Si je vous dis groupe de metal américano arménien, vous penserez sans doute à
System Of A Down et il serait difficile de vous en vouloir. Pourtant, le trio formé par Narek Avetisian (chant et guitare), Michael Semerdjian (batterie) et Gevork Matevosyan (chant et guitare) n’a pas grand-chose à voir avec la fusion neo metal moderne et déjantée de la bande à Tankian, et lorsque l’on écoute les 58 minutes de
Loyal to the Nightsky, premier album autoproduit de
Highland, on pense plus aux montagnes du Grand Nord qu’au soleil brûlant de
Los Angeles d’où est issu le combo.
En effet, dès le premier titre éponyme qui s’ouvre sur les cris du vent, une tempête de riffs tranchants et froids comme la mort s’abat sur nous et nous transperce les os, nous ramenant vingt-cinq ans en arrière en plein âge d’or du black metal. Le chant haineux, cruel et puissant semble mener cette cohorte de notes glaciales et le batteur rythme le tout avec un jeu efficace et sans fioriture très porté sur les cymbales, nous gratifiant de blasts mécaniques et extrêmement rapides qui contribuent à instaurer cette délicieuse ambiance de fin du monde essentielle à tout bon album de black.
On ne va pas se mentir,
Highland n’invente strictement rien mais le trio nous sert un excellent condensé de
True Black dans la plus pure tradition qui ravira tous les amateurs du genre : du riffing tourbillonnant et du martelage intensif très immortaliens d’un titre comme
Cycle of the
Eternal Wheel en passant par la noirceur charbonneuse au mid tempo lourd et irrésistible d’un Towards the
Absolute darkthronien à souhait, les Américains font un sans-faute, ressuscitant durant onze titres la flamme noire et sulfureuse qui embrasait l’âme et les églises de la bienpensance chrétienne dans le ciel rougeoyant de Norvège.
Si
Highland est particulièrement intense et que sa violence débridée évoque volontiers l’aura blasphématoire d’un
Immortal ou d’un
Marduk (le furieux Wallachian
Night, Set Aflame the
Path to
Zion), les Américains savent aussi proposer des moments plus calmes et mélodiques, et un morceau comme
Immortal Queen, avec son début en arpèges et son riffing lent et majestueux, n’est pas sans rappeler
Dissection. Abu Sindi parvient à faire une synthèse parfaite de l’art du trio, alternant mid tempo et parties plus enlevées en mêlant fureur vindicative et mélancolie lancinante, le tout guidé par une barbarie et un sens de la mélodie à toute épreuve.
Vous l’aurez compris
Loyal to the Nightsky est un véritable hommage à la seconde vague de black metal qui ravira tous les nostalgiques d’un art froid, rapide, haineux et guerrier. Loin de singer sans vergogne ses illustres aînés,
Highland s’approprie intelligemment les codes d’un genre usé jusqu’à la moelle et lui insuffle ce qu’il faut de passion, d’âme et de noirceur pour faire de son premier full length un très bon album même s’il ne brille pas par son originalité. Sincère, habité et sacrément intense,
Loyal to the Nightsky s'inscrit comme une nouvelle pierre d’obsidienne qui vient s’ajouter à l’autel sacré du black metal, plus de 35 ans après les fondations posées par les illustres pères sacrés à l’origine d’un mouvement musical et spirituel immortel.
"
Eternal beings
One with the dark
To fade the ember of the giant stars
Titanic figures bleed through the sky
In dead of nightfall
Dethroning the plague of light
Journey to the majestic kingdom
Wisdom of dark I now possess
Loyalty be to the skies of empty night ".
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