Diamond Rexx. Non, il ne s’agit pas du pseudonyme d’une actrice de films pornographiques des années 90 aujourd’hui droguée aux antidépresseurs et caissière à temps partiel dans un Wal Mart de la banlieue de Minneapolis, mais bel et bien du nom d’un obscure groupe de hair metal crée en 1984 à Chicago par le vocaliste Nasti Habits et le guitariste Steven St.
Lust. Combo de série B ayant évolué en son temps dans l’ombre des plus grands et éternel ramasseur de miettes ;
Diamond Rexx s’avère être l’un de ces nombreux groupes qui malgré un manque de reconnaissance certain s’avèrent être néanmoins contemporains de l’âge d’or du style auquel ils sont rattachés et qui méritent par conséquent que l’on porte une attention particulière à leur concept.
Signé quatre mois seulement après sa première prestation scénique sur le légendaire label
Island Records qui souhaitait alors avoir lui aussi sa part du lucratif gâteau hair metal,
Diamond Rexx sort en 1986 sur le label fondé par Chris Blackwell un premier opus intitulé «
Land of the Damned ». Au vu de sa pochette mettant en scène un guitariste brushé et peroxydé tout de cuir vêtu et arborant une guitare blanche tachetée de rose barbe à papa, aucun doute quant au style pratiqué par le quartette de Chicago sur ce premier effort : il s’agira bien évidemment de hair metal ; courant le plus en vogue en ces milieux d’années 80 aux Etats-Unis comme dans tous les pays occidentaux pour lequel votre chroniqueur voue une passion sans limites et presque maladive.
La sirène et l’assourdissante déflagration introduisant le premier morceau éponyme de l’album sont annonciatrices des velléités relativement optimistes et naïves du combo glam de la cité ayant vu naitre
Styx avec ce premier effort : prévenir la Terre entière de son arrivée sur la piste du cirque rock n’ roll et sa volonté d’exploser autant les charts que les tympans des metal maniacs des quatre continents. Car en effet, le heavy metal pratiqué par Nasti Habits et ses comparses s’avère être trop peu élaboré et surtout on ne peut plus linéaire pour oser concurrencer de façon sérieuse et crédible les monstres de l’époque tels les légendaires
Ratt, Mötley Crüe et autres
Twisted Sister. Rythmique digne d’un groupe de garage rock de 1965 et vocaux à s’uriner dessus ; tels sont les deux principaux ingrédients du heavy metal glam rudimentaire de
Diamond Rexx sur ce «
Land of the Damned » qui ferait aisément passer le « Look What the Cat Dragged In » de
Poison paru la même année pour un chef d’œuvre de metal néo-classique. Même si la production de l’album s’avère être correcte quoique largement perfectible et que le tempo général de l’album se veut être énergique et sans concession ; caractéristique notamment illustrée par l’absence de power ballades parmi les dix titres composant ce disque ; ce «
Land of the Damned » s’avère être l’archétype du premier album écrit et conçu à la hâte en vue de satisfaire le compte en banque d’une maison de disque qui s’était peut être précipité un peu trop vite sur un groupe finalement banal et sans grand intérêt.
A l’écoute de titres tels les médiocres et sans réelle personnalité « All I
Need », «
Wish I Was Rich » et autres « B.A.T.S. », l’auditeur se demandera certainement si cette acquisition constitue réellement une démarche pertinente et constructive quant à l’enrichissement de sa discothèque sleaze rock/hair metal et plus largement de sa culture musicale en général. De par sa perfectibilité criante et son approximation technique caractérisée, «
Land of the Damned » s’avère certainement être la galette qu’aurait pondu un
Venom après l’échec «
Possessed » si il s’était décidé à surfer avec opportunisme sur la vague hair metal à l’instar d’un
Judas Priest en 1986 avec le très bon «
Turbo » ou d’un
Celtic Frost avec l’incompréhensible et énigmatique «
Cold Lake » deux ans plus tard. A ce titre, les vocaux d’animateur de supermarchés de Nasti Habits s’avèrent être assez semblables à ceux d’un
Conrad «
Cronos » Lant. Effectivement, à l’instar du mythique vocaliste/bassiste de
Venom, Nasti Habits ne sait pas chanter et aurait certainement été plus à son aise vocalement au sein d’une entité black/thrash que dans un groupe de hair metal qui requiert par essence un talent vocal développé. Paradoxe intéressant : à mille lieux d’avoir le talent d’un Eddie
Van Halen ou d’un
George Lynch ; Steven St.
Lust jonche les titres de ce premier opus éponyme de soli assez inspirés ne s’avérant pas être aussi mauvais que le reste ; à l’instar de ceux relevant assez péniblement le niveau des « Cuz I Wancha », « Up and
Down » et autres «
Life and Death ».
Bien qu’étant un album relativement mauvais et présentant un intérêt musical des plus moindres, «
Land of the Damned » de
Diamond Rexx a néanmoins l’avantage de présenter une facette beaucoup plus brute du hair metal que ce que produisaient en règle générale la plupart des groupes formatés bande FM de cette époque immuable. Bien que très brouillon et difficilement audible dans son intégralité d’une seule traite, l’album frappera néanmoins l’auditeur de par son énergie constante et son enthousiasme sans faille. Fortement déconseillé aux esthètes, une curiosité du genre qui ravira néanmoins les amateurs de sleaze rock/hair metal les plus téméraires.
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