Inner M

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18/20
Nom du groupe Ego Fall
Nom de l'album Inner M
Type Album
Date de parution 2010
Labels Dime Records
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album9

Tracklist

Limited to 1000 copies
1. Legend 05:07
2. The Horn Starts 03:53
3. Be Fearless 05:04
4. Under the Cliff 04:36
5. Return Home 03:58
6. The Proud of Herdsman 04:10
7. Forever Moment 04:24
8. Eternal Fire 04:48
9. Borderless 03:49
Total playing time 38:29

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Ego Fall


Chronique @ Scoss

08 Juillet 2011

Ego Fall prouve qu'avec un peu d'ambition, de créativité, du talent et surtout sa propre identité to

Il suffit de se pencher sur le cas d'Ego Fall pour avoir un aperçu de l'extraordinaire pouvoir de la musique. Bien que l'on ne la parle pas de la même manière aux quatre coins du globe, la musique est un langage universel. Elle dispose en elle de l'incroyable paradoxe d'aller au delà des frontières et de transgresser les barrières culturelles tout en étant un véritable révélateur et sublimateur des cultures nationales et locales. Et le courant Metal semble, plus que tout, illustrer à merveille cet état de faits. Du Thrash tribal de Sepultura au mélange Black Humpa de Finntroll, en passant par Orphaned Land, Chthonic, les méconnus Darkestrah, les singapouriens de Rudra ou encore le « Zwinx » du groupe D-Fé, les métissages « musique traditionnelle-Metal » pratiqués par des groupes aux origines souvent inattendues sont légion.

Mais Ego Fall, ou encore ??M pour nos amis sinophiles, repousse encore un peu les limites du métissage inédit. Originaire de Mongolie Intérieure, Ego Fall ambitionne de mêler Metalcore et musique traditionnelle Mongole. Comment peut-on imaginer le style le plus en vogue du Metal, dont les concerts attirent des foules de jeunes en baggys, Ipod Nano branché dans les oreilles et mèche devant les yeux de rigueur, se mêler à la musique de la Mongolie? L'exercice s'avère difficile. Ce n'est pas pour rien si Spirit of Mongolia, le premier opus de Ego Fall, sorti en 2008, laissait un goût d'inachevé malgré une qualité plus que louable, le groupe ne parvenant pas à intégrer complètement ses influences mongoles au sein des morceaux. Oui mais voilà, à peine 2 ans plus tard Ego Fall nous revient avec son deuxième album, éponyme celui ci, prêt coûte que coûte à affirmer son style si particulier.

Autant le dire tout de suite, Ego Fall version 2010 a grandement, progressé, evolué et muri par rapport à sa version beta 2008. C'est bien simple sur ce second opus Ego Fall réussit tout ce qu'il n'avait fait qu'imaginer sur son premier album. Le groupe réussit le tour de force de combiner à merveille le Metalcore avec la musique mongole sans que cela se fasse au détriment de l'un ou de l'autre. Pour cela le groupe a radicalement changé sa manière de composer. Sur leur premier album, nos « Inner Mongolians » s'évertuaient à démontrer leur maîtrise du riff « européen » style In Flames ou At The Gates (ce qui en soi n'est pas très compatible avec la musique folk mongole), tandis qu'ici les riffs sont plus compacts, plus groovy mais pas moins travaillés. Au contraire certains sont mêmes composés sur le schéma mélodique de la gamme mongole, pour coller avec l'utilisation des instruments traditionnels.

Autre nouveauté, l'utilisation du hoomi (chant diphonique mongol) au sein des couplets permet également d'introduire plus facilement les mélodies traditionnelles qui suivent. Chuanshuo, le morceau d'ouverture illustre bien cet état de fait : intro bien lourde avec une batterie tribale et une basse vrombissante, un riff de guitare mélodique aux sonorités folk qui permet aux instruments traditionnels de se greffer sans souci, puis un premier couplet chanté en hoomi laisse sa place aux hurlements hardcore du chanteur. Autre tour de force de nos 5 amis d'Hulunbuir, l'utilisation de synthétiseurs, instrument moderne et artificiel, joués également sur les gammes mongoles. En effet, ceux ci permettent de lier le tout grâce à quelques mélodies accrocheuses, instaurer une ambiance ou appuyer les riffs.

Ego Fall a donc compris qu'il ne suffisait pas de superposer éléments modernes et traditionnels pour obtenir un métissage réussi, mais qu'il fallait travailler et polir chacun de ses deux aspects de sa musique, pour qu'ils s'entremêlent et créent quelque chose d'inédit. A ce titre l'un des morceaux les plus bluffants de l'album étant certainement Youmu Zhe de Jiaoao. Introduction sur samples de vents et de bêlements d'ovidés, puis les violons donnent le tempo et le thème principal du morceau, avant que la batterie, la guitare et la basse ne les rejoignent pour une cavalcade folle dans les steppes, les cheveux au vent, au galop sur un cheval de Pzrewalski, le tout émaillé de notes de synthétiseur inspirées. Un régal! Et que dire de Chui Xiang Haojiao, quasiment progressif dont le couplet à tiroirs ne cesse d'alterner entre gros Metal qui tache et danses mongoles avant de nous asséner un refrain en chant clair, défiant les codes et les barrières culturels.

Si l'on veut bien faire abstraction d'un chant hurlé un peu faiblard quoique varié, Ego Fall réalise ici un sans faute. Riffs inspirés et ravageurs, mélodies envoûtantes, refrains qui tuent, soli virtuoses et un grain de folie pour lier le tout, les 5 Chinois maîtrisent leur sujet à la perfection. Les influences sont désormais assimilées et si l'on se prend à toujours penser à Soilwork ou In Flames sur certains passages, on se dit qu'Ego Fall sonne comme Ego Fall avant tout. Le genre d'album qui vous fait donc définitivement comprendre que la musique est un art si spécial, que chacun peut s'approprier, interpréter (dans les deux sens) et proposer quelque soit son origine et sa culture. Et tandis qu' 1 678 432 groupes de Death Metal à travers le monde s'efforcent de jouer comme Cannibal Corpse, que 334 521 chanteurs de Metalcore cherchent à adopter le look ultime et que 3 904 294 poufiasses font la queue auprès des majors pour remuer leurs postérieurs comme Rihanna, Ego Fall prouve qu'avec un peu d'ambition, de créativité, du talent et surtout sa propre identité tout est permis. Putain d'album!

1 Commentaire

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adrien86fr - 08 Juillet 2011: Enfin ! lol

Excellente chronique Scoss, j'adore entre autres l'intro ("Elle dispose en elle de l'incroyable paradoxe d'aller au delà des frontières et de transgresser les barrières culturelles tout en étant un véritable révélateur et sublimateur des cultures nationales et locales.") ainsi que la conclusion..

Quoiqu'on puisse en dire, les groupes exotiques s'avèrent être d'abord dignes d'intérêt de par leur capacité à vivre et à faire partager leur passion dans et depuis des environnements souvent hostiles.
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