Arrivé tout droit de Bretagne, les brestois de
Silent Dawn reviennent avec leur deuxième effort longue durée intitulé "
Kleptocracy", toujours en auto-production, et, qui fait suite à "
La Chute de l'Ange" (2008) et à "
The New Beginning" Ep 2009). Entre temps, le groupe a multiplié les prestations scéniques aux côtés de pointures telles que
Misanthrope, One Way Mirror,
Deficiency ou encore
Pictured et
Mistaken Element, engrangeant ainsi une plus grande expérience.
Malgré son côté "Do it yourself", l'opus est publié de manière très professionnelle, sous la forme d'un "digipack" au graphisme très réussi, accompagné d'un livret assez complet, tout cela à de quoi donner l'eau à la bouche (même si votre serviteur serait bien plus partant pour une bonne bière). Les thèmes abordés sur "
Kleptocracy" sont divers sujets de société comme la politique, l'économie ou la culture (dixit le groupe lui-même). Etant aux confins de divers courants musicaux comme le métal industriel, le "death-metal" ou le métal gothique,
Silent Dawn s'est donc vu affublé de l'étiquette "death" progressif.
Introduit par le titre... "Intro" aux forts relents électroniques, nous entrons dans le disque dès le deuxième morceau, "
Masquerade of inflamed", composition assez mordante, aux tempos généralement enlevés mais la facette gothique de la musique du groupe, apparaît au milieu du morceau, avec un break qui semble tout droit sorti du répertoire de
Moonspell, période "Butterfly effect"/"
Sin/pecado", la voix de Ronan lorgnant de toute évidence vers celle de Fernando Ribeiro, cela sera également le cas sur "
Cycle of pain". Des sonorités, très typées
Paradise Lost, apparaissent aussi, ici et là, comme sur "Last Revolution", "Conclusion of revelation" ou encore sur "Fashion control" et "Death kamps". "
Kleptocracy" est d'une bonne qualité générale, mais, quelques titres sortent du lot comme "At the end of everything", "Conclusion of revelations", le morceau éponyme et le véloce "Final war".
Cependant, l'opus comporte quelques défauts, au premier rang desquels, le chant clair de Ronan. Autant, il est impérial au niveau des voix "death" sur lesquelles, il propose un "growl" assez profond, autant les parties de chants clairs manquent d'assurance, mais il faut noter qu'il est plutôt bon dans les graves, les morceaux "Electronic of madness", "
Satanist policy" et "Final war" en sont quelques exemples. Aussi, les influences de
Moonspell et de
Paradise Lost sont indéniables et, sont parfois trop présentes, ceci étant certainement renforcé par la texture vocale de Ronan, similaire au frontman portuguais. Pour finir, "
Kleptocracy" souffre de quelques longueurs, se prendre d'une seule traite, 15 titres pour 64 minutes de "death" progressif, n'est pas une mince affaire, même pour les plus aguerris d'entre nous.
"
Kleptocracy" est loin d'être mauvais, il est même plutôt bon, nous sentons un travail de fond conséquent, et,
Silent Dawn est composé de musiciens très doués. Les influences sont encore trop présentes, mais, le groupe est encore jeune et saura affirmer sa personnalité au fil du temps, il fait déjà preuve d'une grande autonomie, en maîtrisant l'ensemble du processus de production. Le potentiel est présent, c'est certain.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire