Naer Doden

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Nom du groupe Myrkraverk
Nom de l'album Naer Doden
Type Album
Date de parution 13 Mars 2018
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Inngang
 
2.
 Heidinn Rites Blot
 
3.
 Ritual
 
4.
 Astral
 
5.
 Naer Døden
 
6.
 NatasataN
 
7.
 Blåkvit
 
8.
 Sensdlava
 
9.
 Instinkt
 
10.
 Hyllest! Reia!
 
11.
 Hyllest! Reia!
 
12.
 Dimensjon Dødsspiral
 
13.
 Nordvegen II
 
14.
 Utgang
 

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Myrkraverk


Chronique @ Icare

29 Août 2018

Si Myrkraverk n'est pas un mauvais groupe, on ne peut pas non plus affirmer que Naer Døden soit un bon album...

Myrkraverk est un de ces innombrables groupes presque inconnus au bataillon qui pullulent sur la scène underground norvégienne et le Naer Døden que voici est leur premier album, qui paraît sur Blut und Eisen Productions après deux EP sortis dans un anonymat quasi total. Thor Erik, hyperactif de la scène black locale plus connu sous le nom d’Infamroth (Skuggeheim, Throne of Katarsis et ex Thundra entre autres) est le seul maître à bord, s’entourant pour l’occasion d’un batteur en la personne de Blot, et nous envoie donc ces 49 minutes de true black aux légères intonations pagan et folk.

Heidinn Rites Blot est un morceau lent et sauvage à l’ambiance guerrière, aux guitares bien grésillantes, à la batterie qui sonne comme des tambours de guerre et aux vocaux grondants qui oscillent entre hurlements black arrachés noyés dans la distorsion et chant rugueux et païen. Une mise en bouche qui, si elle manque cruellement de folie et d’originalité, rappelle le vieux black pagan cru et authentique des 90’s, nous ramenant au bon souvenir des premiers Kampfar ou Graveland. S’ensuit un Ritual plus rythmé d’obédience très darkthronienne, sympathique quoiqu’un peu brouillon dans son riffing et manquant de cohérence. Ceci dit, après cette entrée en matière passable à défaut d’être inoubliable, les choses se gâtent rapidement avec un morceau éponyme poussif sauvé par un riff central gentiment black n roll : rythme irrégulier et mou, parties qui s’enchaînent mal et desservies par des transitions bancales, passages plus lents dont la pauvreté musicale se cache derrière un mur de guitares saturées et bourdonnantes… Oui, ça sent la Norvège à plein nez, mais la sauce ne prend pas tant l’ensemble sonne générique, se cachant derrière les artifices confortables que sont le minimalisme musical et le son cru et cradingue. Et que dire des 7,23 minutes interminables de Blåkvit, sorte de long morceau bruitiste sur lequel se superpose un chaos de sifflements distordus, une batterie marquant le rythme comme à l’aveuglette sur les insupportables rugissements d’agonie de ces cordes violées... Un morceau expérimental certes pas tout à fait raté, parvenant à instaurer une atmosphère assez dérangeante dans ses sonorités de cauchemar, mais bien trop long pour être convaincant, et qui dénote trop du reste de l’album, bien plus - trop! - organique et terre-à-terre.

Car si effectivement, il y a une chose qu'on ne peut pas reprocher à Myrkraverk, c'est son manque d'authenticité: les racines norvégiennes du groupe sont plus que palpables, et avec des invités de marque comme Nocturno Culto (Darkthrone), Grutle Kjellson (Enslaved) et Hoest (Taake, ex Gorgoroth) qui viennent pousser la chansonnette, la filiation est d'autant plus évidente. D'ailleurs, si Myrkraverk se distingue dans un domaine, c’est bien dans la création des ambiances, le combo parvenant globalement à retranscrire cette noirceur délétère et sulfureuse si chère au style. même si l'ensemble s'éparpille : Astral est un interlude très tribal presque entièrement construit sur ce pattern de batterie primitif, NatasataN offre un agréable moment d’apaisement (ces quelques notes acoustiques ainsi que ces chœurs profonds et solennels reposent les oreilles et parviennent à imposer une atmosphère sylvestre à la profondeur sacrée) et un morceau comme Sendslava s’en sort plutôt honorablement, avec cette ouverture champêtre à base de chant traditionnel et de ruisseau gazouillant, avant d’imposer un metal sombre, sauvage et rageur qui explose sur un tempo enfin plus rapide. De même, la première partie de Norsvegen II est réellement épique et prenante, avec cette basse qui nous fouille les entrailles, même si le morceau traîne malheureusement en longueur avec ses presque sept minutes, tandis qu’une pièce plus lente comme Hyllest ! Rya !, avec ce souffle rauque et infernal en guise de chant et cette fin qui décolle grâce à une partie soliste pleine de feeling, parvient à emporter notre adhésion à défaut de nous faire vibrer.

Cependant, l’un des gros défauts de l’album outre cet aspect générique dont on aurait pu faire abstraction si la qualité était suffisamment au rendez-vous, c’est cette désagréable impression d'écouter un patchwork de titres éclatés sans grand rapport les uns avec les autres, le duo passant du bruitiste et expérimental Blåkvit au true black ultra rapide à la Gorgoroth (Dimensjon Dødsspiral ) en passant par les ambiances mystiques d’un Arckanum et des interludes folk sans réelle cohérence.
Ce premier full lenght est donc finalement un album passable, qui s’il respire l’authenticité et la passion et parvient à instaurer une certaine ambiance, est parfois maladroit et bancal dans son mimétisme des aînés norvégiens, la faute à une technique instrumentale, un minimalisme musical et une production volontairement rudimentaires et des compositions manquant d’originalité sonnant souvent trop brouillon et décousues. En gros, si on ne peut pas dire que Myrkraverk soit un mauvais groupe, on ne peut pas non plus affirmer que Naer Døden soit un bon album, et en ce qui concerne les sorties norvégiennes dans un style plus ou moins similaire, je préfère aller réécouter les derniers Domgard et Svederna…

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