Mushroom
Cloud, qui nous vient de la ville d'Aarhus au Danemark, est né de la rencontre entre le guitariste Dmitriy Mukhamedov et le batteur Simon Kristensen en 2008. Très vite, le duo intègre Morten Langerhuus en tant que vocaliste et enregistre deux démos consécutives en 2010 et 2011. Après avoir partagé la scène avec des têtes d'affiche nationales comme
Mercenary ou
Hatesphere, le trio signe enfin son premier album,
In Mad Minute, en 2013.
Ce premier méfait composé de dix titres (comprenant le ré-enregistrement de tous les titres présents sur la démo de 2011 "Enola Game") bénéficie d'une double distribution de la part des deux labels danois Mighty Music et
Target ainsi que de la production du désormais célèbre Tue Madsen aux Antfarm Studios. L'artwork proposé sur la pochette est quant à lui simpliste et pas forcément rassurant sur la qualité de l'album qui va suivre.
Mushroom
Cloud évolue dans un style à mi-chemin entre death mélodique et thrash. Le groupe affiche d'ailleurs très clairement ses influences thrashy par son goût pour un riffing acéré et très incisif. En plus de proposer quelques riffs mélodiques assez réussis (à défaut d'être particulièrement originaux, comme celui de "Fuck Alt Delete" rappelant étrangement un certain "Eraser" d'
Hypocrisy) Mukhamedov balance un riffing particulièrement tranchant sur la plupart des morceaux ("Purifire" ou "Broken Record" par exemple) et nous gratifie de quelques soli très "heavy".
A ce titre la production de Madsen est un plus indéniable tant elle magnifie la puissance du combo. On a vraiment le droit à un "gros son" et la plupart des titres, joués sur un tempo particulièrement élevé, envoient bien comme il faut. Le jeu de batterie de Kristensen est également à la hauteur, en multipliant les parties à la double-pédale et sans jamais blaster (si ce n'est sur "No
Escape") il contribue clairement à l'impression indéniable de puissance qui se dégage de ce "
In Mad Minute".
Quant à Langerhuus, et bien le vocaliste s'en sort de manière honnête alternant scream véhément et un chant typiquement thrash (notamment sur "Follow The
Blind") qu'il maîtrise assez bien. Il n'y a guère que sur le chant clair que le bât blesse, non pas que celui-ci soit de mauvaise qualité mais il possède une couleur presque gothique, jouant sur une fibre émotive, qui dénote de manière assez singulière de l'ambiance générale de l'album.
Si l'on est finalement assez vite convaincus par cette débauche d'énergie pure et ces riffs à s'en dévisser la tête, il ne faut pas occulter les points négatifs. A savoir que le disque varie assez mal le propos, le groupe tabasse fort pendant presque l'intégralité de l'album, oubliant de calmer le jeu et surtout d'alterner les structures des morceaux. De plus, et c'est assez dommage lorsque l'on propose une musique directe comme Mushroom
Cloud, le disque manque d'une dimension accrocheuse, de refrains fédérateurs ou de passages entêtants, si ce n'est peut-être sur "Final Cut (Apple Pie)".
En fin de compte, pour un premier album, Mushroom
Cloud livre ici un disque de bonne qualité, où puissance et incision des riffs sont les maîtres-mots. "
In Mad Minute" mitraille sans concession et devrait intéresser les fans de thrash autant que ceux de mélodeath. Cependant les danois gagneraient à l'avenir à canaliser leur énergie débordante au travers de compositions plus marquantes et efficaces afin de convertir l'essai.
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