Bon, une fois n’est pas coutume, commençons notre chronique par une sentence lapidaire :
Endezzma, c’est un peu le prototype du pétard mouillé en ce qui concerne le black metal. All stars band norvégien formé en 2006 composé à l’époque de membres de
Ragnarok,
Urgehal,
Angst Skvadron et
Beastcraft, aujourd’hui encore mené par le bassiste du défunt
Urgehal, ainsi que l’inévitable Hellheimer qu’on ne présente plus, le combo n’a sorti en plus de dix ans qu’un EP et un album plutôt moyens au vu des possibilités de ses musiciens; oscillant maladroitement entre plusieurs courants de black, écartelé entre de trop nombreuses influences pas toujours conciliables, le sextette n’arrive pas à trouver sa personnalité et offre un patchwork trop décousu qui perd l’auditeur entre true black, n’ roll, metal noir mélodique à claviers et quelques plages atmosphériques.
Près de cinq ans après leur unique full length,
Erotik Nekrosis, les Norvégiens se rappellent à notre bon souvenir avec un court EP de deux titres annonciateur du futur album
The Arcane Order qui devrait sortir courant 2017.
Deux titres c’est court, mais c’est suffisant pour rappeler qu’un groupe n’est pas mort, et parfois utile pour indiquer la nouvelle direction musicale d’un full length à venir. Et autant le dire tout de suite, si tout l’album est du même tonneau, on risque de se prendre une belle claque dans quelques mois. Le premier titre et morceau éponyme,
Morbus Divina, nous offre un excellent condensé de true black, très entraînant et efficace à souhait, avec de très bons riffs habités par une flamme démoniaque omniprésente, un rythme soutenu et une voix parfaite pour le genre, bien écorchée, puissante et intelligible. Le petit plus vient du côté mélodique toujours bien présent et renforcé par de bons soli mélancoliques qui, étonnamment, s’insèrent bien à cette atmosphère charbonneuse et evil, ainsi que par ces petites harmoniques de guitares aussi noires qu’envoûtantes qui ajoutent une profondeur bienvenue à ces 6,07 minutes.
Le deuxième et dernier titre, Black Tempest, composé par Trondr
Nefas (RIP) lorsqu’il faisait encore partie du groupe, est un black ‘n roll mid tempo aussi simple et direct qu’enivrant, aux guitares imparables, sorte d’hymne bestial presque punk à
Satan, aux ténèbres et à la crasse. Le morceau se mue sur sa deuxième partie en un true black dissonant et intense à l’aura sulfureuse, avant de retomber sur ce riffing groovy et de s’achever sur un excellent soli mélodique. Un exercice de style dans la plus pure tradition norvégienne, certes, mais magistralement maîtrisé, avec une cohérence parfaite qui manquait sur les précédentes réalisations d’
Endezzma et avec une âme noire authentique particulièrement palpable (le spectre de
Nefas ?) qui vient hanter le morceau et le rendre tout bonnement indispensable.
Alors oui, onze minutes, c’est certes très court pour un EP, mais c’est bien suffisant pour se faire un avis, et il semblerait qu’
Endezzma ait terminé ses pérégrinations musicales et qu’il emprunte désormais la voie sans retour d’un excellent true black à la fois intense, possédé, groovy et mélodique. Qui dit sentence du début dit aussi sentence de fin, et au risque de se répéter, si les Norvégiens parviennent à maintenir la qualité de ce
Morbus Divina sur un album complet, le pétard mouillé risque bien de se transformer en un bâton de dynamite…
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