Live 84 - 87

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Nom du groupe High Power
Nom de l'album Live 84 - 87
Type Live
Date de parution 1999
Labels Brennus Music
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album17

Tracklist

1. Avocat
2. Sous l'Oeil du Cobra
3. Heavy Rock
4. Rebelle
5. Instrumental
6. Medley (Les Violons de Satan / Par le Sang et l'Acier / Comme un Damné)
7. Le Rescapé
8. L'Ange Au Regard Noir
9. Offrande Charnelle
Bonustracks
10. Heavy Rock
11. Sous l'Oeil du Cobra
12. Rebelle

Chronique @ @rnaud

20 Janvier 2009
Je ne sais pas quels sont tes ressentis à toi, lorsque tu t'apprêtes à écouter un album "Live", mais pour ma part deux angoisses m'étreignent, systématiquement :

- Ledit album est tellement overdubbé que la version cd à laquelle on aurait ajouté une sample du public laisserait la même impression.

- Ledit album possède un son tellement abject qu'un dictaphone posé au fond des toilettes (sales) laisserait la même impression.

Concernant ce live 84/87, soufflons car ni l'une, ni l'autre ne viennent gâcher la fête.

Certes, le son est franchement moyen (mixage inexistant, guitare soliste surexposée) mais il respire la vérité. Il faut savoir que seules de vieilles cassettes ont pu être exhumées pour fabriquer cet album et que l'on pouvait difficilement s'attendre à mieux. Ultime témoignage d'un groupe trop tôt disparu, on touche du doigt l'essence même d'High Power : un groupe qui cogne, un chanteur qui s'époumone avec conviction en même temps qu'un public tout acquis à sa cause et cette sensation qu'on est presque au milieu des gens.

D'accord, le tracklisting est plutôt juste : 9 titres accompagnés de 3 versions studios nous laissent quelque peu sur notre faim. Mais alors quelle bombe ! Réputé pour ses prestations scéniques très bien préparées et bourrés d'énergie, le groupe Bordelais fait ici honneur à ses lettres de noblesse.

En grande forme, High Power livre toute son énergie, donne tout ce qu'il a et l'envie d'en découdre est presque palpable. Nettement plus heavy qu'en version studio, la passion de jouer s'entend à chaque morceau.

Et dire que les musiciens ont un niveau honorable relève de l'euphémisme. Malgré une musique moins démonstrative que certains de ses collègues de l'époque, c'est sans avoir à rougir que déboulent les soli et les tempos enlevés. Avec un son brut de décoffrage ça ne trompe pas, et cet album est là pour prouver si besoin était que le paysage musical de l'époque comptait en ses rangs un représentant de poids.

High Power avait du relief et de la dimension, et si ses musiciens faisaient preuve d'un manque total de suffisance, ils n'en étaient pas moins pétris d'ambition. En témoigne cet instrumental faisant la part belle aux solos de guitare et de batterie, pratique peu courante en France, surtout à l'époque.

Un regret cependant : malgré l'idée louable du medley "Les Violons de Satan / Par le sang et l'acier / Comme un damné", chacun de ces titres auraient, à mon humble avis, eu droit à leur version intégrale, d'autant que l'enchaînement des titres n'est pas des plus heureux.

On notera la présence du titre inédit "Rescapé", dans la lignée de "Rebelle" avec sa double grosse caisse omniprésente. L'ode lyrique "Offrande charnelle" garde ce côté grandiloquent qu'elle aurait pu facilement perdre à l'épreuve de la scène.

Qu'importe les petits défauts de ce disque, Patrick Malbos assume parfaitement son rôle de frontman, tutoyant un public qui le lui rend bien, hurlant de joie à chaque sollicitation, d'autant que le chanteur ne ménage pas ses efforts ni sa voix. Pas d'épicerie contrairement à beaucoup : il donne sans compter et une fois de plus ses émotions et sa passion sont palpables. Il nous manque à l'écoute de ce brûlot, et qui sait à quoi aurait ressemblé un prochain album du groupe ou une éventuelle reformation....

Parce qu'en France, les groupes de l'époque ont du batailler avec un public qui a aujourd'hui 20 ans de retard.

Parce qu'en France, on devait souvent aller signer au sein d'une maison de disque étrangère qui redistribuait (mal) les albums dans notre propre pays.

Parce qu'en France, les plus grands groupes jouaient parfois devant 20 personnes.

Parce qu'en France, on n'avait pas les moyens d'avoir une production à la hauteur.

Parce qu'en France, on y croyait, jouant avec les tripes et le coeur, donnant en nature ce que l'on ne pouvait offrir autrement.

Parce qu'en France, on avait des groupes avec un réel talent, des musiciens pleins de potentiels, de vrais chanteur qui auraient rivalisé sans peine avec leurs homologues outre-Atlantique.

Parce qu'en France, on a su les décourager et les pousser à l'abandon.

Parce qu'aujourd'hui, on regrette et qu'on aimerait retrouver ce supplément d'âme.

Parce qu'en France, on avait High Power.

3 Commentaires

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GLADIATOR - 20 Janvier 2009: Ta chronique , on sent que c'est du "vécu" . J'en ressens chaque mot , chaque phrase . Tout est malheureusement juste ( je me souviens très bien de cette période ) Nombre de groupes ont sombré à cette époque . 20/20 pour une chronique "vraie de vraie" !

Merci @rnaud . Glad.

@rnaud - 20 Janvier 2009: Merci à toi pour ce commentaire. Que de gâchis....Heureusement restent les disques, et la joie à les (ré)écouter.

Bon nombre de fois je ressens de grandes choses à l'écoute de ces albums, et naïf ou pas, c'est là ce que je leur demande...

A très bientôt.

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