Lutomysl

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18/20
Nom du groupe Lutomysl
Nom de l'album Lutomysl
Type Album
Date de parution 11 Décembre 2010
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1. Absurdity of Being 05:54
2. When the Enemy Is Vanquished… 06:15
3. Deathly Silence 06:51
4. Lucifer’s Light 06:13
5. The Prison of Weakness 08:14
6. Guide My Way! 07:59
7. Homo Vulgaris 06:55
8. Le Reniement de Saint Pierre 09:45
9. In Lux Aeternus 03:48
Total playing time 1:01:54

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Lutomysl


Chronique @ enthwane

16 Décembre 2010

Art mélancolique de très haute volée.

L'Ukraine est définitivement un pays très fertile en terme de Black Metal. Plus besoin de présenter les géants qui composent cette scène, de Drudkh à Astrofaes en passant par Hate Forest. Et parmi ces géants, n'oublions pas de citer Lutomysl, groupe qui commence déjà à dater. Ayant sorti leur première démo en 1999, qui s'illustrait dans la droite lignée d'un Black Metal classique et calibré, et leur dernier album il y a deux ans, le projet solo de l'homme du même nom n'a cessé de s'affranchir des codes trop fermés du style, au fil des albums.

Après "De Profundis", qui avait marqué bien des esprits de par les concepts tissés et la qualité du contenu, Lutomysl revient avec un nouvel opus éponyme. Choix de sobriété ? Peut-être, si l'on prend en compte que le bonhomme a également quitté l'écurie du gentil nazi Alex Kurtagic (Supernal Music, pour ceux du fond qui viennent d'arriver) pour Nihilward, tout jeune label qui, apparemment, peine un peu à percer (c.f. son site internet).

Quoiqu'il en soit, ce nouvel album de Lutomysl brille par sa simplicité. Il est à l'image de "Handful of Stars" de Drudkh : Oui, à l'écoute de ces deux disques, la comparaison est inévitable. Les deux groupes se sont considèrablement radoucis au profit d'une musique plus encline à la poésie, à la diminution significative du nombre de blasts, respirant la tristesse.

Premièrement, "Lutomysl" se démarque de ses prédécesseurs par sa pochette. Quid des forêts ou des idoles chrétiennes des précédents méfaits ? Non, rien de cela. Une cover très léchée, qui en surprendra plus d'un. A mi-chemin entre un style presque cartoonesque et profane, elle force à l'interrogation. Premier bon point pour cette galette, donc - rares sont les pochettes qui parviennent à s'affranchir des clichés, qui, décidément, ont la peau dure.

Deuxièmement, la production est bien plus soignée que sur les précédents travaux (certes, ce n'était pas bien dur de faire mieux, mais bon). La guitare n'est plus aussi grésillante, et la batterie est bien plus audible - dieu merci, cette production faisait parfois franchement défaut à "De Profundis". La voix du frontman est également moins criarde, moins démente, bien qu'elle reste toujours aussi puissante et abrasive.

Les compositions restent très bien construites, parvenant à ne pas lasser l'auditeur outre-mesure. Mention spéciale au premier titre de l'album, "Absurdity of Being" et à "Lucifer's Light", dont les riffs déconstruits et dysrythmiques apportent une fraîcheur bienvenue à l'auditeur, qui sera balloté, durant plus d'une heure, dans l'univers de Lutomysl. Le frontman confirme, à travers ce disque, que son talent de guitariste n'est plus à démontrer, parvenant à utiliser une palette de jeu très variée, pour le plus grand bonheur de chacun. Rassurons de suite les plus brutaux d'entre vous, les blast-beats sont toujours de la partie : le titre "Homo Vulgaris" regorge de plans de batterie délicieux.

"Le Reniement de Saint-Pierre", titre le plus long de l'album, méritait bien un paragraphe à lui tout seul. Titre en français - mais chant toujours en Ukrainien - pour une partie instrumentale déchaînée, alternant passages de batterie mortellement enragés et plans beaucoup plus lourds, au profit de guitares plaintives, égrainant sans relâche des riffs sans aucune pitié. De loin l'une des meilleures pièce de cet album, malgré quelques passages un peu redondants.

Il faudra plusieurs écoutes, cependant, pour pouvoir déceler toutes les richesses contenues dans ce disque. La durée de ce dernier en rebutera plus d'un, chose que je comprends tout à fait - j'ai moi-même eu peur de trouver le temps long. Finalement, il n'en était rien. Car, hormis quelques longueurs (comme sur le titre "Le Reniement de Saint-Pierre", justement) qui restent heureusement assez rares, Lutomysl est un disque dont l'écoute est fluide et très plaisante, jusqu'au titre final, véritable apothéose de technicité - une pièce qui me file encore des frissons.

"Lutomysl" est un disque définitivement surprenant. Utilisant l'art noir pour véhiculer une poésie unique en son genre, l'Ukrainien parvient à faire voyager l'auditeur dans l'univers qui est le sien, et même à le pousser à appuyer sur "repeat" une fois la première écoute terminée. Je ne parviens pas à me lasser de ce disque, même après une vingtaine d'écoutes attentives. Chacune est une véritable redécouverte. Et ceci reste suffisament rare pour qu'on le souligne. Un album d'exception, pour un groupe au sommet de son art.

4 Commentaires

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ForetsBretonnes - 16 Décembre 2010: Que dire.... je suis moi-même un gourmand de Black metal ukrainien ! avec les tenants du titre Drudkh ! et autres oeuvres de Saenko. Tu me fais découvrir un groupe de plus, et vu comment tu nous le décris ; je ne vais pas tarder a me le procurer ! merci beaucoup !
Krypt - 16 Décembre 2010: Belle découverte, une chronique qui donne envie! Bonne année pour le Black ukrainien, si l'on pense au dernier Drudkh et au nouveau Khors sorti il y a deux jours (14 décembre).
Petit clin d'œil à la pochette qui pourrait presque faire penser à celle d'un groupe de Stoner.
HeadCrush - 18 Décembre 2010: Belle chronique Entwane, je suis venu au Black Russe via Blood of Kingu. Je vais tâcher de trouver cet album.
Pipotron3000 - 05 Janvier 2011: Vous pouvez trouver quelques titres sur Youtube, pour avoir une idée ;)
Je ne suis pas fan de black métal en général, mais là, je fait une exception.
Le côté dépressif, la voix, la production (qui est écoutable cette fois-ci), la puissance qui se dégage...je suis preneur ;)
Moi aussi, je dit merci pour cette chronique de découverte :D
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