Admortem symbolise l’état du Death
Metal français au début des années 2000, les temps glorieux des
Loudblast,
Agressor ou
Massacra étant révolus. Incapables d’intéresser les gros labels étrangers, les combos hexagonaux sont forcés de s’organiser au niveau national pour exister, avec notamment
Criminal Records (
Imperial Sodomy,
Devilium). Adipocere participe aussi à aider certains groupes du pays à sortir des disques, mais visiblement ne fournit pas le budget nécessaire à un enregistrement studio pro. En effet la production de
Living Through Blood (2001) manque singulièrement de puissance, et c’est d’autant plus dommage que certaines idées sont bonnes niveau composition, comme par exemple le morceau Underground alternant passages lourds, riffs brise nuque et accélérations meurtrières.
Nous passerons rapidement sur le livret minimaliste qui prouve que le budget ne devait pas qu’être serré pour les prises de son : rien de mieux pour ringardiser une scène franchouillarde déjà insignifiante face au renouveau Death
Metal symbolisé par les surpuissants américains comme
Nile,
Hate Eternal ou
Angelcorpse.
Comme dit précédemment, c’est une impression de gâchis qui prédomine, car avec des plus gros moyens, la musique de
Admortem aurait pu avoir un tout autre impact,
Monstrosity le titre d’ouverture rappelle à s’y méprendre Butchered at Birth de
Cannibal Corpse,
Yersinia Pestis assène quant à lui un Death / Thrash technique assez savoureux façon
Carcariass /
Atheist. Mais Avoir
Barney et Mitch Harris en guest pour quelques hurlements ne suffit pas à rendre un album inoubliable…
Cette galette est malgré tout un bon disque de Death brutal, mais avec une production qui handicape son efficacité, la guitare notamment manque particulièrement de force, un album au son de démo en somme. Dans tous les cas c’est lorsque
Admortem se montre le plus extrême qu’il est le plus efficace, comme sur le furieux Severly Mentally Retarded qui comporte des plans guitares extrêmement véloces et précis que ne renieraient pas les suédois de
Anata, ou The Plastisurgist pas si éloigné d’un
Napalm Death.
Living Through Blood est le meilleur exemple d’un talent gâché par plusieurs facteurs récurrents : le désintérêt des labels mondiaux, le manque d’ambition des labels nationaux et leur crainte de miser gros sur les groupes de leur propre pays. Et oui camarade ! Les polonais de
Vader, raillés gentiment au début des années 90’s pour leurs moyens artisanaux, s’étaient déjà faits une place de choix entraînant
Decapitated et
Behemoth dans son sillage, alors que les français pataugeaient encore dans la boue de leur kolkhoze.
BG
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire