In the Darkness

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17/20
Nom du groupe Paul Chain
Nom de l'album In the Darkness
Type Album
Date de parution 1986
Labels Minotauro
Produit par Paul Chain
Style MusicalDoom Metal
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1. Welcome to My Hell 04:06
2. Meat 06:01
3. War 07:07
4. Crazy 04:31
5. Grey Life 06:21
6. Woman and Knife 04:55
7. Mortuary Hearse 06:27
8. In the Darkness 06:40
Total playing time 46:08

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Paul Chain


Chronique @ Luthor

21 Juin 2015

29 ans après sa sortie originelle, un manifeste du génie de Paolo Catena.

Un petit aparté avant de commencer : contrairement à ce qu'indique la discographie du site, il ne s'agit pas ici du premier album solo de Paul Chain mais bien d'un album du GROUPE Paul Chain Violet Theatre, un projet lancé par il maestro après le premier split de Death SS en 1984, et qu'il continuera jusqu'en 1987 avant de tout stopper pour partir dans une carrière solo au cours de laquelle il se dévoilera comme étant plus ou moins le Sun Ra du Doom Metal (ou pas loin).

Nous sommes donc en 1986, et Death SS est plus ou moins officiellement mort depuis deux ans. Paul Chain n'est pas resté sans rien faire et a rapidement remonté un groupe (le Paul Chain Violet Theatre donc) avec qui il a enregistré le EP "Detaching from Satan", qui va rapidement s'imposer comme la pierre de touche du Doom expérimental. Le Violet Theatre est un peu comme un orchestre de jazz, en cela que plusieurs musiciens se succèdent à un même poste pour un même album : ici une violoniste, deux bassistes, deux batteurs, un chanteur supplémentaire et même une artiste/performeuse dont on ne voit pas très bien quel a pu être son rôle dans l'enregistrement de l'album.

"In the Darkness" est un album à l'ambiance horrifique certaine, mais très différente d'un Mercyful Fate/King Diamond : ici, pas d'invocations à Satan mais un aspect théâtral assumé. Un peu comme une version sous acides du "Rocky Horror Picture Show" jouée par le Alice Cooper Band de la période "Pretties For You"/"Easy Action". Une bonne moitié des titres sont des morceaux de Heavy metal assez doomy, l'autre moitié étant constituée de titres plus psychédéliques dans lesquels on trouve trace de choses aussi diverses qu'Emerson, Lake And Palmer, The 13th Floor Elevators, l'Arkestra de Sun Ra (encore) et évidemment le Black Sabbath de la période "Sabbath Bloody Sabbath"/"Sabotage" (probablement les deux albums ayant le plus influencé la scène Doom italienne).

Les morceaux les plus directs ("Crazy", "Meat" ou encore "Grey Life" dont l'influence sur les débuts de Cathedral est flagrante à l'oreille) sont dans le type assez traditionnel du proto-Doom italien de l'époque : ça sonne presque comme du Speed Metal, mais joué au tiers de la vitesse et avec un tempo plus lourd. Les autres (en particulier le morceau de bravoure "War", ou le titanesque "In the Darkness") tutoient ou dépassent la barre des 7 minutes, et voient le groupe basculer dans le psychédélisme le plus noir : oubliez les jolies couleurs et le Flower Power, ici c'est un bad trip bien violent, du genre à remuer les marigots les plus putrides de votre inconscient. Ces morceaux sont probablement ceux qui nécessitent le plus d'être écoutés au casque : ils ont été enregistrés en utilisant pas mal d'effets et de techniques de doublement d'instruments (un style de production que Chain réutilisera souvent dans sa carrière solo par la suite), et il est difficile pour une chaîne normale avec un système stéréo classique d'arriver à suivre les différentes phases.

On peut résumer ce disque à un immense labyrinthe dans lequel il est facile de se perdre. Et où, paradoxalement, la sortie est aussi facile à trouver. pour l'époque, cet album était déjà novateur. Et logiquement il n'a pas eu le succès qu'il aurait pu avoir s'il était sorti comme un album non-Metal. Mais il est toujours temps pour vous de rattraper le coup, en profitant de la très belle réédition que vient de sortir Minotauro Records (qui reproduit la pochette du vinyle d'époque à l'identique). Aussi indispensable à l'amateur de Doom qu'à celui de musiques progressives et expérimentales, "In the Darkness" est toujours, 29 ans après sa sortie originelle, un manifeste du génie de Paolo Catena.

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