Si le proverbe "plus c'est long, plus c'est bon" devait correspondre à un groupe, ce serait peut être bien
Lycanthrophy, groupe powerviolence de son état. En effet, formé en 1998 en République Tchèque, le groupe, après un nombre incalculable de splits et des tournées avec notamment Joe Pesci ou leurs compatriotes de
Malignant Tumour et
Dickless Tracy, aura dû attendre 2010, soit douze ans après la constitution du groupe, pour sortir son premier full-lenght, éponyme, initialement pressé sous forme de lp chez divers labels(
Insane Society Records ou Noise
Attack entre autres) puis réedité en 2011 en cd chez les français de
Bones Brigade.
Officiant dans un registre powerviolence, les tchèques présentent la particularité (quoique) d'avoir trois vocalistes dont une femme au chant principal, un peu à l'instar de Nausea ou de Straight Edge Kegger et sa chanteuse survoltée, Meg. Inutile ici de s'attendre à énormément de complications, les tchèques envoyant leur powerviolence sur des schémas usés jusqu'à la corde ; morceaux hyper compacts, successions de blasts furax et hurlements de hystérique saturés au maximum.
Néanmoins
Lycanthrophy a le mérite de réaliser un grind carré de chez carré, en témoigne la folle dextérité d'Ondra, multipliant les breaks dévastateurs et autres blast beats d'une infinie précision, qui, après une écoute prolongée, rend très vite épiléptique tant son jeu est diversifié et subtil en nuances. Le groupe ne laisse pas l'auditeur s'ennuyer, variant entre les phases supersoniques et les passages mid tempo thrashy aplatissants à l'image des terribles Ironbound et Neverending Frustration. De plus l'alternance des chants masculins et féminins apporte encore une touche de diversité supplémentaire.
A ce titre, la voix de Zdisha, la vocaliste, sorte de Phil Vane (
Extreme Noise Terror, rip) au féminin, mérite à elle seule le déplacement. Hurlant à en perdre la voix sur quasiment chacun des morceaux, elle n'a nullement à rougir de la comparaison avec ses homologues masculins, qui d'ailleurs ne font que gentiment l'accompagner sur cette galette, restant sagement en retrait la plupart du temps si ce n'est pour quelques lignes, growls et éructations hardcore bien sentis. Son cri sur The
Mask Of Arrogance étant tout simplement terrifiant.
Girl Powaaa!!!
Sur des riffs à la fois écrasants et entraînants, une batterie monstrueuse de précision et de changements,
Lycanthrophy déballe son powerviolence épuré et déboite l'auditeur à coup de blast beats explosifs et de grattes massives, le tout entrecoupé de quelques courts passages de basse bien saturée des plus efficaces, nous laissant ainsi reprendre notre souffle dans cette furia absolue. Tout cela sur une production remarquable, tout à fait équilibrée, reconstituant pleinement la brutalité de cet opus. Ce qui change un peu des prod' moisies auxquelles le genre nous a souvent habitué.
Enregistré au Studio
Shaark, Bzenec, République Tchèque, finalement pour le compte des français de
Bones Brigade(pour la version cd. Chanceux sont ceux qui ont réussi à attraper les versions lp initiales) aidé d'une cover assez réussie au message limpide, même si pas très finaude, signée Jeff "metal" Sayers (rip 77/11),
Lycanthrophy signe en vingt titres ne dépassant jamais les 2 minutes, intercalés de manière judicieuse, un album de powerviolence, qui sans marquer les esprits de manière irrémédiable, saura en satisfaire plus d'un.
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