En décidant sciemment d'adopter le nom de la fameuse toile qu'Eugène
Delacroix, avait peinte inspiré par la Divine Comédie écrite par le Florentin Durante degli
Alighieri (dit
Dante), mais surtout en pratiquant un
Power Metal aussi ouvertement influencé par l'âme créative européenne, le groupe sino-suisse de Barque Of
Dante aura épousé, de manière presque mécanique, ce conservatisme actuel propre à presque toutes les formations issues du vieux continent. Et égaré quelques parts entre l'Italie de
Rhapsody et de
Shadows Of Steel et entre ces terres nordiques aux redoutables frimas où évoluent
Stratovarius et Yngwie G. Malmsteen, il nous offre, en cette fin d'année 2013, un deuxième véritable album,
Lasting Forever qui ne pourra, en effet, se délester des poncifs inhérents à ce genre tant et tant ressassé par tant et tant d'illustres prédécesseurs. Tant et si bien d'ailleurs qu'au-delà d'une évidente maîtrise et d'une évidente efficacité, certains morceaux de ce manifeste ne pourront nous enthousiasmer plus que de raison. Les sympathiques
Lasting Forever,
Way of Your Life ou encore, par exemple, Albert the Miner part 2 (sans aucun doute la meilleure piste de ce disque) étant de ceux-là.
Poursuivons notre chemin et parlons maintenant des chants présents ici. Le choix de Thomas L. Winkler (
Gloryhammer,
Emerald...) ne sera pas nécessairement des plus judicieux. Non pas que le vocaliste soit coupable ici d'un quelconque outrage (quoique l'âpreté vocale forcée de certains des instants cruciaux de Follow the
King, mais aussi ses aigus extrêmes, pourraient être retenus à charge et plaider en sa défaveur) mais le chanteur semble manquer de personnalité vocale et peine à insuffler une âme singulière à ces chansons.
De plus, dans ce marasme déjà consternant, Walking Alone et I
Will Never Forget, constituent indiscutablement la lie d'un nectar fade. Deux ballades monotones et ordinaires qui ont, de surcroit, le malheur de se suivre et donc de nous offrir un intermède ouaté interminable, interminable, inter-minable, in-ter-mi-nable.
En outre, on pourra également regretter que
The Barque Of Dante agrémentes ses titres d'un folklorisme qui ne lui appartiens pas alors qu'il aurait été tellement plus judicieux, et intrigants, de nous offrir quelques interludes, interventions ou mélodies parcimonieusement distillé aux subtilités inhérentes à la culture de la mère patrie de le plupart de ses membres, à savoir la Chine (à l'image de ce qu'il tente timidement sur l'instrumental Albert the Miner part 1). Quel autre groupe de
Power Metal Symphonico-mélodique peut aujourd'hui se targuer de pouvoir orner aussi légitiment sa musique d'éléments légués par le Kunqu (une variété d'opéra), le Yayue ou encore, par exemple, le Fanbai (deux arts musicaux de cour)? N'y avait-il pas là une formidable occasion de différencier ses travaux de ceux de ses homologues européens et ainsi d'enrichir un genre sclérosé en affirmant sa diversité? Dommage.
Classique et impersonnel dans ses meilleurs instants, poussif et ennuyeux dans ses pires,
Lasting Forever, nouvelle offrande du quintette originaire de Mianyang n'est donc qu'une œuvre tout juste passable.
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