Avec la découverte de l'album Solarité de NECROPOLE, j'ai eu l'honneur de découvrir la musique de certaines personnalités de l'underground black metal français comme Amertume. Il s'agirait d'un cercle d'amis, inspiré par la scène toulonnaise de leur pays, voire la scène finlandaise. NECROPOLE a d'ailleurs signé chez Northern
Heritage, le label du génial Mikko Aspa, sortant en 2018 Solarité le même jour que l'album de CLANDESTINE BLAZE, Tranquility of Death. Il fallut cependant attendre la sortie de l'ep de CENOTAPHE,
Empyrée, pour que je découvre l'art noir d'autres des connaissances de ce musicien, Fog et Khaosgott, s'étant désormais éloigné d'Amertume pour composer, dans leur groupe CENOTAPHE, une musique qui leur ressemble plus.
Empyrée fut un bon ep, bien qu'en 2019, j'avais d'autres préoccupations d'écoutes que CENOTAPHE, malgré la claque que fut pour moi l'album Solarité.
Je vous suggère d'ailleurs d'écouter cet album. Il est très bon et, malgré la polémique, un titre comme "Ferment de
Corruption" est poignant comme je n'ai presque jamais entendu dans le black metal - pourtant,
Satan sait que le black metal est capable de faire des tracks vraiment poignantes ! Comme c'est ma première chronique d'album black metal joué par des personnes à l'idéologie douteuse, il faut que je clarifie un point. Comme beaucoup de passionnés de metal, je n'écoute pas ce style de musique pour n'avoir affaire qu'à des gens qui pensent totalement comme moi. Et si la musique ne plaît pas, uniquement pour cette raison, arrêtez de l'écouter. Arrêtez également d'écouter du black metal d'ailleurs, car c'est une musique extrême, donc avec des gens qui pensent quelquefois de manière extrême. Il faut donc se faire à cette idée, ou changer de style!
Maintenant que ce point a été clarifié, place à la musique, avec
Monte Verità, premier album de CENOTAPHE, sorti ce printemps 2020 et sur lequel le groupe atteindra un nouveau degré de maîtrise de leur art noir.
Dorénavant, l'éloignement d'avec Amertume se démarque chez Fog et Khaosgott également par la musique qu'ils jouent. Cette distanciation entre CENOTAPHE et NECROPOLE se remarque sur plusieurs points.
D'abord, la présence accrue de claviers :
Monte Verità commence par une introduction cosmique entamant "Myosis", et ce clavier est utilisé judicieusement, d'ailleurs, même s'il se montre imposant comme sur "De mon Promontoire
Astral", le meilleur titre de l'album, il n'est pas non plus omniprésent ou envahissant. Que ce soit sur "Myosis", "De mon Promontoire
Astral", "
Monte Verità" ou partout ailleurs, le clavier se fait spatial, cosmique, et en même temps, onirique, comme dans un rêve lucide. Il magnifie la musique, mais seulement quand c'est nécessaire.
Un point encore plus marquant est l'ajout de chœurs épiques et guerriers. "Aux Cieux Antérieurs", "Emersion", "
Monte Verità" mais surtout "De mon Promontoire
Astral" ajoutent cet élément marquant. Mention spéciale à la deuxième partie ultime de "De mon Promontoire
Astral", tout simplement magnifique, qui commence par un pont, avant que les chœurs n'arrivent, se marquant plus que jamais dans nos têtes. Ensuite, le clavier aux sonorités froides vient s'ajouter pour nous montrer des visions cosmiques. Ces chœurs, graves et profonds, sont utilisés comme les claviers, c'est-à-dire à bon escient, uniquement quand on a besoin d'eux.
Contrairement à l'album Solarité,
Monte Verità ne possède pas de morceau au riffing vraiment ultime pour son côté poignant. Où se trouve, sur cet album, un titre comme "Ferment de
Corruption" ? De toute évidence, CENOTAPHE joue davantage sur des éléments moins validés par les puristes du black metal, gardiens de notre temple, à savoir les claviers et les chœurs, tous aussi somptueux les uns que les autres. Avons-nous affaire à du black metal atmosphérique comme les débuts d'EMPEROR, de SATYRICON, ou plus récemment, de VARGRAV ? La question pourrait se poser, mais je pense que ce n'est pas du tout le cas : quand le riffing se suffit à lui-même, le binôme a le bon goût de ne pas rajouter de claviers., pareil pour les chœurs. L'éloignement par rapport à ce que fait Amertume reste donc assez relatif.
Au niveau des instruments traditionnels du black metal, on reste ainsi dans la lignée d'un NECROPOLE. On est donc proche des groupes finlandais, mais en plus lumineux. D'ailleurs, c'est lorsque la batterie blaste le plus que le clavier et les chœurs sont absents ce qui crée autant de contrastes dans les morceaux que de variété dans les sonorités de l'album. La basse, quant à elle, est en retrait, comme souvent dans le style.
Aussi, les thématiques abordées par CENOTAPHE sont identiques aux thèmes de prédilection d'Amertume. Notre esprit continue de se projeter au sein des thématiques ésotériques, mystiques et hermétiques. On découvre le monde d'En-Haut grâce à la partie imaginaire de notre cerveau, et les chœurs majestueux, notamment sur la track "De mon Promontoire
Astral", renforcent cette impression, plus forte encore que chez NECROPOLE.
Au final,
Monte Verità de CENOTAPHE est encore plus lumineux que Solarité de NECROPOLE, ce qui risque d'ailleurs de déplaire à certains adeptes du projet Amertume, qui préféreront se complaire dans les ténèbres les plus sinistres du black metal. Ceci dit, si vous êtes en quête de lumière, entre l'écoute d'un album de death metal bien anxiogène et celle d'un album de black metal d'une violence vraiment inouïe, je vous suggère de laisser une chance à ce
Monte Verità. Vous y apprendrez encore mieux l'art de voir la lumière au milieu des ténèbres. 2020 commence fort.
Une étoile émergente.
Putain mais c'est quoi cette merde ? Comment ai-je pu écrire que les personnes qui écoutent du black metal en refusant les idées d'extrême droite devraient arrêter d'écouter du black metal ? Cette chronique a déjà un an, et je me rends maintenant compte que le metal est en train d'être récupéré par l'extrême droite, et que s'opposer à cette récupération est légitime ! Bref, je ne modifierai pas le passage en question ou je fais preuve de complaisance et d'irresponsabilité, mais sachez que j'ai écris ça il y a un an, et que pour moi désormais, être facho, c'est grave !
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