Keep on Living

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Le Dead Projet
Nom de l'album Keep on Living
Type Album
Date de parution Octobre 2011
Style MusicalPost Hardcore
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Rotten Words
2. Built to Spill
3. The Sound as the Wind Blows
4. The Beauty
5. The Beast
6. Close to Death
7. I Withdraw
8. In and Out
9. No Random
10. Keep on Living

Acheter cet album

 buy  buy  buy  buy  buy  buy  buy
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Le Dead Projet


Chronique @ Eternalis

29 Septembre 2011

"Keep on Living" n’est qu’une étape, une émotion instantanée, enregistrée et capturée à l’instant T.

Mort-né…tu es mort-né….

Pourquoi ces mots sont-ils les prémices de la présente chronique à venir ? Difficile à dire…probablement parce que l’utilisation d’un amalgame linguistique pour un patronyme est une rareté. Effectivement, il n’est pas aisé de trouver le juste milieu entre plusieurs langages pour parvenir à un intitulé compris de tous sans pour autant trahir les langues engagés.
Évoquant des sujets largement étalés depuis des décennies dans le genre musical concerné, les français sont parvenu au titre énigmatique de Le Dead Projet, déjà compositeur de deux eps et d’un premier disque malheureusement passé inaperçu dans nos contrées pourtant pas si éloignées que cela.

A l’aube de la sortie d’un second album, c’est sous une forme particulière que "Keep on Living" s’apprête à voir le jour. En effet, préférant conférer une dimension underground à l’œuvre, le groupe a opté pour une sortie uniquement digitale et…vinyle. Aucune diffusion en disque à l’horizon, mais uniquement ce grand format attribuant au visuel une place prépondérante. Dans un design épuré et traditionnel, la cover dévoile un désert intriguant et sauvage, ponctué de cette carcasse métallique centrale, aussi hostile qu’abandonnée, déserte que mélancolique. Le très esthétique vinyle entièrement rouge apportera à l’objet une forte attractivité montrant que ce support revient bel et bien au premier plan sur le marché actuel de la musique.

Musique. Parlons-en. Que se cache-t-il derrière cet énigmatique quatuor….
Difficile à dire. Hybride musical à la frontière de multiples styles, Le Dead Projet est un électron libre se rapprochant volontiers des expérimentations sonores auxquelles s’adonnent les furieux de The Dillinger Escape Plan, les artistes de The End, les conceptueux d’Eryn Non Däe ou encore les plus raffinés italiens d’At the Soundawn. Sans définir d’étiquette stérile ou rapprocher vainement les français d’un exemple pré-emballé, il est certain que "Keep on Living" est un condensé de musicalité brutale et d’émotions paradoxales.
"Rotten Words" débute l’album avec agression et violence, et l’on remarque immédiatement que la production est stupéfiante de puissance, de violence et d’impact, avec une basse proéminente et des vocaux schizophréniques parfaitement mixés à l’ensemble sonore. Direct, ce premier titre délivre des accès de rage volcaniques, aux relents fortement postcore, notamment dans l’utilisation de breaks bien plus éthérés et posés, que ne renierait pas Neurosis, dont l’influence se fait sentir sur 95% des groupes évoluant dans un registre similaire. Mais loin de s’apposer en clone sans personnalité, Le Dead Projet surprend non seulement avec sa production très brute et âpre, mais aussi avec le chant de Morne, écorché et abondant de souffrance, de contestation et de plaintes. Les multiples breaks de ce premier titre mettent particulièrement en valeur les modulations de sa voix.

"The Beauty" par exemple, abordera la violence dans un angle paroxysmique, alliant la technique extrême d’une batterie tentaculaire à des riffs tordus et malsains, se posant dans l’esprit de l’auditeur pour se disloquer en nappes malsaines. Les passages au chant clair, que certains rapprocheront de tonalités screamo, ne fait que rendre le vocaliste plus tourmenté et passionnant, au bord du gouffre. Plus hardcore, "The Beast" pourrait être la rencontre d’un October File piqué à la cocaïne pour ne plus parvenir à se contrôler et à délivrer des moments de brutalité jouissive, une fois de plus ponctuée par une prestation éblouissante de Dany derrière les futs. La basse, très grasse, ne fait que renforcer cet effet de malaise, de schizophrénie et d’une certaine perte d’un équilibre mental. Les vocaux clairs, lointains et mélancoliques, comme les chantres d’une santé mentale s’effilochant dans le temps, prennent aux tripes avant même que l’on ait eu le temps de reprendre notre souffle.
Car "Keep on Living", une fois emparé de sa proie, ne la lâche que rarement, et uniquement pour attaquer encore plus fermement une gorge maintenue avec fermeté entre ses crocs.

"Built to Spill", aux accélérations fiévreuses, montre une musicalité tendant parfois vers un sludge sous amphétamines, notamment pour le grain de guitare très gras et dissonant. Le fabuleux "In and Out" nous plonge encore plus profondément dans le délire de ces quatre cerveaux visiblement dérangés, entre chœurs hallucinés, attaque sur la caisse claire, riffs torturés et rapides et surtout ce chant emplie de souffrance, particulièrement sur les quelques accalmies mélancoliques, blessantes de poésie, pleine d’une douce nostalgie disparue au profit d’un pessimisme ambiant, d’une noirceur humaine que l’on aurait préféré gardé immerger par l’innocence d’une jeunesse bafouée. Pourtant sans proposer de véritables mélodies, Le Dead Projet incorpore ces éléments fugaces et sporadiques de beauté avant que la fureur ne reprenne de droit la place sur le reste. Le destructeur titre éponyme parait, quant à lui, complètement taillé pour une interprétation live où les musiciens cracheraient ce qu’ils peuvent leur rester de haine, de rage et d’aversion.

"Keep on Living" ne sombre pourtant à aucun moment dans une fausse noirceur candide, ou une violence gratuite qui ne serait justifiée que pour le plaisir de paraitre souffrant. L’album dispose d’une âme et d’une cohérence forte, très puissante qui, dès les premières écoutes, s’emparent de l’auditeur pour le placer au centre de ses conflits. Le spectre sonore et émotionnel du Dead Projet semble très large, et le groupe semble clairement avoir d’autres choses à dire. "Keep on Living" n’est qu’une étape, une émotion instantanée, enregistrée et capturée à l’instant T. Il est le reflet d’une société qui, sans être décadente, ne peut qu’en arriver au constat que bien des choses ne tournent pas rond, et que la contestation ne changera rien. "Keep on Living" est une échappatoire à partir de laquelle, paradoxalement, nous ne pourrons nous échapper vers un Eden. La carcasse desséchée de l’artwork est là pour nous le rappeler…il n’y a pas de solution. C’est un unique voyage intérieur dans les méandres de personnalités malades d’apercevoir le même monde jour après jour…c’est un voyage sans retour qui ne possède aucune sortie. "Keep on Living" vous capturera sans que vous puissiez ensuite vous en passez…sans être un remède, il sera un anesthésiant ponctuel dont on se délectera pour tenter d’oublier…en attendant la suite…

3 Commentaires

1 J'aime

Partager
krakoukass56 - 29 Septembre 2011: Déjà ?! Mais j'ai même pas eu le temps de l'écouter ^_^
Je ne manquerai pas d'y jeter une oreille en tout cas.
"Eternalis, l'homme qui chronique plus vite que son ombre" ^_^
Discipleofthelie - 30 Septembre 2011: Merci pour cette chronique, grâce à toi je viens de découvrir ce groupe qui m'a l'air énorme, je vais me le prendre cet album!
Alphare - 01 Octobre 2011: Ça me rappelle beaucoup Amia Venera Landscape. Merci pour cette belle chronique, t'as toujours de très bons goûts. :)
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Le Dead Projet