Vintersemestre figure parmi la seconde vague blackmetal finlandaise ayant emboité le pas à
Beherit,
Archgoat et
Impaled Nazarene. Contrairement aux trois précurseurs ayant chacun une personnalité inattaquable, notre groupe s’inscrit globalement dans la mouvance type des nombreux groupes scandinaves, plus particulièrement norvégiens, apparus durant la première moitié des nineties. Après quelques démo-tapes enregistrées entre 93 & 94 et distribuées à quelques connaissances, le groupe décroche un contrat avec la petite écurie allemande MMI Records (
Phlebotomized,
Soulgrind,
Naked Whipper), débouchant sur la sortie du mini-album
Jääverisaatana, littéralement traduit ‘Sang, Glace &
Satan’. Difficile à l’époque (et encore aujourd’hui) d’en savoir plus sur cette formation très discrète, ne laissant aucun crédit ni photo sur ses albums, tout juste quelques pseudonymes.
Jääverisaatana est bâti sur un blackmetal très rapide, une version turbo d’
Ulver à l’ossature assez proche du Nattens Madrigal que le quintet d’Oslo livrera au printemps 1997. Vintersemetre lâche en effet un black relativement brutal, mais parallèlement empreint de mélancolie, une musique à fleur de peau dont haine & tourmente passent par un chant arraché, dans la veine de celui de
Burzum ou Helheim. Les quelques ralentissements, ainsi que les claviers jamais envahissants, apportent parallèlement un côté atmosphérique qui contraste avec les guitares froides & corrosives, et une assise rythmique sans concession, choc intense entre fureur et mélancolie idéalement retranscrit sur les quatre pistes principales, dont la superbe Firedance (Jää) qui consume un peu plus l’âme à chaque écoute. Dans la lignée du full-lenght
Kirkkokyrpä qui suivra dès l’année suivante, passé tout aussi inaperçu,
Jääverisaatana est un mini-album au blackmetal intense et intègre, interprété avec sincérité par un groupe honoré par tant de discrétion, dans un style où les poses sont légion.
Fabien.
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