Lion and Tiger

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14/20
Nom du groupe Fire Strike
Nom de l'album Lion and Tiger
Type EP
Date de parution 2013
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1. Night Fever 04:46
2. Streets of Fire 05:43
3. True As a Dream 04:43
4. Master of the Seas 05:53
5. Lion and Tiger 03:58
Total playing time 25:03

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Fire Strike


Chronique @ AlonewithL

11 Octobre 2014

Des petites griffes dans une patte de velours.

Des pochettes comme celle-là on en voudrait décidément tout le temps. C’est vrai que celle du premier EP de « Fire Strike » pète à l’œil avec cette magicienne enflammée et ces fauves de chaque côté. Un lion et un tigre, les deux animaux consacrés sur le premier mini de ce groupe brésilien dont personne n’avait jusque-là entendu parler. Le natif de Sao Paulo, « Fire Strike », originellement dénommé « Hole Of Hell » entre 2002 et 2005, fait partie de cette vague de heavy revival à chanteuse, qui gagne de nombreux pays sur le vaste continent américain, mais également en Europe. Leur Ep arrive ainsi tardivement après plusieurs années d’activité, en 2013. Peut-être est-ce là le temps qui leur a été nécessaire pour murir. « Lion and Tiger » ; des petites griffes dans une patte de velours.

« Night Fever » ouvre l’Ep dans une énergie et un riffing typique de ce qu’avait offert la période NWOBHM. La qualité de production est moyenne, mais rend étrangement bien le son de la période bénie des Dieux des années 80. Une fois passé le constat que ce groupe s’emploie dans un bon heavy metal tout ce qu’il y a de plus traditionnel, bien relevé dirons-nous. Ça se montre parfois un poil poussif, même si c’est globalement inspiré et enthousiaste, rappelant en quelque sorte, les premiers jets d’un « White Wizzard » par exemple. La maladresse, toute légère, avait un charme chez les ricains qui n’opère plus désormais. En revenant à « Fire Strike » cette fois, un élément va choquer et demandera un véritable effort d’assimilation de la part de l’auditeur. Il s’agit là du chant d’Aline Nunes. Rarement nous pourrons entendre un chant aussi aigue sur un disque de heavy revival. Pourtant il y a de la concurrence dans le domaine. Bien que fidèle aux codes de ce heavy trad’ marqué par des influences britanniques, il faut reconnaître que c’est excessif et demande beaucoup de recul pour en apprécier l’effort. Car oui, Aline s’y donne à fond et sans anicroche.

On cerne sans difficulté la liaison entre « Fire Strike » et la NWOBHM quand on prend le cas du morceau « True as a Dream », ne s’illustrant pourtant pas dans une composition basique et prévisible. Les mélodies sont fuyantes et impétueuses, mais on reste accoudé à l’esprit de l’époque. Tout la trahie, que ce soit les intonations de la chanteuse (qui est placée un peu plus en retrait), les riffs salvés, mais aussi les duels de guitares entre Helywild et Enrique. Des duels souvent répétés qui fournissent des arguments de choc en faveur de cette jeune formation. Mais parfois aussi la fougue, la technique paraissent trop justes pour transcender un titre et conquérir l’auditeur. « Master of the Seas » souffre d’airs maladroits, répétitifs, aussi d’une batterie plate et linéaire. Seul le duo de guitares maintient l’ensemble vers le haut, essentiellement sur sa seconde partie, où ils ont l’occasion de pleinement communiquer entre elles et de s’adonner à des riffs entêtants.

Même le titre phare « Lion and Tiger » ne nous convainc au final qu’à moitié, encore à cause de la passivité de la batterie et de sonorités un peu plus brouillonnes qui l’accompagnent tout le long. On s’accommode curieusement ici des poussées aiguës de la chanteuse. La force de ce morceau, de structure classique, provient d’ailleurs en grande partie de la fermeté affichée par Aline. « Streets of Fire » s’annonce en son entame tout aussi palpitant par la puissance des coups affichés et le chant plus tranchant. L’impact est réel, mais manquerait encore un peu de finesse sur les premières minutes pour que l’expérience devienne réellement enrichissante. Tout juste pourrons-nous explorer sans amertume la phase instrumentale du milieu de piste et les puissants râles qu’offre Aline en toute réponse.

Notre cœur balance et tangue pour « Fire Strike » et leur premier cinq titres. On ne sait pas trop s’il faut le saluer ou le dénigrer. Le dilemme dont on peut être sujet est tout à fait curieux. Disons que la formation brésilienne avance des arguments de poids qui peinent néanmoins à nous séduire. D’accord, on sait que techniquement l’équipe se montre irréprochable. Du moins, pourrait-on en redire de la part du batteur. La chanteuse a un chant inédit, racé, décapant, trop décapant tout compte fait. En vérité, c’est perlé de détails malencontreux qui peuvent dissuader l’écoute, bien que l’on sente avoir affaire à une équipe brillante qui demande à être révélée et à s’enflammer. Lion de savane ou lion de cirque, l’avenir déterminera lequel des deux. A moins de lire dans une boule de cristal, personne ne sait ce que pourrait devenir « Fire Strike ».

13/20

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