Putrid Offal, comme un nom sorti du formol après vingt ans de sommeil, une entité qui rappelle vaguement des souvenirs, au même titre que les
Catacomb,
Krhoma Death ou
Disabled, ayant laissé leur empreinte dans la scène hexagonale avant de disparaître, victime de la lassitude ou du Black
Metal nordique ayant porté un coup presque fatal au Death…
Ainsi après presque deux décennies de silence,
Putrid Offal ressort le scalpel en 2013 et se met de nouveau à inciser, découper, trancher, saigner et amputer. Nicolas Williart le boss de Kaotoxin Records étant fan du combo, c’est tout naturellement qu’aboutie la signature sur le label nordiste, et presque vingt cinq ans après ses débuts, le groupe de Franck Peiffer sort enfin son premier full lenght intitulé
Mature Necropsy (2015), un judicieux clin d’œil simultanément à l’ancienneté du combo et à un de leurs vieux split de l’époque.
Carcass clone est un métier en vogue (quoi que bien concurrencé ces dernières années par la recrudescence des
Bolt Thrower,
Entombed,
Autopsy ou
Asphyx clones), et tous sont loin d’être dans la première division des
Dead Infection,
General Surgery ou Exhumed, fort heureusement
Putrid Offal évolue dans le haut du panier lui aussi.
On avait déjà eu un aperçu du potentiel avec l’EP
Suffering lâché en guise de ballon d’essai quelques mois plus tôt, mais ce
Mature Necropsy est encore plus impressionnant que prévu.
Purulent Cold déblaye d’entrée de jeu le terrain à coups de riffs carcassiens, et de blast beat à la
Desecration (UK), le tout orchestré par le chant profond de Franck (bien épaulé par les backings criardes spécifiques).
Garroting Way en revanche, montre quelques surprises dès le deuxième morceau de l’album, notamment des parties de chant s’apparentant à des chants religieux / grégoriens (désolé, vous me pardonnerez, je ne suis pas un spécialiste du genre) et le pire c’est que l’intégration de cet élément dans le titre est parfaite !
Autre avantage chez nos Death / Grindeux du Nord : ils ne se contentent pas d’essayer de reproduire bêtement le son de
Carcass d’il y a vingt cinq ans, mais profitent de la technologie actuelle d’enregistrement pour balancer un putain de son massif, à l’image des full lenght de
General Surgery qui ont une production plus proche de
Deranged que de Symphony of
Sickness. Gros travail donc au Psykron studio, effectué notamment par Phil Reinhalter (guitariste du groupe) en personne. Autre point fort (j’ai beau cherché, je ne trouve que ça sur ce disque) : la programmation batterie aux petits oignons, les boites à rythmes pourries des années 90, c’est terminé…
Les Putrid s’offrent aussi un guest de luxe en la personne de Stéphane Buriez (
Loudblast) qui vient poser du chant sur quelques titre, dont le terrassant From
Plasma to
Embalmed. Malgré un ensemble compact et dévastateur, le côté « fun » n’est pas oublié, avec à la fin deux reprises de SOD et
Nerve, ce dernier reprend d’ailleurs quasiment le riff de Walk this Way (
Aerosmith / Run DMC).
Si l’artwork est plutôt convenu avec cette incision béante sur la pochette, il est cependant adapté au concept, et le double digipack est quand même sacrément chiadé, avec en bonus des vieux titres de l’époque remasterisés, dont ceux du fameux split avec Exulceration.
Quoi qu’il en soit,
Putrid Offal nous offre un retour réussi au plus haut point, proposant un Grind / Death furieux n’ayant rien à envier aux meilleures périodes de
General Surgery ou
Desecration, avec de surcroît une identité affirmée, clef pour sortir du lot des multiples suiveurs.
BG
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