Jord Och Aska

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Nom du groupe Nasheim
Nom de l'album Jord Och Aska
Type Album
Date de parution 22 Fevrier 2019
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album0

Tracklist

1.
 Att Sväva Over Vidderna
 
2.
 Grå de Bittert Sådda Skogar
 
3.
 Sänk Mig I Tystnad
 

Chronique @ Icare

13 Avril 2019

C’est encore une fois du Nord que nous vient la lumière

Nasheim, black atmo, Northern Silence Productions. Si j’étais un tant soi peu paresseux, je pourrais presque arrêter ma chronique ici : en effet, depuis quelques années déjà, le label s’est spécialisé dans le black atmosphérique et les derniers poulains signés sur l’écurie allemande proposent de la musique certes de qualité, mais gentiment dans l’air du temps et manquant souvent singulièrement de personnalité et d’originalité, se contentant de suivre à la lettre la recette du bon album black atmo post 2010 bien léché et calibré pour plaire. Alors me demanderez-vous, pourquoi une énième chronique du genre, qui se verra affublée de la même sempiternelle mention « très beau, mélodique et lumineux, professionnel et bien exécuté, mais malheureusement interchangeable avec les dizaines d’autres groupes évoluant dans le même créneau ? » .

C’est que Nasheim, qui ne signe ici que son troisième full length en près de vingt ans d’existence, possède quelques qualités qui le distinguent de ses homologues : déjà, il prend son temps, ce qui lui évite de se répéter encore et toujours, et effectivement les trois albums réalisés par le one man band suédois sonnent pour le moins différents ; ensuite, sur la forme, Jord Och Aska, nouvel album de la formation, se compose uniquement de trois titres de respectivement 20:01, 5:36 et 16:23 minutes, ce qui sans être rare à l’heure actuelle, ne reste tout de même pas conventionnel ; et enfin et surtout parce qu' Erik Grahn parvient à s’affranchir intelligemment des codes du genre tout en nous servant ce qu’on est en droit d’attendre d’un bon album de black atmosphérique.

Att sväva över vidderna, morceau d’ouverture et plus long titre de l’album, commence avec une longue plage instrumentale tranquille et contemplative, les arpèges de guitares et le chant plaintif du violon mêlant leurs humeurs mélancoliques pendant près de quatre minutes avant que le mur de saturation des guitares ne se mette lentement en branle. Rien de black dans ces premières minutes, la musique sonne plutôt comme une sorte de doom gothique lancinant très proche de ce que fait The Prophecy, libérant des mélodies simples et touchantes empreintes d’une grande sérénité. Ce n’est que deux minutes plus tard que les premiers riffs réels vont émerger de cette torpeur onirique, portée par une batterie qui imprime enfin un vrai rythme, tempo qui viendra se muer en blasts trois minutes plus. Dans la première moitié du titre, les vocaux sont très peu présents, se limitant à un ou deux hurlements en retrait et ds choeurs discrets, mais à partir de 11,42 minutes le chant black se fait plus entendre: chose étonnante, malgré le côté caverneux et croassant propre à ce type de vocaux, il n’en reste pas moins tranquille, posé, bien articulé, sans réelle violence ni haine, comme un simple instrument qui viendrait apporter une nuance sombre à la palette musicale sans en perturber la placidité. C’est un fait, Jord Och Aska est moins rapide et épique que son prédécesseur, moins direct et accrocheur également, prenant plus le temps pour développer ses ambiances à l’aide de longs passages instrumentaux appuyés par les arpèges et le violon qui, parfois, ne sont pas sans rappeler le folk.
Les blasts se font plutôt rares, venant appuyer quelques passages et les rehausser en intensité, et lorsque David Ekevärn, qui a enregistré les parties de batterie, passe la seconde, la vitesse de frappe ne rend pas forcément l’ensemble plus agressif, mais simplement plus immersif. Il convient également de souligner l’excellent travail réalisé sur les voix, les chœurs et le chant clair de toute beauté d’Erik Grahn étant lors de leurs rares apparitions gorgés d’un feeling mélancolique et dramatique palpable (Sänk mig i tystnad).

Oui, c’est un fait, Nasheim a encore évolué, nous proposant désormais un black atmosphérique très mélodique et lumineux gorgé de post black et intelligemment relevé d’influences doom, folk et gothiques qui lui confèrent une durée de vie supérieure à la production de nombre d’albums de post black atmo lambda.
Bien sûr, certains pourront être déçus par la nouvelle direction musicale prise par le Suédois, mais force est de reconnaître que l’ensemble reste riche et de qualité, même si plus apaisé et moins intense qu’auparavant, et en tout état de cause, les nostalgiques pourront toujours se repasser Evighet - Undergang ou l’excellent split avec Angantyr. Alors, le soleil a beau se lever à l’est, c’est encore une fois du Nord que nous vient la lumière, comme dirait Voltaire, et son silence n’a jamais été aussi spirituel et reposant.

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