La promotion est aujourd’hui l’un des gages de la réussite d’un album, d’un groupe, voir même d’une carrière. Il n’est pas anodin que les plus gros vendeurs actuels sont souvent managés par seulement une poignée de mêmes labels ou managers qui abattent un boulot incroyable pour élever leur poulain (parfois à tort) vers les sommets.
Face à la facilité de plus en plus grande d’autoproduire un album, de sortir un disque numérique ou de faire de petits concerts dans les bistrots, la promotion est devenue l’un des points central de la réussite d’un groupe aujourd’hui (est-ce que
Bullet for my
Valentine ou
Periphery aurait eu un tel succès dès le premier album sans une promo intelligente et en béton armée, sans prendre compte de la musique ?).
Les concours, même dans le metal, deviennent de plus en plus légions (pour jouer au Wacken, apparaitre dans une compilation…) et
Noein a peut-être gagné le gros lot lorsqu’ils ont remporté celui lancé par Metallian dans leur nouvelle formule, en livrant un album complet en guise de sampler, et non plus des morceaux éparpillés comme avant.
Car si le procédé se démocratise à l’avenir, c’est en tout cas encore inédit pour le moment et cela peut mettre énormément en lumière un album qui, d’un coup, se retrouve encarté à 38 000 exemplaires dans un magazine à la portée tout de même non négligeable, notamment pour un groupe qui n’aurait clairement pas écoulé autant d’albums d’un premier skeud.
Habitués des concours, les frenchis de Rouen avaient déjà remportés celui pour le Wacken.
Musicalement, ils proposent aujourd’hui leur véritable premier album en la présence de l’énigmatique "
Infection.Erasure.Replacement", sous la houlette de Klonosphere.
Jouant un metalcore violent et industriel, chanté par une jolie demoiselle (dont le timbre rappellera à de nombreuses reprises la suédois Angela Gossow),
Noein a énormément évolué depuis ses premières démos et ce premier album montre un groupe déjà à maturité, même si tout n’est pas encore parfait.
Tout d’abord, la production est très carrée, puissante et glaciale, à l’instar de la musique délivrée, collant parfaitement à l’atmosphère et suffisamment dense pour ne pas étouffer les multiples effets et samples que l’on retrouve tout au long de l’album. Les riffs sont crus, agressifs et directs, pendant que les parties vocales de Jenny tissent une toile brutale et sans concession dans le spectre mélodique instauré par les samples.
Évidemment, l’ombre de
Fear Factory et, plus logiquement (car plus récent)
Dagoba, pour ne citer que lui, plane énormément sur l’album, et "
Infection.Erasure.Replacement" n’évite pas une certaine redondance dans ses compositions. L’opus se veut relativement long et le groupe ne parvient pas à captiver sur la totalité du disque, malgré un style et une musicalité complètement maitrisé ; la faute à des schémas parfois répétitifs ou des plans manquants parfois de personnalité (l’ouverture de "
Human Update" se rapprochement énormément de "Waves of
Doom" du dernier-né des marseillais). Cependant, force est d’admettre que la vocaliste se démène comme une diablesse sur ses parties et qu’elle impressionne dans la variété de son timbre, pouvant aller d’un growl criard et déchiré ("
Born to Resist" où justement, elle rappelle beaucoup Angela Gossow) ou alors partir vers des contrées plus modernes ("The
Hand", plus proche d’un
Eths survitaminé et bien plus technique) mais toujours avec une conviction et une rage effroyable. Jamais elle ne sombre dans le chant clair mielleux ou imparfaitement maitrisé, ou encore dans les raccourcis trop faciles du metalcore, installant sa propre patte et étant, clairement, pour beaucoup dans le caractère de
Noein.
Le premier titre, très personnel, montre un visage plus planant et expérimental du combo. "I-E-R" se veut industriel, instrumental et plonge l’auditeur dans une marée de samples et une nuée de sonorités froides mais peu anguleuses, presque accrocheuses. Les riffs se disloquent lentement pour arriver progressivement sur quelque chose de plus lourd, avant qu’une rythmique implacable à la batterie ne vienne marteler l’ensemble, pour introduire "Liars
Dream", bien plus traditionnel dans ses fondements.
"
The End" met logiquement fin à l’album, sans pour autant se différencier énormément du reste des compositions. La lassitude ayant lentement fait son œuvre, l’auditeur aura probablement décroché quelque peu avant ce final à cause d’une linéarité un peu trop présente sur la fin. Cela reste un défaut récurrent du style, qui doit se surpasser pour réussir à se différencier suffisamment sur un album entier pour ne jamais lasser et constamment surprendre.
Ce n’est pas encore le cas ici mais
Noein dispose d’un potentiel vraiment fort et d’une première arme de destruction massive entre les mains avec ce "
Infection.Erasure.Replacement". Il y a d’ailleurs fort à parier que la guerre se déroulera avec encore plus de sauvagerie sur les planches…la prochaine étape sera de suffisamment se faire remarquer sur scène pour passer un cap supérieur, avant de revenir encore plus mature avec un second opus que nous attendons déjà de pied ferme.
La première partie de l'album est pourtant assez bonne avec tout d'abord "I-E-R", une intro qui monte en puissance et qui plonge l'auditeur dans une ambiance futuriste et moderne, une des grosses réussites du disque, tout comme les furieux "Born To Resist" et "Human Update" aux riffs destructeurs...
La suite est malheureusement nettement moins bonne, pratiquement rien à se mettre sous la dent, à part peut-être "Will Live", mais cette fin d'album est vraiment trop fade et le chant linéaire n'arrange rien. C'est bien dommage, le groupe à les moyens de faire un disque beaucoup plus cohérent musicalement car au niveau du concept c'est déjà pas trop mal...
Note: 12/20
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