Afin de ne pas trop nous égarer en des explications philosophico pénibles interminables, et afin de rester, tout de même, un minimum didactique, schématisons à l'extrême en disant que la musique se divise en trois grandes catégories de créatifs. La première concerne ceux à l'inspiration sublime, et au génie évident, qui se moquent des conventions qu'ils bouleversent et transcendent en créant de leurs esprits vifs et innovants de nouveaux concepts. La seconde regroupe, quant à elle, d'autres aux capacités plus laborieuses qui, en véritable besogneux, s'inspirent des précédents pour parvenir à se frayer un chemin dans ce difficile monde artistique et à exprimer un peu d'eux-mêmes au travers de l'inventivité des autres. Quant à la dernière, pour user d'un euphémisme indulgent, ses disciples se contentent de suivre les pas des deux autres sans jamais, ou très rarement, y apporter une once de personnalité propre. Si les lumières d'une gloire, parfois relative, sont fréquemment promises aux uns et aux autres, les troisièmes sont souvent abandonnés à leurs sorts.
Ambush, collectif américain fondé en 1984 dont Steve Russo et Sal "Dr
Shock" Flamma sont aujourd'hui les seuls rescapés, aura pourtant tout essayé afin de sortir de cet atroce mouroir dans lequel les groupes les moins capables, ceux là même dont nous parlions en évoquant cette troisième faction, agonisent. D'abord par le biais d'un Glam Rock festif inspiré de ce
Hard Rock distillé avec talent par les
Ratt et autres Motley Crue. Ensuite par le biais de celui plus sérieux et élaboré aux confins du Heavy
Metal dont Blackie
Lawless et son
WASP furent parmi les plus ardents défenseurs. Pour rendre sa démarche plus théâtrale et plus attractive encore, il aura même usé de ces masques énigmatiques à l'image de ceux que portaient les membres de
Crimson Glory.
Mais rien n'y fit car le souci majeur de ce groupe demeure toujours le même : sa musique.
Après plusieurs tentatives infructueuses, égrené au cœur d'un parcours pour le moins chaotique (
Ambush (1989) et
King of the Dogs (1996)), nos deux compères, accompagné de leur vieil ami Billy Adams et de Tony Rodd, loin d'être découragé, en cette année 1999, font un énième baroud d'honneur avec un nouvel effort baptisé
Infestation.
Balayons rapidement le souci de cette production fâcheuse, problèmes récurrents s'il en est dans la destiné d'
Ambush, qui cette fois-ci met les guitares un peu trop en retrait parfois et pare la batterie d'un aspect très artificiel, irréel et mécanique. Tant d'ailleurs qu'on en viendrait presque à se demander si nos compères n'auraient pas usé d'une boîte à rythme.
Mais passons outre et intéressons-nous plus particulièrement aux propos de ce disque. Souvent pesant et maladroit, le Heavy Glam
Metal de ce collectif est terriblement dispensable. Afin d'illustrer cette faillite mentionnons des titres tels que l'insupportable Milion Light Years Away aux côté "indus" et à l'aspect sombre ridicule, le terrifiant Killing machine dont l'odieuse pesanteur nous accable, l'atroce Perfect World aux allures synthétiques d'autant plus regrettables que
Nothing Sacred, qui le suit, est un titre plutôt sympathique mais que, surtout,
Empty, qui le précède, paré de claviers judicieusement disséminé (et notamment ce final étonnement subtil pour cette formation), est vraiment un très bon morceau.
Inutile d'aller plus loin dans la démonstration. Ce disque, ô combien anecdotique, n'en mérite pas davantage.
Ceci étant dit, effectivement, mieux vaut s’intéresser à la formation finlandaise plutôt qu'à celle-ci...
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