Infection - Erasure - Replacement

Liste des groupes Cyber Metal Noein Infection - Erasure - Replacement
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Nom du groupe Noein
Nom de l'album Infection - Erasure - Replacement
Type Album
Date de parution 01 Mai 2013
Enregistré à Deviant Lab
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album72

Tracklist

1. I-E-R
2. Liars' Dream
3. Born to Resist
4. Infection
5. The Hand
6. Human Update
7. Erasure
8. D-Mox
9. Destroyed by Fear
10. Will Live
11. Replacement
12. Nick of Time
13. The End
CD Bonus Digipack Edition : The Initial Tale (EP-2010)
1. Decreation
2. Decay
3. Chrysalis
4. The Shout
5. Spirits and Flesh

Chronique @ Matai

07 Mai 2013

Le cyber français va refaire des heureux

A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de cyber metal, on dit Russie ! Suisse ! Mais il fut une période où on aurait pu dire France ! Eh oui, souvenez-vous, il y a plusieurs années maintenant sortaient des albums assez représentatifs du genre, comme « Replika » de Division Alpha en 2003, « The Synthetic Light of Hope » d’Hypnosis, « Tesla » d’Herrschaft en 2008 ou « Evolution » de Techny Call X en 2009. Et depuis, pas de news de ces Frenchies, certains ayant splité, d’autres faisant une pause. Gros silence donc depuis un moment et il serait peut-être temps d’inverser la tendance.

Pendant que ces formations hibernent, d’autres émergent, comme les Bretons d’NKVD avec leur album révélateur « Degeneration » mais aussi les Normands de Noein avec leur EP prometteur « The Initiale Tale » en 2010. Des nouvelles figures qui peuvent être en passe de donner un autre visage au cyber français. Il faut dire que Noein est de retour cette année avec leur premier album « Infection – Erasure – Replacement ». Et quel nouveau visage…il se dégote le label Klonosphère, se dégote un logo plus pro, jouit d’une promotion monstre et d’un son en béton armé grâce au travail de Thibault Chaumont aux Deviant Lab Studios (Trepalium, Klone), ce qui permet quand même d’extraire le style de son carcan underground. Musicalement, Noein renforce son identité avec son cyber metalcore teinté d’éléments death, une tendance relativement peu exploité jusqu’à présent. On retrouve donc l’univers de « The Initiale Tale » mais un cran au-dessus, avec une nouvelle puissance de feu et un nouveau concept toujours aussi pessimiste et destructeur. La Corporation contrôle tout, de nouveaux humains sont en route et l’ultime but, à travers la résistance, est de les éradiquer.

C’est avec « I-E-R » que Noein met en route sa machine. Des samples froids et mécaniques nous embarquent dans un monde déshumanisé. La mélodie rappellerait même le thème de Terminator avant l’arrivée massive des guitares. Ici, le ton est donné. Les Rouennais font dans la violence sans non plus laisser de côté la part de mélodie. « Liars Dream » nous le montre bien avec ces riffs tranchants comme des rasoirs, cette batterie écrasante et les cris féroces de Jenny.

Le ton est clairement plus metalcore que sur le précédent EP. Couplé aux éléments cybernétiques et à cette violence crue qui domine, cela n’en est que beaucoup plus puissant. Les vocaux de Jenny sont maîtrisés et sacrément efficaces, même si beaucoup de plans restent linéaires, notamment dans l’articulation. Cela ne l’empêche toutefois de passer d’un chant à la Angela Gossow (Arch Enemy) à un chant beaucoup plus arraché et torturé, mettant en valeur le côté alambiqué et destructeur du concept. On retrouve aussi quelques légers plans clairs, mais très peu (« Will Live »), contrairement à l’EP qui jouait sur cette dualité, comme sur « Chrysalis ». Ici, on peut dire que Noein met l’accent sur la brutalité de sa musique, sans concessions et portée sans arrêt par une batterie tonitruante et des riffs crus et modernes au possible.

Comme tout bon groupe de cyber qui se respecte, Noein semble s’inspirer de Fear Factory. Cette influence est une des plus flagrantes, elle se ressent sur l’intégralité des morceaux, certains riffs, certaines tonalités, mais aussi certains passages atmosphériques et certains samples. Les trois instrumentaux interludes peuplant ce « IER » sont assez caractéristiques, que ce soit « Infection », « Erasure » ou « Replacement », mécaniques, cybernétiques, glaciaux mais aussi immersifs. L’imagination se met en route, il n’est pas difficile de comprendre ce qui se passe dans l’univers de Noein.

L’album possède de nombreuses qualités ainsi qu’un certain grain de folie et une réelle identité. Il souffre toutefois de sa longueur. On peine à atteindre les treize titres, non pas à cause de la violence, mais à cause de la linéarité. La plupart des morceaux suivent la même structure et il n’y a pas vraiment de chansons phares, ni de moments qui prennent aux tripes, si ce n’est « Nick of Time » qui joue beaucoup sur de nombreux éléments (samples, diversités des vocaux, alternances de passages posés et de passages agressifs).

« Infection – Erasure – Replacement » reste un album ultra efficace et survitaminé où les Frenchies n’hésitent pas à nous en envoyer en pleine poire, histoire que l’auditeur se croit pris au sein de cette guerre mécanique infernale. Pas de quartier pas de pitié, cette formation de cyber/metalcore ne tombe pas dans le piège de la facilité et des clichés (que ce soit du côté metalcore comme du côté cyber), même si la linéarité pointe rapidement le bout de son nez. Le cyber français va refaire des heureux, ça c’est sûr !

1 Commentaire

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metaleciton - 03 Septembre 2014: J'ai écouté ce disque des dizaines de fois et je le trouve toujours aussi moyen et sans véritable identité...

La première partie de l'album est pourtant assez bonne avec tout d'abord "I-E-R", une intro qui monte en puissance et qui plonge l'auditeur dans une ambiance futuriste et moderne, une des grosses réussites du disque, tout comme les furieux "Born To Resist" et "Human Update" aux riffs destructeurs...

La suite est malheureusement nettement moins bonne, pratiquement rien à se mettre sous la dent, à part peut-être "Will Live", mais cette fin d'album est vraiment trop fade et le chant linéaire n'arrange rien. C'est bien dommage, le groupe à les moyens de faire un disque beaucoup plus cohérent musicalement car au niveau du concept c'est déjà pas trop mal...

Note: 12/20
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Chronique @ Eternalis

13 Avril 2013

Noein dispose d’une première arme de destruction massive entre les mains [...]

La promotion est aujourd’hui l’un des gages de la réussite d’un album, d’un groupe, voir même d’une carrière. Il n’est pas anodin que les plus gros vendeurs actuels sont souvent managés par seulement une poignée de mêmes labels ou managers qui abattent un boulot incroyable pour élever leur poulain (parfois à tort) vers les sommets.
Face à la facilité de plus en plus grande d’autoproduire un album, de sortir un disque numérique ou de faire de petits concerts dans les bistrots, la promotion est devenue l’un des points central de la réussite d’un groupe aujourd’hui (est-ce que Bullet for my Valentine ou Periphery aurait eu un tel succès dès le premier album sans une promo intelligente et en béton armée, sans prendre compte de la musique ?).

Les concours, même dans le metal, deviennent de plus en plus légions (pour jouer au Wacken, apparaitre dans une compilation…) et Noein a peut-être gagné le gros lot lorsqu’ils ont remporté celui lancé par Metallian dans leur nouvelle formule, en livrant un album complet en guise de sampler, et non plus des morceaux éparpillés comme avant.
Car si le procédé se démocratise à l’avenir, c’est en tout cas encore inédit pour le moment et cela peut mettre énormément en lumière un album qui, d’un coup, se retrouve encarté à 38 000 exemplaires dans un magazine à la portée tout de même non négligeable, notamment pour un groupe qui n’aurait clairement pas écoulé autant d’albums d’un premier skeud.

Habitués des concours, les frenchis de Rouen avaient déjà remportés celui pour le Wacken.
Musicalement, ils proposent aujourd’hui leur véritable premier album en la présence de l’énigmatique "Infection.Erasure.Replacement", sous la houlette de Klonosphere.
Jouant un metalcore violent et industriel, chanté par une jolie demoiselle (dont le timbre rappellera à de nombreuses reprises la suédois Angela Gossow), Noein a énormément évolué depuis ses premières démos et ce premier album montre un groupe déjà à maturité, même si tout n’est pas encore parfait.
Tout d’abord, la production est très carrée, puissante et glaciale, à l’instar de la musique délivrée, collant parfaitement à l’atmosphère et suffisamment dense pour ne pas étouffer les multiples effets et samples que l’on retrouve tout au long de l’album. Les riffs sont crus, agressifs et directs, pendant que les parties vocales de Jenny tissent une toile brutale et sans concession dans le spectre mélodique instauré par les samples.

Évidemment, l’ombre de Fear Factory et, plus logiquement (car plus récent) Dagoba, pour ne citer que lui, plane énormément sur l’album, et "Infection.Erasure.Replacement" n’évite pas une certaine redondance dans ses compositions. L’opus se veut relativement long et le groupe ne parvient pas à captiver sur la totalité du disque, malgré un style et une musicalité complètement maitrisé ; la faute à des schémas parfois répétitifs ou des plans manquants parfois de personnalité (l’ouverture de "Human Update" se rapprochement énormément de "Waves of Doom" du dernier-né des marseillais). Cependant, force est d’admettre que la vocaliste se démène comme une diablesse sur ses parties et qu’elle impressionne dans la variété de son timbre, pouvant aller d’un growl criard et déchiré ("Born to Resist" où justement, elle rappelle beaucoup Angela Gossow) ou alors partir vers des contrées plus modernes ("The Hand", plus proche d’un Eths survitaminé et bien plus technique) mais toujours avec une conviction et une rage effroyable. Jamais elle ne sombre dans le chant clair mielleux ou imparfaitement maitrisé, ou encore dans les raccourcis trop faciles du metalcore, installant sa propre patte et étant, clairement, pour beaucoup dans le caractère de Noein.
Le premier titre, très personnel, montre un visage plus planant et expérimental du combo. "I-E-R" se veut industriel, instrumental et plonge l’auditeur dans une marée de samples et une nuée de sonorités froides mais peu anguleuses, presque accrocheuses. Les riffs se disloquent lentement pour arriver progressivement sur quelque chose de plus lourd, avant qu’une rythmique implacable à la batterie ne vienne marteler l’ensemble, pour introduire "Liars Dream", bien plus traditionnel dans ses fondements.

"The End" met logiquement fin à l’album, sans pour autant se différencier énormément du reste des compositions. La lassitude ayant lentement fait son œuvre, l’auditeur aura probablement décroché quelque peu avant ce final à cause d’une linéarité un peu trop présente sur la fin. Cela reste un défaut récurrent du style, qui doit se surpasser pour réussir à se différencier suffisamment sur un album entier pour ne jamais lasser et constamment surprendre.
Ce n’est pas encore le cas ici mais Noein dispose d’un potentiel vraiment fort et d’une première arme de destruction massive entre les mains avec ce "Infection.Erasure.Replacement". Il y a d’ailleurs fort à parier que la guerre se déroulera avec encore plus de sauvagerie sur les planches…la prochaine étape sera de suffisamment se faire remarquer sur scène pour passer un cap supérieur, avant de revenir encore plus mature avec un second opus que nous attendons déjà de pied ferme.

2 Commentaires

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krashno - 14 Avril 2013: si je comprends ta très belle chronique, à trop vouloir en donner, ils finissent par lasser!Tu penses que trois ou quatre titres en moins auraient été mieux ou ils aurient du faire des morceaux plus "ambient" ou calmes pour relancer la machine? Je les avait vu en concert à Lille et j'avais adoré leur univers glacial.
NagaShadow - 14 Avril 2013: J'ai pas encore lu la chronique, mais tu as écris : "Injection" au lieu de "Infection". ;)
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