Décidément, la scène thrash Italienne fait parler d'elle comme jamais. Après les convaincants
Game Over, ou les petits gars de
National Suicide, Alcoholizer ou
Torment, plus remarquables par leur capacité à délivrer un thrash metal d'école efficace, que par leur capacité à se forger une réelle identité, nos Ritals rattrapent leur retard des 80's. On dit que l'italien est truqueur. Au foot, c'est (trop) souvent vrai. En thrash, s'il est exact que ces groupes ont encore du mal à se démarquer de leurs idoles, ils ont su sortir des albums foutrement addictifs pour qui aura pris la peine de les écouter au-delà de quelques clics sur un site quelconque.
Voici venir
Violentor directement de Toscane avec son troisième album,
Maniacs. Tourant de manière assez intense aux quatre coins de l'Europe, le trio propose un thrash sauvage, cru et assez axé sur des rythmiques au fort parfum Motörhead version Mach2,
Violent Force ou vieux Sodom. Cru dans son approche, parfois teinté d'odeurs
Celtic Frost/
Hellhammer, jusque dans les vocaux saupoudrés de "uh" caractéristiques,
Violentor sait agrémenter son disque de breaks à la basse convaincants ("
Maniacs"). Ajoutez un soupçon d'esprit Punk, et vous aurez une définition assez juste du style de thrash proposé par le groupe.
Ne dédaignant pas lorgner du côté de
Venom ("Italian
Bastards") ou de
Bulldozer (des compatriotes avec qui ils partagent souvent l'affiche),
Violentor se la joue méchant (citons les blasts sur "Schizophrenic Paranoid", le départ d'un "
Tormented" au break jouissif, ou "
Power Of
Lust" et son côté frénétique plaisant juste avant un break tout droit sorti de
Morbid Tales -
Celtic Frost). Les vocaux de Cane, sorte de gros minet vociférant les paroles sont à l'avenant, sont déclamées plus que hurlées, à la façon d'un Lemmy.
Pas de composition plus mémorable qu'une autre tout au long du disque,
Maniacs s'apprécie plus d'une traite, pour le thrasher avide d'un thrash assez primaire, agressif comme il faut, mais ne lorgnant jamais vers le thrash teinté de fureur black. Comme
Violentor sait finir ses albums, (le final "Cunts Must
Die", et sa basse vrombissante, touche au but sans trop s'emmêler les pinceaux, riff implacable compris), ça s'écoute sans déplaisir aucun.
On ressort des écoutes de ce troisième album de
Violentor ni chaud ni froid, content d'avoir découvert un groupe de plus dans la botte doté d'une énergie palpable et bienvenue, intègre et bien fichu, mais nullement exceptionnel. Un bon élève de plus dans ce style "raw", qu'on imagine mal dépasser réellement la frontière entre bon groupe et réel espoir, pas prise de tête, et qui s'oubliera assez vite, dans une veine que
Toxic Holocaust a su populariser de manière plus intense.
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