Mais quand cela va t-il finir ?
Quand va t-on arrêter d'ignorer des groupes d'une qualité indéniable ?
Et quand va t-on arrêter de privilégier de la musique de supermarché au détriment de tous ces groupes qui pourraient tout faire péter ?
La réponse à ces trois questions est malheureusement la même : probablement jamais.
Quand des
Linkin Park ou encore des
Pleymo nagent sur la vague du succès (on a vraiment du mal à savoir pourquoi), des groupes comme
Deathalizer ont bien du mal à monter sur la planche.
Et pourtant si on leur donnait une chance de se relever et de monter sur la prochaine vague ils pourraient provoquer un véritable raz-de-marée.
Car ces types sont loin d'être des rigolos, ils officient dans le Thrash
Metal et ils représentent leur style à merveille. On peut même ici parler de Thrash old school tellement les ressemblances avec les anciens sont grandes.
Tout d'abord parlons du chanteur. Enmanuel Vanderlinder est un chanteur du tonnerre. Sa voix ressemble étrangement beaucoup (ses fringues et sa pose sur scène aussi) à celle du chanteur d'un certain groupe de San Francisco qui a perdu ses galons de maître il y'a plus d'une quinzaine d'années (mais ça c'est une autre histoire). D'ailleurs quasiment tous chez
Deathalizer est calqué sur ce que savait faire ce fameux groupe entre 1983 et 1991. Mais il n'est quand même pas ici question de plagiat,
Deathalizer joue tout de même du
Deathalizer et pas du
Metallica (oups ça y est je l'ai dit). Même si l'ombre de
Metallica est donc présente sur ce disque
Deathalizer a su rajouter son petit grain de sel qui fait que l'on sait que c'est eux et pas un enregistrement que l'on aurait pas entendu de la part de la bande à Hetfield.
Commençons par les ressemblances.
La composition du groupe est exactement la même (les deux bassistes sont d'ailleurs deux latinos mais ça, cela m'étonnerait qu'il l'ait fait exprès).
Le temps des chansons est relativement long, il y a tout de même deux chansons sur cinq qui dépasse les 6 minutes et une autre qui les atteints quasiment.
Ensuite, l'intro de ce
It Dwells Within commence exactement comme un album de
Metallica, une intro acoustique douce et apaisante vite suivie par le riff principal ultra vitaminé de "The
Angel's
Fall". La structure des chansons est également très similaires, un couplet vif et puissant suivi par un refrain avec un chant plus clair, ensuite un break lourd comme une armoire Louis XV pour finir sur l'habituel solo plus couplet plus refrain.
Mais cela ne s'arrête pas là, comme son exemple
Deathalizer va placer une semi-ballade dans son disque : "
More Than Gone". Là encore une fois on reconnait très vite les influences de
Metallica. On retrouve un couplet calme et clair et un refrain plus burné et rentre dedans.
Vous me direz, mais à quoi sert ce groupe si il fait du
Metallica ? Et bien comme je l'ai dit plus haut ce propos est tout de même à nuancé (ce que je vais faire juste après) et puis
Metallica ne fait plus d'album comme celui ci donc faut bien que quelqu'un le fasse.
Logiquement après les ressemblances on va s'attaquer aux différences.
Deathalizer est beaucoup moins progressif que
Metallica dans la structure de ses morceaux, c'est plus direct.
Ensuite le registre vocal de Vanderlinder est beaucoup plus large, il se permet de s'éloigner de temps en temps de sa voix de clone de James Hetfield pour aller vers des côtés tantôt presque narré tantôt crié. Il apporte au style une fraicheur plaisante.
Viens maintenant les soli. Il sont largement moins impressionnants que ceux de
Kirk Hammett mais sont beaucoup plus neurasthéniques (enfin surtout sur le titre éponyme, on le sent un peu sur les autres mais c'est vraiment moins flagrant). On sent une certaine mélancolie par moment.
La batterie est également différente, Dan Fimm est beaucoup moins imposant que Lars Ulrich tant au niveau du son que du style. On pourrait penser que cela signifie que
Deathalizer est moins bon que son homologue californien, moi je pense plutôt que ça rajoute un côté personnel à l'approche musicale de
Deathalizer qui veut ressembler à ces idoles mais prouver que ce n'est pas un vulgaire tribute band.
Bon sinon, qu'y a t-il à retenir de ce disque ? Et bien, un groupe qui maitrise une technique et un sens de la composition vraiment au point. Côté exécution c'est nickel, rien ne dépasse. Il suffit d'écouter "Crawling Back In" et son riff brise nuque pour s'en rendre compte.
Comment ne pas avoir envie de gueuler le poing en l'air dans la rue à l'écoute de "The
Angel's
Fall" et son refrain accompagné de chœurs planant qui rend cette chanson si sauvage presque douce pendant cinq secondes.
Ce disque est une vraie petite perle, tout y est bon.
Ca vaut bien un petit 16/20 pour moi.
Un grand moment de musique par de grand musiciens (il en reste si peu de nos jours).
Par contre sur la perte des galons de Metallica je ne suis pas trop d'accord (voir Death Magnetic et surtout la tournée qui a suivit ;) mais c'est une autre histoire);
En tout cas j'espère bien voir un nouvel album de Deathalizer sortir et surtout de pouvoir le trouver ailleur que sur le P2P...
En espérant qu'ils gagnent en popularité.
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