Mechanical

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Nom du groupe Emma-O
Nom de l'album Mechanical
Type Album
Date de parution 25 Novembre 2014
Produit par Tue Madsen
Enregistré à Antfarm Studio
Style MusicalDeath Thrash
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1. Mechanical 04:16
2. Guilty 03:19
3. Headbang Until the End 04:29
4. Rainy Day 04:36
5. The Way of Happiness 05:04
6. They're Coming from Nowhere 03:58
7. Secteur 13 04:27
8. Verbal Diarrhea 04:25
9. Raje.K 03:04
10. Gonna Be 03:36
Total playing time 41:19

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Emma-O


Chronique @ Matai

07 Mars 2015

On aurait aimé un peu plus de fougue, d'intensité et de personnalité

Emma-O...tout amateur de metal suisse qui se respecte reconnaîtra immédiatement la référence aux cyber metalleux de Sybreed, "Emma-O" étant le premier titre sur leur album "Antares". Mais ce Emma-O là, mené par la ravissante Audrey Berset de Fake Messiah, ne fait qu'emprunter le concept mécanique et déshumanisé que les Suisses semblent particulièrement bien chérir. La pochette et le titre de l'album en disent suffisamment et cette femme empalée par des broches métalliques ne nous donne certainement pas envie d'être à sa place ! Pourtant, nous allons découvrir sa souffrance à l'écoute de ce "Mechanical".

Emma-O, en réalité, est une sorte de super groupe dans lequel on retrouve la chanteuse et guitariste Audrey Berset de Fake Messiah, le bassiste Valentin Magnenat de Trophallaxy et Fake Messiah et le batteur Franky Costanza de Dagobah et Blazing War Machine. Ils se sont aussi entourés de deux guitaristes supplémentaires, à savoir Eddy Bruet et Philippe Maris (l'un s'étant chargé de l'enregistrement, l'autre de l'artwork). En plus de cela, ils ont aussi fait appel au fameux Tue Madsen (Hatesphere, Moonspell, Dark Tranquillity...) pour le mixing et le mastering aux Antfarm Studios. Du beau monde, me direz-vous, mais faire dans le mécanique n'est pas donné à tout le monde.

Certains peuvent se laisser duper par la marchandise car nous n'avons pas droit à du cyber metal mais à du death/thrash. Un death/thrash plutôt classique dans son exécution, mais assez moderne par moments grâce aux forts relents mécaniques qui s'en dégagent. Le premier titre, "Mechanical", ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle. Pas d'intro de mise en ambiance, Emma-O envoie la sauce dès le départ avec un mélange de riffs malsains, de riffs lourds et de riffs saccadés. Le chant arrive aussi d'entrée de jeu avec le scream vicieux et perverti d'Audrey. Elle alterne ensuite growls et cris de tortures insoutenables avant de laisser cours à son chant clair en français (pas suffisamment mis en avant je dois dire). Pour le côté mécanique, c'est la batterie qui joue le jeu, comme si elle était maniée par des robots, comme si, même elle, représentait le mouvement des machines dans une usine. La fin du morceau laisse entrevoir quelques samples qui vont d'ailleurs dans ce sens. L'humanité est décidément destinée à finir entre les mains de ses créations.

L'album ne fait pas de cadeaux. Il garde tout le long une certaine lourdeur et les riffs peuvent vite nous faire tourner la tête tant ils sont variés comme sur "Headbang Until the End" avec son petit côté thrashy dans certains parties rythmiques et dans les voix scandées. La mélodie se fraye un petit chemin sur "Rainy Day" qui n'en garde pas moins son côté incisif. De même, sur le mélancolique "The Way of Happiness" avec son intro acoustique.

Au fur et à mesure de l'écoute, on se rend compte que Emma-O peine à diversifier ses titres. Certes, les riffs sont nombreux, mais on peine à décoller au niveau du tempo. Et comme les morceaux sont souvent bâtis de la même façon, on a du mal à accrocher. "They're Coming from Nowhere" est, par exemple, un titre intéressant, tant dans le fond que dans la forme, mais il manque parfois de personnalité, notamment dans la modulation et le traitement des vocaux, dans le style d'Arch Enemy. De même sur "Verbal Diarrhea", qui dépote bien, mais on connait la recette, répétée tout le long de ce "Mechanical". En définitive, on a du mal à terminer la galette, même si l'intro de "Gonna Be Ok" est très sympa et technologique, mais on aurait bien vu ce type d'éléments réapparaître de différentes manières sur le titre, histoire d'apporter un peu plus d'intensité.

On aurait aimé un peu plus de fougue et d'intensité de la part des Suisses d'Emma-O. La brutalité est au rendez-vous, ça défonce bien, mais cela ne suffit pas. Il faut parfois prendre un peu plus de risques et s'extirper de ses influences, au risque de délivrer un metal banal et peu personnel. La référence directe à Sybreed risque aussi de lui porter préjudice : je connais bien des gens ayant cru avoir à faire à un groupe officiant dans le même style, raté. Il faudra se contenter d'un death/thrash mécanique bien burné, mais plutôt classique dans son exécution.

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Chronique @ growler

04 Mai 2015

« Mechanical » n’est pas un album « easy listening », il ne se laisse pas apprivoiser facilement.

Originaire de Lausanne, en Suisse, Emma-O est principalement articulé autour d’Eddy Bruet (guitare) et d’Audrey Berset (chant), également hurleuse au sein de Fake Messiah et Noein. Les deux compères sont rapidement rejoints par Philippe Maris (guitare) et Valentin Magnenat (basse, Fake Messiah) et, réussissent le tour de force d’enrôler Franky Constanza (Dagoba) pour l’enregistrement de leur premier full-length de la formation, intitulé « Mechanical ».

En préambule, il est important de stipuler, afin de faire taire les préjugés, idées reçues et les raccourcis hâtifs, que le patronyme Emma-O ne fait aucunement référence au titre de leur compatriote Sybreed, mais bel et bien à Emma-O de la mythologie japonaise, et que, le groupe n’officie pas dans le « cyber-metal » mais dans un « death/thrash » massif et lourd.

« Mechanical » est lancé par le morceau titre et, le moins que l’on puisse dire, est que le groupe ne s’embarrasse pas d’introductions inutiles ou de présentations futiles. Emma-O fonce dans le tas et il est certain que quelques dents vont voler au passage. Le morceau est basé sur une rythmique mid-tempo puissante, rehaussé de riffs saccadés aussi tranchants qu’une feuille de boucher, une petite ligne mélodique sous-jacente donnant un peu de luminosité à l’ensemble, et un break ultra « mastoque » d’une grande puissance écrasant tout sous son poids. Cette composition est loin d’être orpheline puisque l’ensemble du disque est du même caveau, la lourdeur ambiante étant entrecoupée d’accélérations bien senties donnant de la vie à l’ensemble comme sur « Guilty », « Rainy Day », « Headbang Until The End » ou le début de « They’re Coming From Nowhere ».

Ce qui ressort de « Mechanical » est l’aisance du groupe à produire une musique à la fois lourde mais pas ennuyeuse sur la globalité, facilitée par une espèce de groove entraînant (« Secteur 15 », le refrain de « They’re coming from nowhere » ou « Mechanical »). Emma-O ne se contente pas d’un découpage en règle, il essaie également la mise en place d’ambiances sombres et obscures. Et, le challenge est particulièrement bien relevé sur « They’re Coming From Nowhere », qui filerait le bourdon au plus joyeux des clowns.

Côté production, rien à redire. Avec Tue Madsen derrière les manettes, Emma-O souhaitait s’assurer une qualité sonore haut de gamme et c’est bien le cas sur « Mechanical », où rien ne dépasse, chaque instrument possède une place prépondérante et l’espace sonore est parfaitement bien rempli, les morceaux sont interprétés avec une qualité technique certaine, rehaussés des vociférations typiques d’Audrey. Votre serviteur se demande toujours comment un aussi joli petit bout de femme peut éructer de façon si « démoniaque ».

Cependant, au-delà de ses qualités, « Mechanical » présente également quelques défauts au premier rang desquels quelques longueurs et quelques moments moins inspirés, comme la cassure de « Headbang Until The End », le final du morceau titre ou le break de fin de « The Way Of Hapiness ». Aussi, la structure similaire des compositions peut faire émaner une certaine redondance, conférant un certain ennui, si l’auditeur ne fait pas preuve d’une bonne insistance auditive, car cet opus est une sorte de pavé homogène difficilement pénétrable. A titre personnel, le petit décroché vocal, dont Audrey use avec Fake Messiah, est bien en retrait sur « Mechanical », ce qui est dommageable car il fait partie intégrante de la personnalité vocale de celle-ci.

« Mechanical » n’est pas un album « easy listening », il ne se laisse pas apprivoiser facilement. Il faudra de multiples écoutes assidues pour pouvoir pénétrer son antre et l’apprécier. « Mechanical » est un premier effort plus que sympathique, puissant et massif, interprété par des musiciens talentueux mais qui offre encore une bonne marge de progression pour l’avenir.

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