Mrak Pechali

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15/20
Nom du groupe Odio Vestri
Nom de l'album Mrak Pechali
Type Album
Date de parution 23 Août 2009
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album2

Tracklist

Also Know As "Darkness of Sorrow".
Limited to 100 copies (Art of Silence Series).
1. Mrak Pechali 16:17
2. Tlen Nadezhdy 12:28
3. Forma Melanholii 17:36
4. Vechnaja Skorb' 18:56
Total playing time 1:05:17

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Odio Vestri


Chronique @ Vinterdrom

25 Novembre 2010
Dans le royaume de l'ambient / funeral doom où la population reste encline aux sentiments les plus contemplatifs, l'impétuosité n'est que fort peu de mise.
Dans cette contrée où Stijn Van Cauter règne en grand maître du haut de sa propriété Until Death Overtakes Me, les soldats ne sont point légion.
Dans ce microcosme régenté par un système rigoriste visant avant tout à capitaliser sur le développement des sphères sensorielles de l'âme, la force de frappe métallique demeure réduite à un contingent simplement cantonné à des rondes occasionnelles autant que discrètes. Et pourtant, point d'invasion n'est à déplorer, l'ascétisme en phase terminale des lieux, musical comme conceptuel, n'étant pas véritablement propice à attirer le premier bourlingueur venu. Il risque fort de trouver le temps long avec ces interminables dérives ambiantes et de par son jugement ne pourra-t-on point lui jeter la pierre, quand on s'aperçoit de l'extrême austérité que peuvent dégager les monolithes parsemant ce pays à la démographie clairsemée.

La légende veut qu'à l'Est du royaume, dans un obscur hameau qui jamais ne porta de nom, vive Odio Vestri, un duo de sculpteurs ayant la particularité d'avoir taillé son premier et unique monolithe à ce jour en lui conférant un relief plus finement ciselé que ceux ornant le palais de son illustre roi.
Une singularité propre à éveiller la curiosité de quelques aventuriers bien peu farouches, mais encore faudrait-il pouvoir trouver l'énigmatique hameau et y dénicher le bloc rocheux en question. A peine sait-on qu'il se situe dans un vaste comté que l'on appelle Russie, sur les terres du vicomte BadMoodMan Music imposant le terrible joug de la série des Art of Silence obligeant à une stricte limitation contractuelle de la production minérale.
Il faut méfiance garder toutefois, car sachez que la légende dit aussi que pour tout enhardi progeux qui oserait absorber la création de son regard et de son ouïe, l'imprudent, horrifié par les stigmates minimalistes marquant encore les origines du monolithe, risquerait d'oublier à jamais ses gammes et son solfège tout entier. Recommandation leur est donc donnée de passer gentiment leur chemin.

Quant à vous, les courageux qui auront persévéré et bravé tous les dangers, la vue du monolithe tant convoité et la scrutation des quatre formules sibyllines qui y sont gravées vous ouvrira les portes d'un monde à l'imaginaire des plus sinistres et mélancoliques, où les cieux funéraires s'étendent à l'infini sur des terres lugubres d'une incommensurable étendue.
De « Mrak Pechali » surgit une opaque brume de synthés naissant d'un sol jonché de cadavres décharnés tel le grain de guitare qui les personnifie. Sa lente dissipation se fond à la résurrection. Les morts se lèvent au son d'un lead électrique au reflux ascendant et se meuvent péniblement à une cadence de suppliciés, s'enfonçant vers les limbes habitées d'étranges manifestations psychédéliques qui les appellent, les guident.
Avec « Tlen Nadezhdy » se poursuit la lancinante marche funèbre des damnés. Les chœurs envoutants crient leur profonde affliction, les pincements de cordes résonnent telles les réminiscences de celles par lesquelles ils se sont occis. L'appel du lointain, glissant jusque dans leur âme terrifiée, prend la forme d'un ignoble gargouillement Xasthurien.
De « Forma Melanholii » jaillit l'invocation du tragique orgue Skepti-sismique. Celui dont la prophétie dit qu'il retentira le jour où le sol de l'au-delà s'ouvrira pour engloutir la cohorte des maudits. Le tonnerre gronde et un déluge froid s'abat sur le cataclysme que les leads laconiques accompagnent de leur oraison, les notes de piano se joignant à la chute dans l'insondable vide.
De « Vechnaja Skorb' » se dévoile un rivage empreint d'un néoclassicisme funèbre, s'ouvrant sur un océan de désolation. Un enfer d'eau vaseuse et croupie où les damnés souffrent atrocement de leur seconde mort, entraînés vers les profondeurs abyssales où sommeille une mystérieuse entité séculaire. L'appel du lointain sourd de ses rêves effroyables, assouvis tandis que le piano s'efface pour ne plus laisser que le silence. Celui des funérailles … vos funérailles.

Ainsi fut écrite la légende de Odio Vestri en des temps que la mémoire des mortels a oubliés, de la main d'un auteur dont le nom ne perdura que par la seule lettre V. Le sceau d'une obscure secte ancestrale ? Nul ne sait … Seule certitude : en aucun cas ne sous-estimerez-vous le pouvoir immersif du fantastique monolithe « Mrak Pechali ». Un nom qui, d’après les recherches d’obscurs archéologues depuis longtemps tombés dans les limbes de l’Histoire, pourrait signifier « Les Ténèbres de la Tristesse » dans notre langage commun.
Car si les sortilèges qu'il renferme s'avéraient opérants, vous pourriez bien ne jamais en revenir…

2 Commentaires

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Apophis2036 - 25 Novembre 2010: Et bien, je connais quelques unitologues qui seraient ravis d'apprendre l'existence d'un autre monolithe sur notre chouette planète bleue, la Terre :D

De la part d'un de ces aventuriers, une part de tarte aux pommes en main, ayant apprécié cette chronique comme il se doit. Merci d'avoir entrouvert cette interstice envers ce joyau Ambient Doom peu habitué à la lumière écarlate et fourmillante qu'est Internet.
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