Lost Prayers of Those Forever Gone

Liste des groupes Doom Gothique Spell Of Enchantress Lost Prayers of Those Forever Gone
ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
15/20
Nom du groupe Spell Of Enchantress
Nom de l'album Lost Prayers of Those Forever Gone
Type Album
Date de parution 01 Décembre 2023
Style MusicalDoom Gothique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Rain
Ecouter02:49
2.
 Lost Prophecy
Ecouter06:33
3.
 Elegy of Sorrow
Ecouter06:18
4.
 Soul Keeper
Ecouter06:25
5.
 Interlude
Ecouter02:10
6.
 Spell of Enchantress
Ecouter07:21
7.
 Regrets
Ecouter07:21
8.
 My Lost Lenore
Ecouter06:12
9.
 Eternal Gesture
Ecouter06:24

Durée totale : 51:33

Acheter cet album

 buy  buy  buy  buy  buy  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Spell Of Enchantress



Chronique @ ericb4

14 Août 2024

Un premier mouvement aussi déchirant qu'empreint de délicatesse...

S'il est des formations soucieuses d'affûter leurs armes avant de se lancer dans la bataille, ce duo confondé en 2021 par la soprano et graphiste française Cathy Isot (In Spite Of Thunder) et par le pluri-instrumentiste et growler irlandais Brian ''Sermilion'' Gapur (Sermilion, Echo Of Hiroshima) serait assurément du nombre. En effet, aux fins d'un minutieux travail en studio, nos deux acolytes réaliseront leurs deux premiers singles (« Lost Prophecy » et « Elegy of Sorrow ») en 2022, suivis d'un troisième, « Spell of Enchantress », en février 2023, soit trois des neuf titres de leur introductif et présent album studio, « Lost Prayers of Those Forever Gone », sorti 10 mois plus tard. Ce faisant, quels seraient les points de force de cette auto-production pour espérer nous rallier à la cause des initiateurs de ce projet ?

Ecrites et composées dans leur entièreté par nos deux maîtres d'œuvre, les quelque 51 minutes de la galette nous plongent dans un univers doom gothique aux relents death symphonique, opératique et atmosphérique gothique, dans le sillage de Tristania, Theatre Of Tragedy, Draconian, Edenfall et Cradle Of Filth, la touche personnelle en prime ; une atmosphère à la fois énigmatique, ténébreuse, tourmentée et éthérée se dégage de cette offrande instillée d'enivrantes sentes mélodiques et de forts contrastes oratoires. Rédigées non seulement dans la langue de Shakespeare mais aussi dans celle de Molière, les paroles évoquent l'histoire singulière d'une divinité féminine effrayante évoluant dans les arcanes de la colère, de la passion et de la solitude ; en référence à la philosophie de ce propos, cette démoniaque créature hanterait le monde en quête de proies émotionnelles pour s'en nourrir, et trouver alors la rédemption en embrassant sa lumière intérieure. Une ambiance un tantinet crépusculaire que souligne une production d'ensemble de bonne facture, dont un mix bien ajusté doublé d'une saisissante profondeur de champ acoustique. De quoi piquer notre curiosité et suivre sans plus attendre nos deux compères dans leurs pérégrinations...


C'est en douceur et tout en légèreté que démarre notre croisière, à l'instar de « Rain », brève pièce instrumentale a-rythmique estampée rock'n'metal symphonique atmosphérique et progressive ; voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques et surmontée de gammes pianistiques d'une confondante délicatesse, la soyeuse entame nous installe confortablement à bord du vaisseau amiral. C'est dans une atmosphère tout aussi apaisante que nous place « Interlude », laconique et élégant instrumental symphonico-progressif aux arrangements ''nightwishiens''. En dépit de la brièveté du message délivré – laissant entrevoir de sensibles arpèges au piano ainsi qu'une saisissante densification du corps orchestral à 1:35 min, sur fond d'ondulantes rampes de claviers –, le rayonnant méfait poussera assurément à y revenir sitôt l'ultime mesure envolée. Mais, aussi majestueux soient-ils, deux arbres ne sauraient cacher à eux seuls la forêt bien longtemps...

Les notes de sérénité sus-citées se voient bien souvent contrariées par un propos mêlant volontiers souffrance, déchirement, désolation, désespoir et mélancolie. Ce qu'attestent, tout d'abord, ses passages les plus éthérés, à l'instar de « Lost Prophecy », low tempo doom death gothique et opératique aux riffs brouillasseux, à la croisée des chemins entre Theatre Of Tragedy et Draconian ; aussi tourmenté que vaporeux, cet intrigant message musical se voit relevé tant par sa mélodicité toute de fines nuances cousue que par les angéliques inflexions de la belle, alors coalisées aux growls glaçants de son acolyte. Dans cette mouvance et sur un même modus operandi, on ne saurait davantage éluder « Spell of Enchantress » eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre.

Quand la cadence du convoi instrumental se fait un poil moins mesurée, nos acolytes trouvent à nouveau les clés pour nous retenir, un peu malgré nous. Ce que prouve, en premier lieu, « Elegy of Sorrow », abyssal low tempo progressif à mi-chemin entre Draconian, Tristania et Cradle Of Filth, où le déchirement de l'âme se voit mis à l'honneur ; recelant deux poignants soli de guitare et mis en exergue par nos deux vocalistes patentés, alors en parfaite osmose, le troublant effort ne se quittera qu'à regret. Dans ce sillage, on retiendra également le souffreteux « Regrets » au regard de ses enchaînements intra-piste des plus sécurisants et d'une insoupçonnée et grisante montée en puissance du dispositif instrumental à mi-morceau. Le ''tristanien'' mid tempo « My Lost Lenore » imposera, lui, tant ses couplets finement ciselés et son entêtant refrain que ses fringants gimmicks guitaristiques, au moment où les growls caverneux dont se nourrit exclusivement le crépusculaire « Eternal Gesture », nous immergeront dans un engloutissant tourbillon aquatique.

Lorsque le rythme de leurs frappes s'intensifie d'un cran supplémentaire, nos compères parviennent à aspirer le tympan du chaland, une fois encore. Ce qu'illustre « Soul Keeper », mid/up tempo aux riffs crochetés, au carrefour entre Cradle Of Filth et Edenfall. Alternant ses phases rythmiques et ses joutes oratoires à l'envi, livrant parallèlement, et par effet de contraste, un break opportun d'obédience atmosphérique gothique, cette plage à la fois rageuse, ténébreuse et classieuse pourrait bien laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon.


On ressort de l'écoute de ce propos à la fois tourmenté, obscur et éthéré, interpellé par la capacité de nos deux maîtres d'œuvre à nous émouvoir, et ce, quelle que soit l'ambiance convoquée. Variant ses exercices de style et ses joutes oratoires à l'envi, tout en bénéficiant d'une fine plume et d'une ingénierie du son plutôt soignée, ce méfait se suit de bout en bout sans encombre. Si quelques zones de remplissage s'insinuent dans ce message musical, elles ne sauraient cependant nous désarçonner d'un essai jouissant dores et déjà d'une technicité instrumentale et vocale affirmée et de sentes mélodiques bien inspirées, une prouesse en soi dans un registre ne les appelant pas nécessairement de ses vœux. Bref, un premier mouvement aussi déchirant qu'empreint de délicatesse, que l'on espère ne constituer que les prémisses d'une aventure au long cours pour nos deux acolytes. Wait and see...

3 Commentaires

3 J'aime

Partager
MetalSonic99 - 15 Août 2024:

Bonjour Éric, je trouve toujours ça dingue de te voir dans ce registre! Pour ma part, je suis un peu compliqué dans ce style! Il faut que ça me plaise à l'oreille sinon... Ici, certaines choses me plaisent, (le chant féminin et masculin sont impeccables) et d'autres non ( le début de la chanson que tu as mis en fond de chronique est l'exemple parfait de ce qui me déplaît). Fort heureusement le reste est attractif donc je vais écouter cela (au boulot...frown surchargé pour le moment).

Comme toujours, chronique super bien ficelée! Merci à toi! J'espère que tu vas bien!laugh

ericb4 - 15 Août 2024:

Merci Jo pour cet élogieux retour et ton commentaire ! Je comprends ta perplexité face à ce choix d'album plus inhabituel qu'à l'accoutumée, mais pas si anodin que cela, in fine. En fait, les vacances sont, pour moi, l'occasion de partir à l'exploration de styles et/ou de sonorités qui me sont un peu moins familières, histoire de sortir un peu de ma zone de confort et d'élargir par là même le champ de mes compétences. Mais pour pouvoir chroniquer dans ces conditions là, il faut également que le style en question me soit tout de même connu et que le propos développé par le groupe me plaise, ce qui est le cas ici.

Cela dit, le rock/metal gothique fait partie des styles que j'écoutais plus volontiers il y a quelques années maintenant, même si la fibre doom se faisait plus discrète. Concernant cet album, j'ai été sensible aussi bien aux prestations des deux vocalistes et à la finesse de leurs mélodies qu'à la thématique convoquée et à leur jeu d'écriture (l'alternance français et anglais apporte cette petite touche d'originalité qui, selon moi, en fait sa particularité). J'ai également apprécié les petites touches opératiques, atmosphériques et symphoniques inscrites dans la trame de cette offrande à la fois tourmentée et sombre. Dans l'attente à peine voilée d'un second album studio de ce duo de talent!... 

CathyIsot - 15 Août 2024:

Bonjour!

C'est avec une grande surprise et beaucoup de joie que je lis votre très bonne chronique de notre premier album Lost Prayers Of Those Forever Gone!

Une analyse détaillée très intéressante qui nous confirme dans nos choix artistiques. 
Nous avons débuté le travail sur le deuxième album, on espère qu'il vous plaira encore plus!

En vous remerciant

Cathy Isot

 

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Spell Of Enchantress