Lucifer: Annihilated

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Nom du groupe Azhirock
Nom de l'album Lucifer: Annihilated
Type Album
Date de parution 02 Décembre 2010
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Annihilated Lucifer
2. Run Like Hell
3. Unnecessarily Alive
4. Curse of Sheeva
5. Shadow of Faith
6. Parade of Animality
7. Things You've Done
8. There Will Come the Night

Chronique @ Matai

04 Juillet 2011

Fort, intense, métissé et émouvant

Nous sommes en Iran, dans un pays où le metal est plus qu’underground. Considéré comme un énorme péché, il est toutefois difficile de s’exprimer ou d’enregistrer quoique ce soit, même si jouer ce genre de musique n’est pas puni… Malgré tout, le bassiste et chanteur Babak Farrokhi fonda le groupe en 2005 en exerçant dans un style plus hard rock aux côté de Norik Misakian, l’un des plus grands joueurs de guitare électrique en Iran. Un an plus tard, Babak se décida à faire quelque chose de plus extrême, en compagnie de membres dont le guitariste Soheil Olfat, un des étudiants de Norik. 2006 vit la sortie de leur première démo nommée « Sacred Inferno » avant que ne sorte en 2010 leur premier album, « Lucifer : Annihilated » signé chez Bamahang Productions. A cette époque composé de trois membres, Azhirock naquit…

« …There Will Come the Night, above the Liberty Hill
There is no pain, no sorrow, even no bad feeling
There will come the Darkness, into the Mystic village
It’s time for, killing, spreading Rage…”

« Lucifer : Annihilated » n’est qu’autre qu’un album fort et intense, délivrant un réel message de paix, d’amour et d’amitié, hors des ténèbres et des guerres incessantes qui ont fait et qui font encore rage dans le monde. Babak Farrokhi et sa troupe, un peu à la manière d’un Orphaned Land iranien (à l'époque de "Sahara"), officient dans un metal progressif teinté d’éléments death, sans non plus être violent ou hyper speed. Le trio prône la douceur, même si des titres sont plus rapides ou plus acérés, mais mise avant tout sur une certaine technique et sur l’émotion.

Le livret couleur sable n’est que la première étape du voyage dans le désert iranien, du parcours émotionnel d’un groupe en devenir. Azhirock nous livre un opus charnel et personnel, loin, très loin de ce qu’on a l’habitude d’entendre ces temps-ci…Car on se retrouve avec un metal death plutôt métissé, aux nombreuses influences. Le premier morceau « Annihilated Lucifer » nous met directement sur la voix avec son intro orientale, ses riffings acérés et syncopés, ses touches de claviers à la limite de l’electro, son chant guttural grave et son chant clair à la voix entre le rauque et le cassé. Mais ce titre n’est que le début d’une aventure pas si sombre que ça, car comme le titre l’indique, (Lucifer étant souvent représenté comme Satan alors que ce n’est que l’archange porteur de la lumière !), la destruction du mal a commencé…

Après cette introduction on ne peut plus tranchante, nous nous retrouvons avec un second morceau différent et davantage thrashy, avec un chant clair et des chœurs féminins arabisants et mystérieux. Rythme dynamique et très entraînant, rien à voir avec le premier titre, mais que de plaisir à son écoute tant il est groovy.

Et c’est ce qui fait sans doute la force de cet album d’Azhirock : la diversité des morceaux. Aucun ne se ressemble, tous ont leur petit quelque chose, leur propre identité, si bien que les iraniens semblent intégrer une émotion en particulier dans chaque chanson, sans oublier leurs origines…comme tout groupe d’oriental metal, le trio intègre avec brio des sonorités orientales et très arabisantes, à la manière des riffs et solos de « Necessarily Alive » ou de « Shadow of Faith ». « Curse of Sheeva » pousse l’aspect oriental à son paroxysme, puisque tous les instruments sont employés de telle sorte que cela sonne aussi bien arabisant que mystique. Basse en fil conducteur, riffs lourds mais typiques, mais surtout, les parties claviers de Farshad Hesami nous mettent encore plus dans le bain : exotiques, chaleureux et arabico-symphoniques. Le rendu est quelque peu mythologique (Sheeva, « Shiva » étant le dieu indou de la destruction), mais aussi magique comme lors du break de milieu de morceau, tout simplement enivrant.

En terme de violence, « Shadow of Faith » ou « Parade of Animality » vont jusqu’au bout, sans non plus tomber dans le death brutal, mais l’enchaînement des riffs et des vocaux restent tout de même assez rentre dedans. A contrario, « There Will Come the Night » reste la ballade/berceuse de l’album tant elle est calme et sereine. Ode à la paix et à la lumière, ce titre est le plus émotif et le plus suave, avec un Babak en forme qui nous gratifie d’une voix à la limite du murmure, jusqu’au solo magique, jusqu’à l’arrivée des claviers, jusqu’à un chant clair ultra maîtrisé, et jusqu’à la déflagration orientale finale, gros riffs et grosses voix en tête. Le comble du progressif sur cet opus.

On remarquera aussi cette voix, le charisme du chanteur Babak Farrokhi, qui, sans non plus en faire des tonnes, arrive à alterner chant guttural et chant clair, d’une simplicité déconcertante, mais en plus, avec une émotion sans pareille. Même si son growl n’est pas non plus un des plus exceptionnels, la voix claire, par contre, l’est totalement. Si elle n’est pas rauque/cassée ou murmurée, elle est très suave voire angélique sur « Things You’ve Done » ou sur le futur excellent single, « That Someone Is Me ».

En clair, Azhirock est la révélation iranienne à découvrir, surtout quand on entend le rendu sur ce tout premier opus, excellemment produit et masterisé. Des portes leur sont certainement ouvertes, d’autant plus que le groupe s’est déjà produit à l’étranger (en Arménie entre autre). Alors en attendant, jetez vous donc dans la lumière orientale, dans cette perle de metal iranien, et n’hésitez pas à écouter le morceau « That Someone Is Me » si vous avez un creux, il représente énormément tout le potentiel d’Azhirock lorsque celui-ci veut privilégier l’émotion.

4 Commentaires

8 J'aime

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Silent_Flight - 04 Juillet 2011: Purée, Iran bien, ce groupe. J'ai bien aimé Unnecessarily Alive.
Matai - 04 Juillet 2011: C'est un groupe qui vaut vraiment le coup d'oreille.
Krokodebil - 05 Juillet 2011: Alors là, tu me donnes méga envie Matai : metal orient, c'est que du bon.

Pas pour rien que des albums comme "Under Satanae" de Moonspell (oui, la version réenregistrée est mieux) ou des titres comme "Closure" ou "Atonement" d'Opeth me font triper. Je file écouter ça. Merci de ta belle chronique !
bojart - 05 Juillet 2011: très tentant que ce death progressif oriental...je vais de ce pas écouter leur métal perse. Merci.
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