Mesmur

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15/20
Nom du groupe Mesmur
Nom de l'album Mesmur
Type Album
Date de parution 08 Décembre 2014
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 Deprivation
Ecouter09:54
2.
 Lapse
Ecouter09:34
3.
 Abnegate
Ecouter12:13
4.
 Descend
Ecouter08:29
5.
 Osmosis
Ecouter12:34

Durée totale : 52:44

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Mesmur



Chronique @ Icare

04 Fevrier 2015

Mesmur s’inspire évidemment des références du genre pour créer un univers cohérent et riche en émotions

C’est un fait, Mesmur n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler le représentant le plus illustre du doom funéraire. Sombre inconnu formé en 2013 aux Etats-Unis, le quatuor fait son entrée sans grand fracas sur la scène metal en décembre 2014 en sortant sa première réalisation éponyme sous l’égide de Code666.


Ceci dit, discret ne veut pas forcément dire inintéressant, et la maturité de ce premier essai frappe positivement l’amateur de lourdeur musicale. En premier lieu, le court laps de temps entre la formation du groupe et la sortie d’un premier full length pourrait laisser perplexe, mais le doute fait rapidement place à l’admiration devant un produit si professionnel : de l’artwork au son en passant par les compos, l’ensemble est extrêmement soigné et abouti, et s’il ne révolutionnera pas le petit monde du doom funéraire, ce premier album est un produit de qualité, qui contentera sans problème tous les amateurs du genre.



Guitares plombées et bourdonnantes, batterie lourde imprimant un rythme massif, claviers éthérés qui contrastent avec la lourdeur écrasante de la rythmique, notes de six cordes aériennes et sybillines, Mesmur maîtrise parfaitement les arcanes du style. La mélodie s’invite généreusement sur ces cinq titres, moins sombres et plombés que la moyenne des réalisations de doom funéraire (ces arpèges à 1,53 minutes de Deprivation, accompagnés par le souffle léger des claviers, ce court passage ambiant et inquiétant à 4,20 minutes de Lapse, la ligne de piano qui démarre Abnegate), et l’influence principale des Américians semble être Shape of Despair, tant dans les vocaux abyssaux de Chris G que dans ce parti pris d’exploiter la mélancolie et la beauté depressive du style plus que la noirceur et la lourdeur. Certes, on reste dans quelque chose de lent, massif et pesant en général, mais on a très souvent une petite mélodie inspirée qui vient éclairer l’opacité sonore, distillée soit par la guitare soliste soit par un clavier discret mais omniprésent, quand ce n’est pas les deux.


D’ailleurs, le propos est moins monolithique qu’il n’y parait, Lapse s’ouvrant sur des riffs aux relents death et plombés, avec cette rythmique lourde et saccadée renforcée par la double pédale qui peut faire penser à My Dying Bride ou Evoken, et Abnegate proposant une ligne de guitare plaintive qui vient nous hanter comme un spectre maudit le long de ces plus de 12 minutes, tandis que le passage vers 8,11 minutes renvoie à Yearning avec ces mélodies froides et figées.


Une aura presque fantomatique se dégage des ces 52 minutes, et Mesmur parvient avec brio à nous dépeindre des fresques à la fois inquiétantes et attirantes, à l’image de la superbe pochette tout en clairs obscurs et en nuances qui semble nous dévoiler une cité perdue et mystérieuse à la sortie d’une caverne particulièrement sombre. Le quatuor ne fait clairement pas dans l’original, mais sa musique est empreinte d’une majesté et d’une puissance invitant à la sérennité, et si la prestation musicale reste classique pour le genre, l’ambiance dégagée est vraiment prenante.

A ce titre, Osmosis, qui clôt l’album du haut de ses 12,35 minutes, s’amorce sur une sorte d’ambiant captivant, avec cette ligne de basse sombre et dépouillée, cette batterie à l’écho lointain et ces sonorités aigues et diffuses à la Dolorian, avant de repartir sur ce mur de guitares sourdes et ces voix d’outre-tombe. Le morceau se parera ensuite d’un long passage instrumental planant à souhait à partir de 7,22 minutes, partagé entre piano, arpèges aériens, claviers éthérés, sanglots de violon, et chuchotements dépressifs, se muant en une brève montée en puissance dans laquelle les insruments mêlent leurs vibrations avec réussite avant d’expirer sur ces sonorités étranges et impalpables, semblant mettre en musique un film de science fiction post apocalyptique.



Pour un premier album, Mesmur nous offre donc une belle démonstration de doom funéraire, qui, à défaut d’être originale, s’inspire évidemment des références du genre pour créer un univers cohérent et riche en émotions qui dévoile ses subtilités au fil des écoutes. A recommander aux amateurs de Shape of Despair, Evoken, Dolorian et du dernier The Ruins of Beverast, et à écouter sans modération.

2 Commentaires

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oyo_doom_occulta - 04 Fevrier 2015: Super chronique (comme d'habitude) pour un superbe album! Merci, Mesmur en vaut vraiment la peine surtout pour Osmosis qui est vraiment parfait!
Nomercy76 - 06 Fevrier 2015: Merci pour la chronique qui m'a fait découvrir ce groupe. Une fois ma lecture faite j'ai écouté les titres sur youtube et commandé l'album sur code666 records dans la foulée. Super merci encore !
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