«
In Reality We Suffer » n’est pas que le deuxième album studio du groupe
Abandon, c’est aussi le second disque sorti sur le label
Code Breaker, le premier étant le déjà très bon
Zatokrev.
Une chose est sûre, le jeune label anglais effectue un bon départ avec deux pièces des plus oppressantes du moment.
Le groupe en lui-même est un quatuor suédois des plus malade. Le style du combo est très sludgecore : une voix très éraillée et nihiliste, un tempo très lent que l’on pourrait rapprocher du doom ainsi qu’une ambiance très pesante et étouffante. D’une certaine manière le style d’
Abandon n’est pas si éloigné du groupe
Teeth Of Lions Rule The Divine (le projet bien flingué doom-extrême de Lee Dorian, leader de
Cathedral). Si ce n’est que l’aspect est plus enragé et dépasse à mon avis le côté psychotique du groupe anglais sans l’aspect ultra-indigeste. Le disque respire une folie des plus accablante et des plus suffocante portée très dans la veine
Khanate, les passages drone compris. Il suffit de regarder le livret pour remarquer les nombreux dessins torturés mettant en scène des personnages névrotiques dans une atmosphère de déliquescence aiguë. Attendez vous à la même chose à l’écoute du disque. L’auditeur se laisse emporter par ces morceaux tantôt très courts (une minute), tantôt très longs (un bon quart d’heure) qui suinte d’une angoisse prégnante et d’un malaise certains. Et cela pendant 76 minutes, il y a de quoi faire de zolis rêves.
Certains titres sont entièrement instrumentaux, dés fois répétitifs mais toujours suffocants et bizarrement les 76 minutes du disque se digèrent plutôt bien même si l’auditeur ne partira pas directement faire une sérénade après écoute, sur ce point, on est majoritairement d’accord. Des incursions indus très fantomatiques parcourent certains titres pour un album dans l’ensemble cru et carnassier. Ce disque est un ticket pour rentrer dans un monde malsain, d’une dégénérescence suintante, néanmoins accrocheuse et d’une amplitude pour le moins intense et angoissante.
Pour tout dire, cet album, je l’apprécie particulièrement.
Plus je l’écoute et plus je le trouve bon. Ce côté oppressant et malade d’un univers désincarné (le nôtre) est l’intention la plus forte de cet album qui j’espère touchera bon nombre de personnes.
Nihiliste, austère et chargé d’acrimonie «
In Reality We Suffer » est le deuxième brûlot du label
Code Breaker.
Effrayant !!!
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