Misgivings

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16/20
Nom du groupe Misgivings
Nom de l'album Misgivings
Type Album
Date de parution 24 Juin 2022
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album36

Tracklist

1.
 Deny the Divine Praise
 04:38
2.
 Demonically Stigmatized
 04:19
3.
 Masquerading as God
 03:25
4.
 Stormblood
 03:43
5.
 Disgraceful Lust
 04:19
6.
 The Age of Christic Sorrow
 03:49
7.
 Serenity in Shades
 02:50
8.
 Supreme Regression
 03:10
9.
 Ancient Fear
 04:19

Durée totale : 34:32

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Misgivings


Chronique @ Armel_Avry

23 Juin 2022

Frissons garantis

Franchement, la situation actuelle de la France et mondiale peut difficilement prêter à sourire. Entre le conflit menaçant et la crise économique durable, l'inflation et les pénuries diverses, la sphère politique instable et cynique au possible, la surenchère médiatique dans le misérabilisme-catastrophisme-prendrelesgenspourdesconisme (reprenez votre souffle), il ne reste pas grand chose pour se réjouir.

Mais ma personnalité plutôt optimiste se dit aussi que c'est l'été, la saison des festivals et des retrouvailles avec les amis (et des apéros interminables aha). Et aussi que je peux toujours compter sur l'excellente écurie française Dolorem Records pour étancher ma soif inextinguible avec de non moins excellents albums de death metal. Donc après Slave One, Creeping Fear, Nephren Ka, Abyssal Ascendant, Towering et plus récemment Dawohl (cocoricoque des groupes français), place à Misgivings et à son premier brûlot éponyme, qui paraît en ce fin de mois de juin 2022.

Un premier album certes mais pour un groupe qui a de l'expérience. Formé en 1991 à Montigny-sur-Loing (Seine et Marne), le groupe va prendre son temps en sortant quelques démos (Trouble Scars en 1994, Time-Decomposed en 1995, Prophetic Redemption en 2001 et Masquerading As God en 2006) ainsi qu'un split avec leur compatriote Drowning en 2017.
De plus, les 4 cavaliers de l'underground qui forment l'ossature du combo ne sont pas non plus tombés de la dernier pluie. Avec deux membres de Impureza (Esteban Martin au chant/basse et Guilhem Auge à la batterie) et un de Ritualization (Infamist à la guitare), renforcé par l'autre guitariste David B., on peut s'attendre à un album sombre, violent et véloce.

Et baaamm, dès l'introductive Deny The Divine, on obtient la confirmation et ce ne sont pas les quelques secondes de chant liturgique du début qui pourront nous induire en erreur. Tout y est carré, puissant, haineux, bestial !! La recherche dans le riffing, les plans de batterie touffus et précis, les soli démoniaques, l'équilibre des instruments, le growl doublé, rien n'est laissé de côté ni au hasard. Et les courtes accalmies vers 1mn55 et 2mn41 relancent la machine avec encore plus de hargne.

La hargne, Misgivings en distribue à plein tombeaux sur l'effrayante Masquerading As God et la vicieuse Stromblood. Les riffs s'y enchevêtrent à une vitesse terrassante, rappelant la furie distillée sur les travaux d'Angelcorpse et Krisiun. Il faut souligner également que le groupe cherche toujours à ciseler des mélodies perverties, à l'image de celles du grand Trey Azagtoth. Les écoutes successives se font alors plus attentives pour saisir les nombreux détails mélodiques et rythmiques qui rendent chaque morceau intriguant et différent des autres.

Pour souligner mon propos, quoi de plus convaincant que la magistrale Disgraceful Lust, qui imbrique des plans martiaux et des accélérations brise-nuque à qui mieux-mieux, pour un rendu remarquable d'équilibre. Notons ici aussi l'influence générale de Deicide dans ce double chant possédé, une défiance envers les religions, et surtout cette volonté implacable de faire le maximum de dégâts. Je n'ose imaginer l'état de la mâchoire des pauvres moshers qui auront le courage de s'aventurer dans le pit à ce moment là.

Du spectre Slayerien palpable sur The Age of Christic Sorrow qui m'a fait suer le doigt (certains comprendront) à l'impitoyable Serenity in Shades aussi courte qu'intense, en terminant sur un Ancient Fear qui ferait headbanguer Pistache la perruche (hihi), Misgivings égrène avec talent toutes ses qualités d"écriture pour offrir 9 titres marquants, le tout sur une durée idéale de 34 minutes.

L'artwork sobre et travaillé de Chris Moyen rend bien hommage au contenu de ce disque. Félicitons aussi le travail remarquable de Olivier Jobin (mix) et Raphaël Henry (mastering), conférant un son ample et naturel.

Pour conclure, je dirais que j'ai eu bien raison d'être plus optimiste sur la qualité de cette sortie Dolorem Record que sur le contexte affligeant des dernières élections. Et j'ai été d'autant plus bluffé par la qualité globale de ce Misgivings qui va scalper de nombreux tops cette année, j'en suis sûr. D'ailleurs qu'est ce que vous foutez encore derrière votre écran à lire ma pauvre prose ??!! Allez plutôt l'écouter et l'acheter, je vous garantis les frissons !!






11 Commentaires

20 J'aime

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Icare - 28 Juin 2022:

Ca a l'aitr d'être pile poil le genre de death que j'aime. Je vais jeter une oreille ou même deux là-dessus.
Super chronique en tous cas, qui donen sacrément envie. Merci !

corpsebunder50 - 29 Juillet 2022:

Merci pour la chronique. Cet album est une tuerie pour les fans de Death brutal pas aseptisé et authentique.  Et c'est français!

JimiH - 13 Décembre 2022:

ça me rappelle aussi Centurian dans le riffing

scotch - 25 Avril 2024:

Excellente chronique comme d'habitude (mention très bien pour les références cinématographiques et gestuelles !) pour un album qui dépote sévère effectivement !

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Chronique @ BEERGRINDER

25 Juin 2022

Satanic regression, at last

Un groupe quasiment inconnu (du grand public) qui sort un premier album éponyme chez un jeune label français, à première vue on imagine de jeunes musiciens en catégorie espoirs qui viennent d’obtenir le précieux sésame d’un premier enregistrement pro. Et bien pas du tout, Misgivings roule sa bosse depuis 30 ans dans l’UG. Parallèlement Stefan « Infamist » seul membre originel, officie également chez Ritualization, avec David l’autre guitariste, ils sont entourés ici du duo de choc d’Impureza : Esteban (chant + basse) et Guilehm (batterie) et nous avions pu avoir un bel aperçu de la force du line-up sur le split avec Drowning (2017).

Enfin donc, Misgivings prend le temps de sortir un full-length éponyme (2022) orné d’une pochette diabolique de l’inévitable Chris Moyen, ce disque sort sous l’égide de Dolorem Records, qui commence à se constituer un roster conséquent de bons groupes français.
Je vous préviens d’entrée pour ceux qui ne savent pas ce qui va leur tomber sur le coin de la gueule : mettez votre casque lourd car le quatuor nous montre ici ce que le mot violence signifie, Deny the Divine Praise vous sautant à la gueule d’entrée dans un déluge satanique de blast-beat, de guitares ultra agressives et d’un growl vengeur.

Constitués en partie de morceaux réenregistrés de leurs deux dernières démos, ils s’égrènent sans aucun temps mort au travers des riffs vicieux de la paire Stefan /David, qui transpirent la vieille école, on peut ressentir aussi bien la patte des fondateurs Slayer ou Possessed, comme celle plus récente mais tout aussi mortelle d’Angelcorpse ou Centurian. Le style n’est logiquement pas sans rappeler Ritualization, mais Misgivings est encore plus épuré et brutal, c’est flagrant sur Masquerading As God qui n’est pas loin de sonner comme du Ritu plus violent (si si, c’est possible).

Même si nous sommes loin du Death Metal dit technique comme on le conçoit en 2022, on sent bien que les musiciens ont un sacré niveau en la matière (pas très étonnant en regard du line-up), le jeu du batteur Guilehm notamment, n’a pas grand-chose à envier au redoutable Blastum. La production est parfaitement équilibrée pour ce style, ni inutilement old school, ni abusivement moderne, elle permet de mettre en lumière tant l’authenticité que la puissance de cette bombe atomique de premier album.
Que ce soit avec Disgraceful Lust et ses harmoniques infernales, The Age of Christic Sorrow qui sonne comme du Slayer sous EPO, ou le furieux Supreme Regression, Misgivings semble se lâcher complètement et évacuer 30 ans de frustration.

Ce quatuor nous prouve que l’expérience est une denrée précieuse, et alliée à du travail et une dévotion sans faille, il est encore possible de sortir des albums de Death Metal (et un peu Black dans l’esprit) renversants et dotés d’une aura personnelle sans cacher ses influences.
Oubliez les clones d’Incantation et de Bolt Thrower, mettez de côté les adorateurs de HM2 qui nous font du Nihilist ou du Entombed de seconde main, et procurez-vous ce Misgivings, qui a tout pour se placer sur le trône du Death Metal à l’ancienne en 2022.

BG 25/06/2022

3 Commentaires

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BEERGRINDER - 25 Juin 2022:

Merci à Stefan de m'avoir refilé le CD de la main à la main 10 jours avant sa sortie.

Armel_Avry - 25 Juin 2022:

Aha Laurennt c'est vraiment marrant notre concordance de points de vue et bravo pour ta chronique qui apporte des précisions supplémentaires toujours agréables à lire. C'est vraiment un bon album et d'autres amateurs sont aussi unanimes

corpsebunder50 - 29 Juillet 2022:

Un excellent album de death metal français. L'atmosphère complétement satanique rend hommage aux grands du genre, notamment Angelcorpse et Deicide. Mais les comparaisons s'arrêtent là, car Misgivings réussit à développer une individualité qui lui est propre. Une grosse baffe!

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