Aldaria est le projet d’un opéra Rock/
Metal du norvégien Frode Hovd (guitariste du groupe norvégien Memorised Dreams) composé d’un casting de musiciens de renommée mondiale tels que Fabio Lione (
Rhapsody Of Fire, chant), Todd Michael Hall (
Riot V, chant), Rick Altzi (
Masterplan, chant), Mathias Blad (
Falconer, chant),
Jonas Heidgert (
Dragonland, chant), Jimmy Hedlund (
Falconer, guitare),
Roland Grapow (
Masterplan, guitare), Mike LePond (
Symphony X, basse), Uli Kusch (ex
Helloween, batterie), Peter Danielsen (Darkest Sins, synthétiseur) et
Misteria (
Vivaldi Metal Project, claviers).
Musicalement, le projet évolue entre
Helloween,
Kamelot, ou encore,
Edguy ; mais à l’évidence, il est certain que quiconque lit le terme «
Metal Opera » pensera surtout directement à Tobias Sammet et à son projet
Avantasia, qui est depuis des années le leader du secteur. Aussi, après avoir écouté ce «
Land of Light », on ne peut s’empêcher d'y percevoir un petit air de déjà-vu, néanmoins, cela ne veut pas dire qu’il en est une pâle copie malgré le fait que le concept global du projet reste somme toute parfaitement identique.
Ce faisant, cet album concept raconte une histoire surnaturelle d'un ancien parchemin découvert évoquant «
Aldaria », une dimension semblable à un purgatoire entre le ciel et l'enfer où les anges renaissent, là où les pécheurs peuvent se racheter ou être bannis en enfer. Cependant, il règne une obscurité à
Aldaria car la Clé des Portes du Ciel fut cachée depuis le début des temps afin de maintenir le royaume calme et ordonné par les Gardiens de la Lumière bien que personne ne sache qui ils sont, ni où ils se cachent. Or, un jour, ils sont appelés par l'archange Michel pour marcher vers leur destin en parcourant pour la première fois le portail vers le Pays de la Lumière afin de combattre les ténèbres qui ont pénétré dans
Aldaria.
Ainsi, ce premier recueil s'ouvre sur l'introduction épique "Excitare Ad Lucem" qui a la particularité de s’épanouir sur d'excellentes compétences musicales, tandis que le morceau suivant, "
Another Life", n'a en aucun cas besoin de rougir puisqu’il le complète parfaitement. De fait, l'essence du
Metal explosif, le travail de guitare accompli, les parties de contrebasse rapides, impressionnantes, et les mélodies sophistiquées sont si réussies qu'il est difficile pour l'auditeur d'échapper à l'intensité des chansons individuelles.
Il faut dire que de gros chœurs et de nombreuses mélodies entraînantes sont enveloppés dans des arrangements clairs, à l’instar de "Test of Time", offrant des consistances de piano dans lesquelles une conversion agréablement orchestrée se fait entendre, tandis que "Answers in a
Dream" contient un élément musical peu commun qui met en valeur un assortiment excentrique, là où "Where Reality Ends" perpétue la tradition de la finesse et de la divinité à la mode.
Au milieu de cette masse de bons éléments, "
Lost in the
Darkness Below" surprend tout le monde car ce titre commence par une introduction simple et élégante avec uniquement du piano et du violoncelle, ce qui amène l’auditeur à penser qu’il s’agit d’une ballade, lorsque d’un seul coup, la chanson explose et nous offre alors un speedster avec un refrain plutôt accrocheur. Suivant ce schéma identique, "Sands of Time" présente un duo vocal homme/femme en commençant également par une introduction uniquement réalisée au piano. Il s’agit certainement là du titre le plus accessible de ce disque pour un auditeur lambda car elle se trouve être une chanson très touchante.
Toutefois, la piste la plus touchante sera "Trails of Tears", seule véritable ballade de cet opus. Ce sensible effort démarre en douceur avec un piano et des cordes tout en inscrivant dans sa trame une flûte et de légères percussions avant le début du chant. Mais sa particularité tient surtout à l'incroyable performance vocale de Mathias Blad qui donne la chair de poule tout au long de ce titre.
Enfin, cet album raconte également l’histoire d’
Aldaria de manière très vivante, comme en témoigne "
Guardians of the Light", où le rythme du thème principal du riff de guitare sonne comme les battements de sabots d'un cheval au galop ; ce qui fait que, dans son ensemble, ce disque contient de nombreuses chansons positivement accordées, où la chanson titre clôturant ce disque en est l’opus magnum avec sa durée de plus de douze minutes. En effet, ce morceau met tout en œuvre vocalement et instrumentalement puisqu’il monte et descend en commençant par une ouverture de chant d’église avec un orgue, où sa principale caractéristique reste l’apparition de cornemuses Uilleann autour de la septième minute lors d'un moment vocal plein de tendresse et qui s'intègre parfaitement à l’ensemble.
En définitive, même si le projet de
Metal Opera n'est pas nouveau et que l'histoire conceptuelle est un peu ringarde, «
Land of Light » de Frode Hovd reste un bon album mélodique épique et divertissant. A l’évidence, la seule exigence pour l’apprécier dignement serait de lui laisser un certain temps pour qu'il se déploie pleinement, car sa profondeur ne devient audible qu'après quelques écoutes. Certes, bien que certains auditeurs auront cette impression d'écouter une petite copie d'
Avantasia, cet album se situe tout de même à bonne distance du bébé de Tobias Sammet. Bref, cet album reste amusant du fait de son concept, et cela pourrait l’amener à devenir avec le temps un bon disque de plaisirs.
Je l'attendais cette chronique, depuis le temps que tu m'en parles !!! Mais la patience fut de bonne guerre au vu du papier fini, très bien réalisé ! Quelque peu étonné de ta note mais si effectivement tu accordes beaucoup d'importance à l'originalité je comprends que tu le "sabres" un peu. Je ne peux faire de jugement qu'avec une seule écoute au compteur mais je l'avais trouvé particulièrement bon et m'attendais, au vu de ce que tu m'en avais dit, à un bon 16.
Merci encore pour cette chouette découverte :)
Merci pour ton retour
Comme tu l'as si bien dit, j'ai mis énormément de temps à la sortir car apres l'avoir écouté encore et encore, je me suis rendu compte que je surestimais un peu ce disque! Ce faisant, il m'a fallu moult fois remanier cette chronique avant d'atteindre ce constat final qui, cette fois, sied parfaitement à mon ressenti!
Cette chronique reste d'ailleurs à ce jour la plus difficile que j'ai eu à écrire depuis que je me suis collé à cet exercice puisque j'ai dû la reprendre dans sa quasi intégralité vu le ressenti changeant en permanence!
En définitive, si tu regardes mon système de cotation, 14 n'est pas une mauvaise note en soi. Si je n'ai pas mis 16, c'est parce que cette note me paraît trop élevée vu le manque d'originalité. Voilà pourquoi j'ai un peu "sabré" ce disque. Visiblement, tu as repéré la même faiblesse!
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