Formé en
2012 et mené d’une main de fer par son géniteur, Firefrost, formation bretonne d’obédience Black
Metal, présente son premier méfait auto-produit en 2015. Néanmoins le combo basé à Quimper n’en est pas moins dénué d'expérience au regard du passé musical commun des nommés Firefrost (vokillz) et Christ In
Lust (guitare/basse session), tous deux transfuges du projet Sinlust.
Si le propos de cette galette (bretonne) développe un Black
Metal foncièrement rapide et violent, proche de l’école scandinave de la fin des 90’s par moments, il serait réducteur de le cataloguer uniquement comme tel.
En effet non-content de délivrer des riffs marteau-piqueur et d’asséner des rafales de blast-beats destructeurs, Firefrost les oppose de manière surprenante à des passages beaucoup plus mélodiques voire atmosphériques tels des chœurs emphatiques («
Dark Light » et « Emphasium »), des nappes de claviers éthérées contrastant fortement avec la violence maîtrisée exprimée jusqu’alors, me faisant parfois penser à
Mork Gryning.
A l’image de son patronyme et du titre de l’album la formation Quimpéroise aime donc les paradoxes et c’est indéniable à l’écoute de « Remaining Wrath » et son break de basse acoustique nuisant un peu à la dynamique du titre ou des interventions en chant clair - parfois dispensables sur « Languid Day » - de Gaetan (session) sur « Languid Day » et «Emphasium ».
C’est donc sur cette mise en opposition permanente que joue essentiellement la formation bretonne en alternant subitement passages acoustiques et chorus ultra-mélodiques, riffing véloce, chant écorché aux réminiscences
Immortal voire
Inquisition et éléments "ambiancés" plus délicats parfois maladroits comme sur «
Endless Journey » et son passage très
Type O Negative ou «
Dark Light » dont la vitesse supersonique et l’aspect répétitif sont atténués par ses multiples breaks.
Servi par la production puissante du Yprod Studio - dressant un mur de guitares compact et mettant en avant une basse très présente - le combo, qui a opté pour l’emploi d’une boîte à rythmes en dépit de l’apport irremplaçable que représente un véritable batteur, exprime une identité forte malgré la tension permanente imposée par ses partis-pris artistiques parfois étranges pour ne pas dire risqués ( j’ai encore des difficultés à intégrer certains breaks et chorus).
En conclusion «
Inner Paradox » est plutôt convaincant en dépit de mes réserves et devrait trouver son auditoire pour peu que l’on fasse preuve d’ouverture d’esprit et de curiosité.
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