Faisant abstraction de l'égo surdimensionné de celui qui fut, dans son genre de prédilection, l'une des voix les plus emblématiques d'une génération dans laquelle pourtant il y eut quelques talentueux, et illustres, vocalistes (c'est dire si la prouesse est notable), accueillons donc sans apriori ce troisième et nouvel opus, baptisé
Kicking & Screaming, sur lequel
Sebastian Bach, puisque, bien évidemment c'est de lui dont il s'agit, viendra apposer la verve si particulière d'un organe si singulier.
Et en premier lieu soulignons que chaque élément y est parfaitement à sa place et qu'il s'emboite tout aussi parfaitement à celui qui le précède ainsi qu'à celui qui le suit. Comme le dirait un célèbre précepteur, si cher aux esprits voltairiens, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Pas vraiment car si cette musique à la croisée d'un
Hard Rock énergique et d'un Heavy épais, ne manque pas de qualité, elle dénote d'un conformisme embarrassant. Tant et si bien que l'œuvre chemine de titre en titre sans jamais marquer nos esprits qui demeurent désespérément vierges. Et alors que se profile les atours d'un As Long as I Got the Music, l'auditeur si peu bousculé se demande l'intérêt d'une démarche aussi convenue et académique? Car, aussi étonnant et paradoxale que cela puisse paraitre eu égard aux travaux du vocaliste au sein de
Skid Row, ce
Kicking & Screaming faillit dans cette capacité à offrir autre chose qu'une expression aussi classique. Songez qu'il faudra attendre un excellent Dirty
Power pour, enfin, voir émerger une vaguelette des eaux jusqu'alors excessivement planes et mornes de la première partie d'un disque ennuyeux. Passé ce remous, il est à noter que l'album se pare de quelques aspects nettement plus intéressants et nettement moins ennuyeux (les sympathiques Dirty
Power,
Live the
Life, One Good
Reason). Dommage cependant qu'un nombre considérable de ballades vienne gâcher ce regain et alourdir cette seconde partie (I'm Alive,
Dream Forever, Wishin'...). Dans cette liste de titres intimistes, épargnons nous le pénible Battle with the Bottle et ses accents Folk Sudistes. Disponible uniquement sur la version japonaise de ce disque, le morceau propose, fort de cette indolence guillerette, un tel contraste avec le reste d'un album souvent pugnace que son absence sur la version européenne deviendrait presque un soulagement. C'est dire.
Au delà de tout ça, bien évidemment, il n'appartient pas à votre humble serviteur de juger de la sincérité d'un artiste aux desseins, assurément, honnête. Toutefois le résultat de cette démarche est profondément décevant et profondément quelconque. Il va sans dire qu'on attend bien mieux de quelqu'un d'aussi capable que
Sebastian Bach.
Kicking & Screaming n'est donc qu'un album supplémentaire. Ni plus, ni moins. Une démonstration de plus de l'impuissance de ce formidable chanteur à retrouver son aura d'antan.
Merci beaucoup Darko.
D'accord avec toi sur le nombre de ballades cependant, pas d'accord sur la note ;-)
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire