Déjà vingt ans d’ancienneté pour
Ninth Circle, qui n’a jamais suscité un quelconque intérêt. Faute à une promotion quasi inexistante, les deux premiers efforts étaient passés inaperçus. Comme c’est le cas pour une grande partie des jeunes formations, le groupe avait trouvé porte close dans sa quête de label. Quand aux albums en eux-mêmes, ils n’avaient que peu de personnalité, chose regrettable dans un domaine aussi couvert que le heavy mélodique.
Aujourd’hui, la situation a considérablement évolué. L’eau a coulé sous les ponts et les circonstances sont avantageuses dans le contexte de la sortie de «
Legions of the Brave ». Les américains ont signé chez
Pure Rock Records, antenne de
Pure Steel Records. Après six ans d’attente,
Ninth Circle ne lésine pas sur la quantité et livre un album conséquent. Reste à ce que le contenu soit à la hauteur !
Les hostilités commencent après une courte introduction, plaisante et accrocheuse. Les premiers titres s’inscrivent dans un heavy mélodique très marqué. On remarque d’emblée l’importance accordée aux claviers, tout comme leur son cristallin qui donne un aspect lisse et harmonieux aux compositions, tout de même parsemées de riffs de guitare plus épais. L’ensemble est dynamique, efficace et plaisant, à l’image d’un « After The
Rain » aux accents symphoniques. La facette technique, si elle n’est pas directement perceptible, n’est pas négligée. On la retrouve dans les soli de « Living on the Sun » comme dans les envolées de basse et de guitare de « The Quickening ». Le titre éponyme est quant à lui plus contrasté, aussi bien dans les atmosphères musicales que dans la qualité, nettement à la baisse sur ce titre. Après un début conforme au dynamisme affiché dans les titres précédents,
Ninth Circle privilégie un caractère plus catchy. Les prémices de l’expérimentation sont là mais se traduisent par un solo de flûte scolaire et raté, auquel succède un solo de basse avant le retour du refrain. Celui ci sort le groupe de la pente savonneuse sur laquelle il s’était aventuré et le remet sur les rails d’un sujet maîtrisé.
Dans la suite de l’album,
Ninth Circle poursuit sur la même lancée, mais ne parvient pas à renouveler suffisamment sa musique pour tenir la longueur. On trouve quelques titres intéressants, comme un « Grinding the
Bastards Down » plus technique et élancé, avec un bon travail à la guitare et aux percussions. Cela n’empêche pas l’installation durable d’une impression de déjà vu. Les tentatives de changements de ryhtme sont là, on le voit dans un « Going
Home » résigné, mais
Ninth Circle ne se défait pas des structures traditionnelles, qui finissent par peser sur la longueur. Le groupe applique toujours la même formule, basée sur des claviers très présents ainsi que sur une nette mise en valeur sur les refrains, comme c’est le cas dans «
Evil We
Trust ». Les titres restent sympathiques mais la lassitude gagne du terrain face à un groupe qui peine à créer des changements de rythme. L’exception à la règle prendrait sûrement le nom d’un «
Stormbringer » plus original qui allie des couplets déclamés et des refrains mélodiques.
L’album se referme avec « The World Burns Away », qui n’est clairement pas le meilleur morceau de l’album. Il est répétitif et sans intérêt manifeste, si ce n’est la mise en valeur du bagage technique du guitariste, avec un long solo de guitare solidement encadré par une multitude de refrains qui jouxtent le morceau de sorte que l’on pourrait parfois penser à du remplissage. On peut se demander pourquoi
Ninth Circle a fait le choix de placer ce titre à la fin de l’album, qui laisse l’auditeur sur une impression mitigée. Cela dit, il ne s’agit que d’un titre parmi douze qui ne suffit pas à remettre en question le contenu de l’album en lui-même.
Ninth Circle réussi tout de même son pari avec “
Legions of the Brave”. Ce disque solide est une bulle d’air pour les américains qui n’ont jamais sorti la tête de l’eau depuis vingt ans. Certes, l’album possède des défauts, et il faudra encore bien des efforts à
Ninth Circle pour peser dans la balance très chargée du heavy metal. On se souviendra néanmoins de «
Legions of the Brave » comme un disque honnête et intéressant qui, sans être synonyme d'excellence, s’écoute avec plaisir.
14 /20
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