acturus par exemple).
LostPhoenix - 18 Octobre 2015: Clover, merci pour ta lecture et ton écoute. Il y a effectivement une différence entre un 8 et un 16. Comme il y a sûrement une énorme différence entre une ou deux écoutes et 9 ou 10 écoutes. Certes la première impression est importante, mais essayer de tirer l'essence d'une œuvre et être juste dans la chronique n'est pas si simple. La note n'est pas une fin en soit. De là à dire qu'il n'y a pas de travail sur cet album, je ne te rejoins pas.
Hacktivist - 19 Octobre 2015: Après, j'aimerais simplement dire que l'alternatif dans sa globalité (metal alternatif, néo-metal, neo-thrash, post-grunge, grunge etc...) est un genre qui pour être jugé, demande des connaissances et la même attention qu'à l'écoute d'un disque de black, death etc... On ne peut pas se permettre de dire, c'est "mauvais" ou "nul", à moins que l'album soit vraiment inintéressant, peu subtile et mal produit. Les critères ne sont pas les mêmes que pour les autres sous-genres de metal, car ce n'est pas le même esprit de composition, pas la même histoire, pas la même dynamique. Par exemple, jamais je n'irais cracher sur un truc de thrash car mes connaissances se rapprochent du 0 pointé, que ça m'intéresse pas et que du coup, je suis pas le mieux placé pour livrer un avis objectif, j'en suis conscient. Et avant que vous m'accusiez d'être un gros fan pas impartial et tout, sachez que je ne connais pas du tout le groupe, c'est juste une remarque de passage.

Puis bon, vous m'excuserez mais ce dont je me rend compte de plus en plus c'est que sous-prétexte d'avoir affaire à une oeuvre accessible qui relève de l'alternatif, on se permet trop souvent de prétendre pouvoir juger le(s) titre(s) en question avec strictement aucun bagage et de rapprocher les formations d'autres artistes avec un mauvais goût tel qu'on tombe parfois sur un groupe de metal et... Kyo, Muse, Tokio Hotel ou Rihanna à côté...
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