Legends, Rites and Witchcraft

Liste des groupes Heavy Metal Witchfyre Legends, Rites and Witchcraft
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12/20
Nom du groupe Witchfyre
Nom de l'album Legends, Rites and Witchcraft
Type EP
Date de parution 13 Juin 2014
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Beware of the Witch 00:42
2. Salem 05:02
3. Necronomicon 04:14
4. Sacrifice 06:01
5. Banshee 05:16
6. The Spell 05:57
Total playing time 27:12

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Witchfyre


Chronique @ AlonewithL

19 Juillet 2014

Manquerait du feu essentiel pour embraser le bûcher.

Il devient désormais assez coutumier que des membres de formations répertoriées dans le black metal s’essayent au heavy metal par goût nostalgique, voire par effet de mode. En Espagne, on n’y échappe pas. On retrouve ainsi au sein de la jeune formation de heavy revival « Witchfyre » des membres des formations black metal « Dantalion » et « Balmog ». Le style est bien sûr imité principalement à celui des britanniques des années 80. Cette formation avait été envisagée au départ aux alentours des années 2006 et 2007, mais ne prend véritablement forme qu’en 2011. Le chanteur Emi Metal complète le line-up l’année suivante. « Witchfyre » prendra le chemin des studios et sortira un single édité en vinyle (« Banshee ») en 2013 chez le petit label espagnol au nom blasphématoire DiscosMeCagoEnDios. Un accord est ensuite conclu avec le label français Infernö Records pour la sortie d’un premier Ep qui s’intitule « Legends, Rites and Witchcraft ». Le produit reproduit certes toute l’identité du heavy metal à l’ancienne, mais manquerait du feu essentiel pour embraser le bûcher.

Le feu devait servir ici à faire rôtir une vile sorcière, aussi nous ne serons pas étonné que le premier titre de l’engin se nomme « Beware of the Witch », une introduction en fait inférieure à une minute dans un heavy metal racé comme savait le faire « Saxon » dans ces débuts. Ce court instrumental sert uniquement à lancer un « Salem » particulièrement endiablé, entre heavy metal et hard rock, bénéficiant d’un bon groupe, mais aussi d’une voix légèrement irritante. Le chant d’Emi Metal ne plairait sans doute pas à tout le monde, elle adopte une manière de chanter très années 80. Cela donne un petit coup de vieux à l’ensemble, accentué par ailleurs par une production quelque peu à la légère. On est donc bien loin du heavy revival à la suédoise ou nord-américaine, plus proche en vérité de celui servi désormais par des groupes sud-américains, adoptant eux une vision conformiste, voire conservatrice, du heavy metal à l’ancienne.

Seulement, le problème de « Witchfyre » ne vient aucunement de l’authenticité, mais un peu plus de la redondance de sa musique. Nous retenons son grand dynamisme, sa fougue, mais les compositions ont pour effet de perdre leur souffle des débuts comme le démontre ainsi « Banshee ». Le morceau nous fait partager un « Saxon » très dynamisé en entame ; on y entendrait presque Biff Byford au chant. L’évolution s’avère en revanche plus plombée et quelque peu ennuyeuse, même si on retrouve quelques charges tonifiantes. Il faudra aussi se contenter de la charge priestienne à la fin de « Necronomicon ». C’est peut-être vibrant, dans une électricité qui doit à l’énergie hard rock qui y est incorporée, mais peu original et un peu fouilli. L’analyse est un peu à l’identique de celle de « The Spell », bien que plus sympathique, car offrant un bon aspect rétro, presque glam, par son riffing massif et son chant enjoué.

Notre intérêt dans ce volume sera plus fixé autour de « Sacrifice », reproduisant dans son entame un son groovy, autant hard rock que heavy metal. Cependant, le groupe changera du tout au tout dès l’amorce du second tiers piste. En effet, l’atmosphère s’obscurcit, le ton de la voix change, reproduisant ainsi un aspect « King Diamond » à ce passage précis. Nous retiendrons à la suite un roulement, puis un superbe solo tout en éclat et en subtilité. Il est dommage en revanche que les riffs se ramollissent et l’entrain se perde par la suite dans la répétitivité fourni par la guitare rythmique. Tout n’est donc pas parfait, malgré les efforts certains des membres à recréer un son que l’on ne reproduit plus aussi fidèlement des dernières années.

Les membres de « Witchfyre » sont des amateurs certains du vieux et bon heavy metal, qu’il soit issu de la vague NWOBHM, de « Judas Priest » ou encore des danois « Mercyful Fate » et « King Diamond ». Le travail fourni à élaborer une musique fidèle à celle de la divine période est à saluer. Il aurait été en revanche plus enviable que le groupe s’attache également à élaborer des compositions ambitieuses, qui ne se contentent pas simplement de singer quelques grands auteurs. Avec « Legends, Rites and Witchcraft », « Witchfyre » montre l’étendue de sa nostalgie, au lieu de vraiment tenter de s’illustrer. Beaucoup œuvrent aujourd’hui dans le heavy revival, avec plus ou moins de réussite. Les galiciens se situent dans la bonne moyenne, mais avec le retard pris par rapport à d’autres, ils devront faire attention à ce que le phénomène de mode ne retombe pas. On ne sait jamais. La pluie pourrait d’un seul coup éteindre le foyer du bûcher.

12/20

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