Karga

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16/20
Nom du groupe Exil (FRA)
Nom de l'album Karga
Type Album
Date de parution 30 Janvier 2026
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Abîme
 03:01
2.
 Karga
 04:10
3.
 Rodina
 05:01
4.
 Tchujoï
 07:17
5.
 Délivrance
 01:18
6.
 Avec Ou sans Vous
 04:53
7.
 Poussière
 06:38
8.
 L'Exil (ft. Amy Tung Barrysmith - Amenra / Year Of The Cobra)
 04:07

Durée totale : 36:25

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Exil (FRA)


Chronique @ JeanEdernDesecrator

22 Mars 2026

Kazakh choc, des cultures

Il est parfois difficile d'aborder un album d'un style dont on n'est pas très friand à la base. C'est mon cas pour le black metal, que j'aborde par ses marges atypiques ou ses mélanges contre nature. Le combo franco-kazakh Exil, avec son mélange de black metal et post punk aux colorations d'un folklore méconnu m'a donné envie d'y jeter ma curiosité.

A partir de quatre morceaux composés par Arsen Raziyev pendant le confinement, le projet d'Exil est né, sous la forme d'un premier EP "Yad" en 2020. Le groupe composé d'Arsen Raziyev (chant, guitare), Alan Dujardin (batterie), Hugo Nogard (basse), et Quentin Florin (guitare, chant) a commencé a élaborer son premier long format en avril 2024, toujours composé par Arsen.
"Karga", qui signifie corbeau en kazakh, est sorti le 30 janvier 2026, chez Source Atone Records. Il est magnifiquement illustré sur l'artwork réalisé par la peintre Sqözö Tözö (aussi à l'origine l'an dernier de la pochette du très bon "Gemini" de Sulfator).

Les racines d'Arsen partagées entre son Kazakhstan natal et la France, infusent les textes des huit titres, dont il partage l'écriture avec Alan, le batteur. "Abîme" est comme un vestibule instrumental, orné d'atours accueillants qu'on peut contempler. C'est la piste "Rodina" qui permet le mieux de cerner Exil, car elle montre les multiples pistes que le groupe peut emprunter, avec un instrument folklorique en intro, un intermède avec du chant en français, des plans batterie charley en contretemps , une intensification black.
"Tchujoï" part sur une base black'n Roll façon Kverletak, porté par une rythmique binaire, puis le morceau ralentit, se délite dans une nostalgie rauque et blessée. L'approche du batteur Alan Dujardin m'a particulièrement plu sur cet album, car il n'hésite pas à sortir des plans aux antipodes du black, à jouer parfois sur des cassures rythmiques, ou au contraire sur du groove, quitte à y aller en finesse par dessus le marché ("Avec ou Sans Vous"), avant de finir en gros d-beat, sur une accélération black.

On trouve en milieu d'album le petit intermède d'arpèges "Délivrance", dépouillé et sensible. Les moments calmes et contemplatifs laissent apparaître un autre versant de la personnalité du groupe. Le dernier morceau, "L'Exil" déconcerte par sa douceur, avec la présence au chant d'Amy Tung Barrysmith (Amenra, Year Of The Cobra).

La production témoigne d'une démarche authentique, préserve la place de chaque instrument et des sons qui sonnent presque directs à la prise. La voix de lance-flammes d'Arsen Raziyev se projette, détruit tout devant elle. La batterie, puissante et pure, est l'élément le mieux mis en valeur. La basse d'Hugo est tantôt lourde, tantot énergique, et parfois joueuse autour du duo grosse caisse/caisse claire. Le choix de sons de guitare pas forcément très saturés, qui tirent parfois vers le crunch, apportent aussi de la lisibilité aux accords, à travers un halo de reverb des steppes. Derrière les guitares rythmiques rugueuses, la deuxième couche de six cordes porte des mélodies simples et entraînantes qui créent un contraste intriguant.

Avec son premier album "Karga", Exil a évolué et s'est enrichi avec une maturité surprenante en intégrant de manière plus assumée ses diverses influences, à commencer par ses héritages linguistiques, jusqu'aux paysages, dans le clip de "Poussière". A fleur de peau, rageur et mélancolique, il laisse les émotions contradictoires se succéder et s'entrechoquer, en gardant intacte l'abrasivité du black metal.


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