Ceux qui avoueront (à demi mot) avoir suivi l’EuroVision ne se seront pas trompés et auront reconnu l’un des groupes européens les plus prometteurs de la scène hard rock actuelle : The Carburators. Déjà quatre albums dont un live, et des shows mémorables,
Hard dans la musique mais aussi dans l’âme si l’on en croit les nombreux excès qui nous sont rapportés fièrement par un groupe au nom bien trouvé. Enfant turbulent débordant d’énergie, The carburators semble bien décidé à damner le pion aux formations plus importantes grâce à une présence scénique calibrée. Et nos musiciens finlandais en ont écumé des scènes au gré des festivals européens, et ce, depuis 15 ans à coups de jeux scéniques totalement surdimensionnés. Les kids en ont pour leur argent, mais il faut aussi voir si tout ce qui brille est d’or.
Les petits protégés de Steamhammer déboulent ainsi avec un nouvel album intitulé « Laughting At The Face Of Death ». Au vu d’une telle pochette et en sachant que les prises de son se sont quasiment effectuées en live, inutile de vous dire que l'album va être tout un programme...
Une musique Heavy ??? Oui et non !!! Côté son, ça envoie… Notre quintet voulait renforcer la voie du rock, dans toute sa dimension, parfois teintée de
Hard, parfois de heavy, parfois de punk, créant la surprise mais aussi montrant une adaptation à chaque style… le niveau des musiciens s’y prête largement et énergiquement.
Toujours surprenants les duos inattendus. Qui aurait pu penser que Shagrath viendrait prêter main forte sur « Lords Of
Thunder » ou encore «
Die Like Hero », ballade gratifiée de la présence de Geir Bratland?
La progression dans la diversité des tempos par rapport aux précédents opus est pourtant nette, apportant un côté encore plus spontané et brutal. Le son a gagné en clarté mais a aussi perdu en puissance dans la bataille.
Malgré toute cette énergie déployée, on a un peu de mal à entrer dans l’univers musical du combo, les influences demeurent multiples, se réclamant de «
Rose Tatoo » et consorts. Personnellement, je trouve que le style reste relativement ancré dans un dérivé de
Hard Rock, de punk teinté de rockabilly à l’égard de nombreux titres tels que « Shot Full of Noise ». Les lignes vocales ont évolué, le maniement des armes aussi, mais ce n’est malheureusement pas l’emploi de la double grosse caisse sur « Water Into Wine » qui le rendra plus efficace. Dommage, cette composition pourrait avoir un certain charme avec cette rythmique orientée Rockabilly, mais trop c'est trop et il y toujours un détail dans chaque titre qui évitera à l’album de rafler une palme.
Des titres efficaces, "
Laughing in the Face of Death" en possède. « Don’t Touch the
Flames » en fait partie, direct avec un refrain imparable, taillé pour la scène… Une bonne entrée en matière pour un album qui, malheureusement, perdra vite de sa superbe, sombrant dans la facilité avec un «
Blood for
Blood » trop répétitif et simpliste. Le satirique « Undertaker » demeure aussi assez redondant et n’a qu’un très bon pré solo et solo à offrir.
La prise de risque est pourtant présente, bien sûr, c’est l’essence du Rock, mais la finalité reste parfois difficile à cerner. « Days of
Metal » mid tempo, offre une rythmique simple, et s'avère un peu trop caricatural dans ses lyrics et léger musicalement parlant. A prendre au second degré ? A vous de juger … Un tel titre peut faire cependant mouche dans l'ambiance festive d'un live.
(Tonight, We’re Gonna)
Die Like Heroes n’est pas sans faire rappeler l’écriture de « 1916 », Motorhead étant une autre influence indiscutable du groupe. Dénué de tout arrangement pompeux ou encore de vitesse, il ne vit que par la vibration de la voix grave d’Eddy GUZ... le résultat n’est finalement pas à la hauteur, pouvant s'avérer trop caricatural, voire à la limite de l’irrévérence.
Le quatrième album de nos Norvégiens possède un rendu dynamique, une énergie proche du live mais son lot d’imperfections ne gênant en rien son écoute... puis qu’il s’agit d’un album Rock&Roll corps et âme…
Le groupe ne suit pas bêtement une mode mais essaye d’imposer un fort caractère, avec un côté très satirique qui passera … ou pas. A vous de voir si vous appréciez aussi le second degré de Guz et de sa bande... si second degré il y a!
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