On ne compte pas les groupes de
Metal qui n’affichent en tout et pour tout qu’un seul volume dans leur discographie. Faute de succès, faute de moyens ou tout bonnement faute de génie. Car, il en faut du génie pour envisager une carrière à long terme. «
The Ordeal » obscure groupe de heavy metal allemand, n’échappera pas aux dures règles imposées.
Une signature chez le label Mausolem Records et une production signée par quelqu’un de bien connu,
Herman Frank (à nouveau actuellement guitariste d’«
Accept »), qui avait déjà travaillé pour «
Molly Hatchet », «
Saxon » et «
Messiah’s
Kiss », représentent déjà un bon coup de pouce à l’adresse de ce groupe formé par le leader frontman
Oliver Oppermann (alias Steam), qui cumule à la fois le chant et la composition sur ce premier et dernier opus de «
The Ordeal ». «
Kings of
Pain » sorti en 2004, n’a pas eu le succès escompté, au point que les membres du groupe ont décidé de ne plus renouvelé l’expérience.
Il y avait pourtant de bonnes idées et une recherche assez approfondie pour un premier volume, rien qu’au su de l’histoire imaginée par Oppermann. Le monde dans lequel nous vivons est pris d’assaut par les aliens. ceux-ci ont la capacité de prendre forme humain, ce qui leur permet de se mêler à la foule. Les terriens s’organisent et tentent de résister. Les opérations traduites ici, se déroulent dans le sud-ouest de l’
Europe assiégé. John Torres, membre des forces spéciales terriennes espagnoles se fait séduire par un alien ayant pris l’aspect d’une femme et lui livre tous les codes du système de défense des terriens (le mythe de
Samson et Dalila revisité). Ce n’est pas particulièrement original, mais pas non plus très fréquent dans le heavy metal. En fait, en évoquant le heavy metal, celui de «
The Ordeal » est des plus étrange. Il parait se démarquer de ses pairs en proposant un heavy différent, s’agrémentant avec d’autres styles. Un assemblage heavy osé qui tardera dangereusement à trouver ses convives, entrainant par même coup la formation dans l’oubli.
Quelles sont les raisons de ce revers? Premièrement, le chant d’
Oliver Oppermann. Celui-ci est abusément mâché, on a le sentiment qu’il a en permanence la bouche pleine. L’accent néerlandais (néerlandais, oui) perceptible chez lui est également dérangeant. Chose qu’il faut noter et qui s’illustrera dans ce petit côté expérimentation précédemment signalé, on en retient un chant phrasé, quasiment rappé sur « Face the
Storm », qui parviendra un peu mieux à s’accommoder aux rythmes déliquescents, modernes et urbains de «
Unchain the
Beast » ou au sage mid tempo « Aliens in Spain ». Cela n’aura pas effet de nous mettre au tapis, loin de là.
Des touches d’ambiance industrielle sur « Did You Say You Love Me ». Mais les passages de bruits mécaniques et les paroles scandées ne suffiront pas à masquer les imperfections de ce long titre. Tout est assez plaqué. Petit plus non négligeable, on notera en milieu de piste une petite symphonique harmonieuse au synthé et aux chœurs.
Le principal et peut être parmi les seuls atouts majeurs de cet album, consiste au grand effort réalisé pour les parties instrumentales aux 2/3 des pistes. Très utile sur le mélodique «
Chained to the
Dark », qui aurait pu être très bon, si la guitare rythmique n’avait pas été aussi plate. Hormis les quelques solos, le jeu abordé par les guitares est assez pauvre, au point que cela paraitrait figé à l‘écoute. C’est ce qui a surement handicapé «
Wings of
Angel », figurant comme plus élaboré, dans une bonne dynamique limite power sur plusieurs passages.
En bien mieux on pourra retenir, la ballade électrique « Mirrorland », véritable revanche des instruments, en faisant abstraction toutefois de l’horrible chant d’Oppermann. « The
Lion » est un autre bon élément. Des riffs blindés, et une voix agissant par impacts, par à coups. Ce n’est encore rien en comparaison du vibrant et power «
King of
Pain ». Le titre éponyme est celui qui a privilégié de la composition la plus soignée, avec une entame acoustique, des guitares qui font enfin preuve d’inspiration, des chœurs enjolivant le refrain et en accompagnement du très intéressant solo final de Kai Reuter.
«
The Ordeal » n’a que peu vécu, victime d’un manque flagrant de technique et d’expérience. Son principal ouvrier prend la responsabilité de cet échec. Même s’il avait eu la bonne idée d’innover au niveau de la composition, rendant son projet plus distinctif,
Oliver Oppermann n’était à l'évidence pas fait pour occuper la poste de chanteur. Parfois la chance ne sourit pas aux audacieux.
09/20
Il était en grande forme à l'Elysée mardi.
le chant est pas si mauvais sur " king of pain".
Pas ma tasse de thé mais je te trouve un peu dur.
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