"Difficile d'imaginer qu'
Axevyper puisse un jour rivaliser avec les travaux des plus illustres dont ils s'inspirent. Sa musique est clairement convenue et manque souvent d'éclat."
Voilà ce qu'un illustre imbécile écrivait concernant le premier album éponyme de ces Transalpins. Bien sûr, le fin visionnaire à la vue basse ne pouvait imaginer les progrès phénoménaux qu'allait accomplir ce groupe tant les qualités de cette première œuvre ne les laissaient absolument pas deviner. Il aurait cependant été avisé de rester mesuré. Pour tout dire, ce piètre analyste aura d'autant plus de facilité à faire son examen de conscience et à venir répondre à mes basses accusations puisque JE suis ce "brillant" (les guillemets s'imposent d'eux-mêmes) chroniqueur. C'est en effet moi qui suis à l'origine de cette absurde sentence ici même dans mon article concernant le premier disque de ces Italiens. Et contrairement à ce que ceux qui me prêtent un ego surdimensionné peuvent penser, je suis ravi qu'
Axevyper, fort de son nouvel opus baptisé
Into the Serpent's Den, me donne tort et me fasse taire.
Cela étant, j'aurais dû sentir venir cette gifle alors que la formation ultramontaine nous gratifiait d'un intéressant
Metal Crossfire en
2012 auquel j'avais surtout reproché un artwork médiocre. Bien peu de chose en somme.
Mais reprenons cette dissertation par le bon bout et débarrassons-nous des détails.
Into the Serpent's Den est donc le troisième véritable album d'
Axevyper. Sa première pour le label Iron Shield Records, et aussi la première sur laquelle officie Niccolò Vanni à la batterie. Au-delà de ces quelques changements, il y a une règle à laquelle le groupe ne déroge pas et à laquelle il ne dérogera sans doute jamais: il défend un Heavy
Metal traditionnel dans lequel planent les ombres d'Iron Maiden, d'
Omen ou, entre autres, de
Manilla Road. Une musique en somme très inspirée par la NWOBHM. A cela il faut encore ajouter ce chanteur, Luca "Fils" Cicero, à la voix particulière, aux intonations aiguës très caractéristiques et aux médiums graves très spécifiques. Une sorte de mélange étonnant, et détonnant, entre Udo
Dirkschneider et
Blaze Bayley. Une voix que le chanteur aura eu du mal à maîtriser autrefois mais qu'il maitrisera parfaitement aujourd'hui.
Le décor est en place. Les acteurs sont prêts. La pièce peut donc commencer.
Dès les premières notes d'un excellent Brothers Of
The Black Sword, l'auditeur aguerri (celui-là même qui parfois se révèle être un critique moyen) sent que la messe est dite et qu'
Axevyper est déjà sur le chemin d'un triomphe annoncé. Ce morceau au riff et au déroulé très britannique (Iron Maiden entre autres), nous convainc d'emblée. Tout comme d'ailleurs le superbe
Metal Tyrant aux soli remarquables et aux chœurs somptueux dignes des meilleurs
Running Wild. Un titre dans lequel Luca "Fils" Cicero se permet même quelques incursions en des contrées plus extrêmes et gutturales. Un exploit qu'il réitérera sur le très bon Soldiers of the Underground. The Adventurer est, quant à lui, un piège magnifique. Débutant comme une ballade assez convenue, la piste s'emballe assez rapidement et nous propose de découvrir les strates d'une construction, une fois encore, très anglaise (toujours Iron Maiden). Même les 9 minutes d'un
Beyond The
Gates Of The
Silver Key au final nous évoquant immanquablement Affraid to Shoot Strangers (de qui vous savez sur l'album Fear of the
Dark (1992)) et aux soli de guitare superbes (mais comme sur la plupart des morceaux de ce
Into the Serpent's Den) ne nous ennuient jamais.
Et alors qu'autrefois le quintet avait quelques difficultés à maintenir une intensité égale tout du long de leurs œuvres, ici, rien ne viendra perturber un voyage presque trop parfait. A tel point que lorsque résonneront les dernière notes d'un attachant
Beyond the
Gates of the
Silver Key, un seul mot nous viendra à l'esprit: déjà. S'agissant des refrains, un autre des domaines dans lequel nos cinq musiciens n'excellaient pas nécessairement, là encore, le défaut a été magnifiquement gommé. Même les pochettes affreuses qui autrefois ornaient leurs travaux ont été remplacées par des illustrations aux couleurs moins criardes et nettement plus adaptées.
Il ne me reste donc plus qu'à reconnaitre, à nouveau, mes torts en un silence humble et admiratif devant les qualités de cet opus, et de ce groupe.
Merci pour la chro d'un groupe dont je n'avais jamais entendu parler. Je vais essayer de voir ça rapidos, les excellents albums de heavy n'étant pas si fréquents de nos jours.
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