Album solo de Henrik Nordvargr Björkk (
MZ.412,
Folkstorm,
Toroidh) en collaboration avec Drakh, «
Infinitas In Aeternum » est un album aussi complexe que baroque, un disque de dark-ambiant/indus crépusculaire et étrange. L’atmosphère de ce disque est aussi fantomatique que peut l’être le personnage de Nordvargr. Cependant, précisons le tout de suite, cet album n’a pas une tonalité entièrement indus. Ainsi faut-il voir en «
Infinitas In Aeternum » comme le parfait croiSement entre le dark-ambiant et l’indus, un mélange atmosphérique et physiologique…
Disons-le à l’instant, L’ensemble est tout bonnement excellent. Plongeant l’auditeur dans un univers sourd et pernicieux, «
Infinitas In Aeternum » laisse davantage de place à une musique atmosphérique dont l’ambiance semble monter crescendo dans des veloutes sombres et pour le moins glauques. Si ce disque est une pièce d’indus remarquable qui ne laisse que peu de place au silence, l’impression générale donne l’impression d’évoluer dans du vide. Un vide se construisant au fur et à mesure que l’écoute se déroule. Les deux premiers titres sont plus là pour amener la tension sur les morceaux « Black Emitting Oven » et « Scotopic Vision ». Deux titres hypnotiques et sublimes…
Subtilité de nappes planantes laissant place à des passages diamétralement plus obscurs (pouvant à l’occasion rappeler Coph Nia) ou le point culminant se situe dans l’apparition de la guitare déstructurée de Stephen O’Malley (invité sur cet album) se mariant avec justesse à l’appoint vaporeux de l’ensemble. « Black Emitting Oven » est LE morceau à écouter du disque où de grandes variations ne nuisent en rien à l’impact sonore. Passer ces quinze minutes cathartiques «
Infinitas In Aeternum » nous fait sombrer dans un titre sublime aux frontières d’un minimalisme malsain, jamais ahanant et toujours d’une puissance sépulcrale et envoûtante (le titre « Scotopic Vision »).
Tour à tour mélancolique, délétère voire diaphane, mais toujours angoissant, Nordvargr/Drakh signent ici un disque que l’on peut qualifier de complet, brassant bon nombre d’émotions toutes plus obscures les unes que les autres avec une simplicité confondante et s’enchaînant comme par magie (il n’y a aucune « pause » entre les titres). On se surprend même à lever la tête pour observer le moniteur de notre chère chaîne-hifi pour voir si l’on a bel et bien changé de titre en fonction des ambiances qui s’enchaînent avec une rigueur et une froideur quasi monstrueuses ponctuées d’une sorte de flashs sonores pour le moins inquiétants, ce qui renforce considérablement l’ambiance déliquescente et spectrale de «
Infinitas In Aeternum ».
Et à l’image des nombreuses photos négatives qui illustrent l’album, «
Infinitas In Aeternum » est un reflet, une inversion sonore de couleurs et de sentiments macabres qui change radicalement notre environnement et donne plus l’exergue aux petits sons environnants…
Envoûtant…
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